En 2012, le ministère de l’Environnement a fait arrêter les travaux de dynamitage et d’abattage d’arbres dans la montagne. Les promoteurs n’avaient pas en main de certificat d’autorisation pour les travaux entrepris.

Construction de maisons dans le mont Foster: les citoyens disent oui à 76 %

La municipalité de Bolton-Ouest donnera le feu vert au projet immobilier dans le mont Foster. Les citoyens de l’endroit se sont prononcés en faveur dans une proportion de 76,4 % lors d’un plébiscite postal organisé pour trancher la question.

Des 723 bulletins de vote acheminés en mai à des résidants permanents et à temps partiel, 428 ont retourné leur réponse à la question référendaire avant vendredi, soit un taux de participation de 59,2 %. La réponse des citoyens ne laisse place à aucune interprétation, estime le maire Jacques Drolet. « Il n’y aura plus d’équivoque : les gens se sont exprimés et leur réponse est très claire. Ça met fin à 12 ans de polémiques inutiles. Maintenant que c’est fini, on passe à une autre étape », a-t-il affirmé vendredi en fin d’après-midi, une fois les résultats compilés.

Lundi, le conseil tiendra une assemblée extraordinaire pour modifier certaines parties de ses règlements d’urbanisme, notamment ceux portant sur le zonage, le lotissement et la construction, a dit M. Drolet. Les promoteurs ne pourront construite plus de 24 maisons, incluant les cinq déjà existantes.

Les principaux amendements qui seront adoptés exigeront que les futures maisons construites dans le mont Foster aient des terrains d’un minimum de 1 hectare (10 000 mètres carrés), limiteront le déboisement total à 1500 m2 pour faire place à la maison ainsi qu’à l’entrée de cour ainsi qu’à un cabanon ou une piscine.

Ces modifications devront être approuvées par le conseil des maires de la MRC Brome-Missisquoi. Une fois cela fait, les promoteurs pourront demander au ministère de l’Environnement l’octroi d’un certificat d’autorisation. Ce document obtenu, ils devront demander des permis de construction à la municipalité.

M. Drolet est confiant que le conseil des maires pourra approuver les modifications en juin. « Les gens à la MRC sont très au fait de ce dossier. Ils connaissent les modifications qu’on veut apporter et ont déjà les avis pour procéder à l’analyse. »

Ce pourrait être la fin de cette longue saga. Elle a débuté en 2012 lorsque le ministère de l’Environnement a fait arrêter les travaux de dynamitage et d’abattage d’arbres dans la montagne. Les promoteurs n’avaient pas en main de certificat d’autorisation pour les travaux entrepris. Des travaux correctifs ont depuis été entrepris à la demande du Ministère, a indiqué Daniel Messier, porte-parole de l’organisme.

Les travaux n’ont toutefois pas pu reprendre en raison du refus de la MRC. Le projet allait en effet à l’encontre de son schéma d’aménagement qui interdit l’ouverture de nouvelles rues ou le prolongement de rues existantes en dehors du périmètre d’urbanisation. C’était le cas avec le projet du mont Foster.

Aire protégée

Dans sa nouvelle version de leur projet, les promoteurs s’engagent par ailleurs à vendre une superficie de 217 hectares, l’équivalent de 85 % de leur propriété, à Corridor appalachien pour la transformer en réserve naturelle protégée à perpétuité. Le sentier donnant accès au sommet de la montagne et la tour d’observation demeureront accessibles au public.

Le projet initial des promoteurs prévoyait la construction de 67 maisons dans la montagne.

La construction d’une vingtaine de maisons dans la montagne permettra à la municipalité d’augmenter ses revenus d’impôts fonciers de 100 000 $ à 120 000 $, calcule le maire. Cela tomberait à point, a-t-il dit, la municipalité devant mettre ses chemins à niveau. « On en a pour cinq millions de dollars de travaux. Juste pour le chemin Foster, ça va coûter plus de 730 000 $. Il faut donner des services à la population », soutient-il, rappelant que le budget annuel de la municipalité n’est que de 1,5 million de dollars.

M. Drolet espère que le prochain schéma d’aménagement de la MRC tiendra compte des enjeux des petites municipalités et desserrera les règles pour qu’elles puissent construire plus de maisons sur leur territoire. « Présentement, parce qu’on n’a pas de périmètre d’urbanisation, on a deux, peut-être trois terrains où des maisons peuvent être construites. »