Le conseil municipal a gelé pour 60 jours le zonage dans le secteur visé par la construction d’une station de compression de gaz naturel.

Construction d'une station de compression de gaz naturel: des réponses attendues

La construction projetée d’une station de compression de gaz naturel à Granby par Gazoduc Trans Québec et Maritimes (TQM) suscite beaucoup de questions. À un point tel que la Ville a « gelé » le zonage du secteur visé, le temps d’obtenir plus d’informations sur le projet.

« Le conseil veut geler la zone 60 jours parce qu’il demande des explications. Nous aussi, on n’a pas toutes les réponses », a affirmé le maire Pascal Bonin, lundi soir, aux citoyens préoccupés par le projet qui se sont présentés à la séance du conseil municipal.

« Le gel de la zone n’est pas une victoire citoyenne. Le dossier n’est pas terminé. On se donne du temps pour aller chercher des réponses. Ce n’est pas une prise de position du conseil pour ou contre le projet », a-t-il cependant précisé.

Des résidants de la rue Coupland, Gisèle Rainville et Pierre Bell, ont rappelé qu’une trentaine de citoyens du secteur visé ont manifesté leur désaccord au projet lors d’une réunion d’information, à laquelle ils avaient été invités par Gazoduc TQM à la fin novembre.

Les nouvelles installations projetées par l’entreprise sont situées à l’est du boulevard Pierre-Laporte, au nord du poste électrique. Elles s’inscrivent « dans le projet de renforcement du réseau de gazoduc TQM pour l’Estrie et la Montérégie », a précisé mardi le conseiller aux communications et aux affaires publiques chez Énergir, David Laureti.

Préliminaires

Selon lui, la demande accrue pour le gaz naturel crée une « pression sur le réseau ». « Afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement en gaz naturel des régions de la Montérégie et de l’Estrie, des travaux de mise à niveau et d’ajouts d’équipements sont nécessaires sur le réseau », explique M. Laureti.

L’emplacement qui a été ciblé pour la construction d’un poste de compression est situé à proximité des lignes de transmission et répond notamment à des critères de faible impact sur l’environnement, dit-il.

Le conseiller aux communications et affaires publiques affirme par ailleurs être bien au fait des interrogations de l’administration municipale. Il dit aussi avoir pris bonne note des questions et craintes des citoyens.

Le projet n’est cependant pas encore bouclé. La version qui a été présentée récemment est encore dans une « phase préliminaire », insiste David Laureti. « On souhaitait, lorsqu’on est allé à la rencontre des citoyens, leur présenter le projet et entendre ce qu’ils avaient à nous dire. [...] On veut améliorer ces projets-là dans les endroits où on veut les implanter », dit-il.

M. Laureti affirme que des réponses seront apportées aux questions de la Ville ainsi qu’à celles des citoyens qui ont relevé des points particuliers. Pour l’heure, la tenue d’une autre séance d’information n’est pas envisagée, mais les résidants qui ont laissé leurs coordonnées devraient être joints par les responsables du projet.

Consultés

Lundi soir, Gisèle Rainville et Pierre Bell ont toutefois souligné à plusieurs reprises leur désir d’être consultés par la Ville avant qu’elle prenne position dans ce dossier. « On ne veut pas se retrouver devant quelque chose de décidé par le conseil sans que les citoyens le sachent », a lancé Mme Rainville. Celle-ci a en outre relevé que le secteur comporte une importante zone verte qu’il importe, selon elle, de protéger.

Le maire Bonin a cependant évité de s’engager pour le moment à tenir une rencontre de consultation. « On n’est pas rendu à cette étape-là. On est plutôt à l’étape de savoir où on s’en va. Présentement, on manque d’informations pour se positionner. [...] Mais s’il n’y a pas d’acceptabilité sociale, on s’entend que le projet est mis en péril », a-t-il laissé tomber.

Le directeur général de la Ville, Michel Pinault, a de son côté précisé que le gel de la zone pourrait être prolongé d’une autre période de 60 jours, donc pour un total de quatre mois, si cela s’avérait nécessaire.

L’administration municipale a déposé un avis de motion pour geler la zone lundi soir, car d’un point de vue technique, le zonage actuel permettrait l’installation d’une station de compression. « Le conseil municipal a posé ce geste pour se donner le temps d’analyser le projet », affirme M. Pinault.

Ce n’est toutefois pas avant quelques semaines ou quelques mois que les élus se prononceront sur le dossier, ajoute-t-il.

La Ville n’est d’ailleurs pas la seule à devoir se positionner. « Ce dossier-là est assujetti à beaucoup d’autres autorisations », souligne Michel Pinault.

La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ), entre autres, devra donner le feu vert, car le projet doit se déployer dans une zone agricole.