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Les Ami.e.s du Boisé Quévillon reviennent à la charge. Ils réclament un moratoire sur la construction résidentielle dans les milieux naturels et une consultation publique sur la protection de ces milieux.
Les Ami.e.s du Boisé Quévillon reviennent à la charge. Ils réclament un moratoire sur la construction résidentielle dans les milieux naturels et une consultation publique sur la protection de ces milieux.

Construction en milieu naturel : un moratoire réclamé par des citoyens

Marie-France Létourneau
Marie-France Létourneau
La Voix de l'Est
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Les Ami.e.s du Boisé Quévillon à Granby sont revenus à la charge mardi soir, lors de la séance du conseil municipal. Ils ont demandé un moratoire sur la construction résidentielle dans les milieux naturels et déploré le manque de consultation publique, dans le cadre de la récente adoption de la Politique de conservation des milieux naturels.

Des membres du regroupement de citoyens ont effectué quelques interventions en ce sens lors de la période de questions de la séance, tenue par visioconférence. Les Ami.e.s du Boisé Quévillon militent pour la protection du Boisé Quévillon, une propriété privée de 60 hectares qu’ils souhaiteraient voir devenir un parc nature accessible à la population. 

Situé dans le prolongement de la rue Bourget Est, ce boisé est d'ailleurs l’un des six grands secteurs non construits sur le territoire, visés par les règles de préservation incluses dans la nouvelle Politique de conservation des milieux naturels, adoptée — sur division — le mois dernier. La Ville souhaite conserver 50% des milieux naturels de ces sites, plutôt que la traditionnelle portion de 10% prévue aux fins de parc. Elle vise en outre à préserver 29% des milieux naturels sur l’ensemble du territoire.

«Le conseil municipal de Granby ne devrait-il pas décréter un moratoire sur la construction dans les milieux naturels que la Ville a identifié dans son périmètre d'urbanisation, le temps d'avoir en mains des études de caractérisation déterminant la valeur écologique de ces milieux naturels», a demandé Michel Laliberté, un des membres fondateurs des Ami.e.s. du Boisé Quévillon.

Si la question d'un moratoire a été évoquée, elle n'a pas été retenue, a affirmé le maire suppléant, Stéphane Giard.

«Les outils actuels de la municipalité protègent minimalement 50% de l'entièreté des terrains [à développer], précise pour sa part le directeur général de la Ville, Michel Pinault. Je peux comprendre que les gens auraient aimé que l'ensemble des terrains soient protégés. C'est légitime de le désirer. Mais la décision de la Ville pour le moment a été, à travers ses outils urbanistiques choisis, de protéger 50% des six grands secteurs voués à du développement au cours des prochaines années.»

Autre argument soulevé mardi pour justifier un moratoire sur les constructions résidentielles: la MRC de La Haute-Yamaska travaille présentement à élaborer son Plan régional des milieux humides et hydriques (PRMHH). Celui-ci permettra à la Ville «de préciser son Plan de conservation des milieux naturels», ont fait valoir les Ami.e.s du Boisé Quévillon.


«Le plan de conservation des milieux naturels qui va s'en venir incessamment va tenir compte des recommandations et de l'étude faites par la MRC par rapport aux milieux humides et hydriques. Ça va tout être imbriqués», a assuré la conseillère municipale responsable des dossiers environnementaux, Catherine Baudin.

Prendre une pause

«Un moratoire, c’est un bon outil pour prendre le temps de bien faire les choses. La protection de nos milieux naturels, c’est un enjeu important. La Ville doit consulter la population avant de proposer une politique complète. Beaucoup de municipalités, comme Carignan, Hudson et Nicolet, ont inclus leur population dans leur réflexion sur la conservation de leurs milieux naturels. C’est ce que la Ville de Granby devrait faire», a souligné plus tôt mardi par voie de communiqué Clément Roy, également membre fondateur des Ami.e.s du Boisé Quévillon.  

Comme il l'a fait à la précédente séance du conseil municipal, le conseiller Jean-Luc Nappert, opposé à la Politique de conservation des milieux naturels, a de nouveau déclaré que le processus aurait dû, selon lui, faire l'objet d'une consultation publique. 

Le maire suppléant, Stéphane Girard, a rétorqué que d'autres consultations ont été tenues en matière environnementales.  

Une consultation écrite est néanmoins en cours jusqu'au 11 avril, dans le cadre de la modification réglementaire entraînée par la nouvelle Politique de conservation des milieux naturels, a rappelé le DG de la Ville. Les informations sont disponibles sur le site Internet de la Ville, sous l'onglet Avis publics, puis Consultation écrite. 

Tous commentaires, objections ou questions peuvent être déposées au service du greffe de la Ville. Le service de la planification et de la gestion du territoire peut aussi répondre aux différentes interrogations que pourraient avoir les citoyens, assure Michel Pinault.

«On le fait [la consultation] par écrit parce qu'on est en période pandémique. Généralement, on l'aurait fait en présentiel», précise-t-il.