Des clients du Edgar Hyperlodge à Bromont laissent leur voiture aux abords de la rue de Montréal pour éviter de prendre le volant ivre. Or, ils contreviennent ainsi au règlement municipal sur le stationnement de nuit et certains écopent d'une contravention.

Controverse autour du stationnement de nuit à Bromont

De plus en plus de gens trouvent un plan B plutôt que de conduire avec les capacités affaiblies. C'est le cas de clients du resto-bar Edgar Hyperlodge de Bromont. Or, certains choisissant de laisser leur voiture aux abords de la rue de Montréal pour venir la chercher le lendemain écopent de contraventions puisqu'ils ne respectent pas le règlement municipal. Cette situation a récemment fait des remous sur les réseaux sociaux.
« Chaque fin de semaine, des contraventions sont remises sur la rue de Montréal en face du Edgar à des personnes responsables ayant pris une décision réfléchie de laisser leur voiture garée pour ne pas conduire en état d'ébriété. Pouvons-nous trouver une solution, résidents de Bromont­, pour pallier cette situation avant que le pire arrive ? », a lancé un internaute­ sur Facebook.
Loin d'être polarisées, les réactions ont été nombreuses. « J'ai déjà téléphoné au poste de police pour dénoncer cette situation. On m'a répondu qu'ils appliquent le règlement municipal et que je devais aller au conseil de ville pour faire une modification du règlement. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? J'en profite pour saluer moi aussi ces gens qui ne prennent pas leur véhicule en boisson malgré le risque d'avoir une contravention le lendemain », mentionne­ notamment­ Jonathan Hubert.
D'autres estiment que le bar a aussi une part d'imputabilité dans le dossier. C'est le cas de Micheline Lauzon. « Il [en] va [de] la responsabilité du Edgar de s'occuper de ça ! Tout au long de la soirée, avec l'expérience qu'ils ont... de faire en sorte que leurs clients cessent de consommer de l'alcool et leur servir un café, un Perrier, etc. », commente-t-elle.
Certaines personnes ont fait valoir des opinions plus tranchées à l'endroit des conducteurs fautifs. « Je pense que si tu sors au Edgar pis tu sais que tu vas boire, bien prends un taxi pour t'y rendre ou covoiturage ou chauffeur désigné. Il y a plein de solutions ou consomme de façon responsable. Ce n'est pas le problème de la police, mais bien des conducteurs », soutient Sylvain Godin.
En fait, les contraventions en question concernent le stationnement de nuit. Le règlement municipal prévoit qu'il est interdit de garer un véhicule dans la rue du 15 décembre au 15 mars, de 2 h à 7 h. Ceci principalement pour permettre le déneigement des voies de circulation.
Le service de police de Bromont a confirmé à La Voix de l'Est que 14 constats de 43 $ (incluant les frais administratifs) ont été émis jusqu'ici cet hiver aux contrevenants dans la rue de Montréal.
« Les gens connaissent la règlementation. À chaque entrée de la ville, il y a des instructions pour le stationnement de nuit. Quand quelqu'un vient au Edgar, il y porte peut-être moins attention. Malheureusement, la responsabilité appartient au propriétaire du véhicule qui décide de se stationner à un endroit », a mentionné le directeur du corps policier, Jean Bourgeois, précisant qu'une pancarte à propos du stationnement de nuit est en place aux abords du boulevard de Bromont, « à moins de 200 mètres de la rue de Montréal ». 
Une question de logique
Bien qu'il se réjouisse que les campagnes de sensibilisation contre la conduite avec les facultés affaiblies portent leurs fruits, le directeur général d'Éduc'alcool, Hubert Sacy, estime que « chaque conducteur est responsable de ses décisions ». « C'est évident qu'il faut continuer de promouvoir le fait de ne pas prendre le volant après avoir consommé de l'alcool, a-t-il dit. [...] Mais ce n'est pas parce qu'on boit que l'on doit se désengager de ses responsabilités sociales. Il y a tellement d'alternatives pour revenir à la maison. Le taxi, le transport en commun, choisir un conducteur désigné ou opter pour Tolérance zéro [service de raccompagnement]. »
Selon M. Sacy, il n'y a pas lieu de jeter la pierre aux policiers ou à la Ville dans un dossier comme celui-là. « C'est impossible pour un agent de déterminer si une voiture garée dans la rue appartient à une personne qui est au bar ou encore chez un ami. C'est une question de logique. [...] La police est là pour faire respecter les règlements établis par la municipalité. On ne peut pas faire de règles spéciales pour ceux qui vont au bar. »
En mode solution
Appelé à commenter la situation, Nicolas Robillard, un des propriétaires de Edgar Hyperlodge, s'est dit « conscient du problème ». « On trouve ça très dommage pour nos clients s'ils reçoivent des tickets parce qu'ils laissent leur voiture dans la rue de Montréal. D'un autre côté, on ne peut pas blâmer la police parce qu'elle fait son travail. Une chose est certaine, on ne veut surtout pas que les gens partent avec leur voiture s'ils ont bu. D'ailleurs, on incite les gens à laisser leur véhicule dans la cour [du resto-bar]. Et s'ils le font, on leur remet une carte pour une bière gratuite. On a commencé à le faire depuis deux ans et ça fait une différence. Les personnes y pensent avant de prendre le volant. »
M. Robillard souhaite par ailleurs entamer des discussions avec la municipalité pour trouver des pistes de solutions. « Est-ce qu'il pourrait y avoir des accommodements possibles pour permettre le station­nement dans la rue de Montréal les soirs où il n'y a pas de neige ? Ça reste à voir. Je veux satisfaire notre clientèle et on va en parler avec la municipalité. »
L'homme d'affaires envisage également d'autres possibilités. « Si les gens ont bu, pas question de leur demander de conduire leur auto pour la ramener ici, même si c'est seulement pour rouler un coin de rue, a-t-il affirmé. Mais on pourrait peut-être s'organiser pour que notre personnel stationne les voitures de nos clients en toute sécurité dans notre cour. À tout problème, il y a une solution. »