Les employés Jean-Marc Ferland, Jamie Blanchard et Caroline Bachand déplorent que les agents de stationnement ne se servent pas du « gros bon sens » en donnant des contraventions pour vignettes « non visibles ».

Contraventions dénoncées par des employés du CHG

L’implantation du nouveau système de contrôle des stationnements dans les hôpitaux de la région ne fait pas que susciter la grogne chez la clientèle. Depuis quelques mois, des employés du centre hospitalier de Granby (CHG) écopent régulièrement de contraventions salées liées à la visibilité de leurs vignettes. Une situation qualifiée de « frustrante et insensée » par des effectifs rencontrés par La Voix de l’Est.

« Avant que le CIUSSS embarque son fameux système de stationnement, on n’avait jamais de problème. Il y avait des barrières pour contrôler les entrées et les sorties. C’était simple et efficace. Maintenant, ça nous coûte près du double et on se met à recevoir des contraventions de 77 $ parce que notre vignette n’est soi-disant pas visible. C’est illogique », a clamé Jean-Marc Ferland, membre de l’équipe du bloc opératoire. Sa collègue, Caroline Bachand, abonde dans le même sens. « C’est complètement démesuré. Autant pour le montant de l’amende que pour le règlement lui-même. On est la vache à lait de la Ville. »

Depuis décembre, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Estrie a mis en place de nouveaux horodateurs au CHG. Idem dans tous les établissements de santé qui sont dans le giron de l’organisation. Pour payer leur stationnement, les usagers doivent désormais entrer le numéro de plaque d’immatriculation de leur véhicule, en plus d’indiquer combien de temps ils resteront stationnés. Des agents de la Société Parc-Auto du Québec (SPAQ) ont le mandat de gestion pour 10 ans des quelque 80 stationnements des établissements du territoire estrien.

Logique
Les employés du CHG disposaient auparavant de cartes magnétiques pour entrer et sortir du stationnement. Le contrôle de leur voiture se fait désormais par le biais d’une vignette qui doit être installée « à la vue », sans quoi ils peuvent écoper de contraventions. Ce que déplore l’infirmière Jamie Blanchard. « Ça nous coûte près de 300 $ par année pour notre vignette de stationnement. Et pour l’avoir, on nous demande de donner notre numéro de plaque. Comme pour la clientèle, pourquoi les agents ne se servent pas de la logique en vérifiant si le propriétaire de la voiture devant eux a une vignette avant de donner un ticket ? », a-t-elle fait valoir.

La jeune femme a souligné qu’elle et ses collègues ont reçu « à eux seuls » cinq constats d’infraction en deux semaines concernant ce règlement. « Imaginons ce que ça représente pour le personnel de l’hôpital en entier », a-t-elle dit. « Quand je reçois une contravention de 77 $, ça signifie que je travaille presque bénévolement une fois l’impôt enlevé sur ma paie, a-t-elle renchéri. Tout pour te donner le goût de rentrer au travail. »

Augmentation ?
Jusqu’ici, Jamie Blanchard a écopé de deux constats d’infraction concernant le fait que sa vignette n’était pas suffisamment visible dans sa voiture. Le premier date du 22 décembre 2017. Le montant total de l’amende s’élève à 43 $, soit 30 $ plus 13 $ de frais. L’infirmière a bondi en voyant qu’elle devait payer 77 $ (50 $ plus 27 $ de frais) pour une entorse identique au règlement le 6 juin. « Déjà que la Ville s’en met plein les poches sur le dos des employés de l’hôpital, en plus, on ose augmenter les amendes d’environ 40 %. Comment peut-on justifier ça ? », a-t-elle déploré.

Me Stéphane Forest, avocat aux services juridiques de Granby, a mentionné par courriel qu’« à partir du 9 juin 2018, l’amende pour ne pas avoir apposé une vignette visiblement (article 45 g) a été abaissée à 30 $ et les frais. Auparavant, l’amende était à 50 $ plus les frais, en vertu de l’article 71 sur les amendes générales au règlement sur la circulation. »

« À première vue, l’amende [du 22 décembre] aurait dû être de 50 $ plus les frais », a fait valoir M. Forest, précisant que ce dernier « a fait l’objet d’un retrait de plainte par [la municipalité] le 16 janvier. »

Le règlement en question stipule que le stationnement est interdit « dans une zone de stationnement réservée au détenteur d’un permis de stationnement, à moins que le véhicule routier ne soit muni d’une vignette ou d’une plaquette approuvée et délivrée par l’autorité compétente, placée à la vue, sur le tableau de bord, au rétroviseur ou sur le pare-brise, autorisant le stationnement dans ladite zone réservée. »

« Depuis février 2018, on applique la règlementation de la façon dont ça nous est demandé par la SPAQ et l’hôpital de Granby (CIUSSS) », a pour sa part indiqué le porte-parole du Service de police de Granby, Guy Rousseau, mentionnant que les agents de stationnement ont reçu une formation spécifique à ce sujet par la SPAQ.