Le maire de Cowansville Arthur Fauteux enjoint les responsables de la santé publique à se prononcer sur la présence de contaminants toxiques dans les rivières Yamaska et Le Renne.

Contaminants dans des rivières: Fauteux interpelle la Santé publique

La présence de substances chimiques et de médicaments dans les rivières Yamaska Nord, Sud-Est et dans Le Renne exige que les responsables de la santé publique interviennent, croit Arthur Fauteux. Le maire de Cowansville soutient que les municipalités ne peuvent corriger la situation seule.
Une étude du ministère de l'Environnement, discrètement mise sur son site internet le mois dernier, révèle que les rivières Yamaska Nord à Granby, Yamaska Sud-Est à Cowansville et Le Renne à Acton Vale contiennent des traces de substances chimiques et des métaux. Les échantillons d'eau prélevés et les poissons pêchés aux fins de cette étude renfermaient des polluants, certains à des niveaux de toxicité dangereux.
Plusieurs taux de polluants enregistrés dépassaient les seuils acceptables en aval des usines d'épuration des eaux usées, souligne l'étude, concluant à mots couverts que les sources du problème se trouvent de ce côté. 
Les données analysées par des biologistes du Ministère sont « troublantes », estime M. Fauteux. Le conseil des maires de la MRC Brome-Missisquoi adoptera une résolution lors de sa prochaine assemblée réclamant une intervention du ministère de la Santé et des Services sociaux.
« Ce sont des produits chimiques. Et des médicaments. Nos usines (d'épuration des eaux usées) ne sont pas conçues pour traiter ça. Il va falloir les moderniser pour qu'elles les traitent. Sans être responsables de ça (les polluants), on a quand même des obligations envers nos citoyens. Il va falloir que les gouvernements s'en mêlent. »
Tout comme les élus de Granby et d'Acton Vale, M. Fauteux est étonné que le Ministère n'ait pas cru bon informer son administration de ses découvertes. « On s'échange des documents sur des choses sans grande importance, mais ils trouvent des substances toxiques dans la rivière et ne nous en parlent pas. C'est désolant ! »
Au ministère de l'Environnement, dans un échange de courriels, on explique que le rapport a d'abord été déposé sur son site internet et qu'il « sera aussi signalé dans un avis de parution » envoyé dans les prochains jours « à plusieurs intervenants environnementaux inscrits » sur une liste. Les municipalités peuvent obtenir le rapport et les résultats peuvent leur être présentés, ajoute-t-on.
Une source au Ministère nous apprend que même les responsables régionaux de l'organisme ignoraient qu'une étude sur les contaminants émergents avait été réalisée.
Nouveaux tests
En réponse à une autre question formulée la semaine dernière, le ministère de l'Environnement indique que les municipalités dont les usines d'épuration traitent plus de 17 500 mètres cubes d'eaux usées par jour,« devront procéder au cours des prochaines années à une caractérisation de contaminants émergents présents dans leur effluent », c'est-à-dire leurs rejets.
Les municipalités concernées devront « identifier et quantifier les contaminants présents dans l'effluent final traité » en plus de « mesurer la toxicité aiguë et chronique de l'effluent final traité » et « déterminer les paramètres potentiellement problématiques pour le milieu récepteur », lit-on dans les réponses du Ministère.
En entrevue la semaine dernière, le responsable de l'usine de Granby, Claude Ouimette, reconnaissait que la Ville n'avait pas le personnel pour effectuer ces analyses. Elle devra les confier à un laboratoire spécialisé.
Pour l'heure, les usines d'épuration des eaux usées des trois villes citées dans l'étude permettent de mesurer la demande biochimique en oxygène, les matières en suspension, le phosphore et la toxicité.