Le décollage d'Apollo 11 a eu lieu le 16 juillet 1969. Quatre jours plus tard, ses occupants foulaient le sol de la Lune.

Conquête de Mars: pas demain la veille

S’il souhaite ardemment être témoin de l’arrivée de l’Homme sur Mars, Michel Burelle demeure réaliste. « D’après moi, même les petits-enfants de mes propres petits-enfants ne le verront pas », dit-il.

Celui qui suit attentivement l’évolution des technologies dans l’industrie aérospatiale estime que celles-ci ne sont pas encore au point pour mener l’Homme à la planète rouge.

« Il n’y a pas beaucoup de quincaillerie construite pour atteindre Mars. Déjà, juste sortir de l’attraction terrestre et vaincre la gravité demande beaucoup d’efforts. Et surtout, beaucoup d’embûches techniques n’ont pas encore été adressées ou résolues », croit M. Burelle, citant en exemple les effets de la radiation cosmique.

« Nous sommes soumis aux radiations émises par les étoiles. Mais le champ magnétique de la Terre nous en protège, explique-t-il. Alors, quand on sort dans l’espace, on s’expose à ces radiations. Pour aller sur la Lune, ça prend environ trois ou quatre jours ; ce n’est pas si pire en termes de radiations. Pour se rendre sur Mars, ça prendrait au moins six mois. Juste ça, ça serait un gros problème à régler. »

D’autant plus qu’une fois rendus à destination, les astronautes devront passer un certain temps sur place pour mener à bien leur mission.


«  Pour aller sur la Lune, ça prend environ trois ou quatre jours ; ce n’est pas si pire en termes de radiations. Pour se rendre sur Mars, ça prendrait au moins six mois. Juste ça, ça serait un gros problème à régler.  »
Michel Burelle

« On parle donc d’un voyage d’au moins un an et demi, calcule M. Burelle. Ça prendrait beaucoup d’énergie, et il est difficile de penser qu’on peut amener tout l’équipement et la nourriture nécessaire en un seul voyage. »

Un autre obstacle se dresse dans la conquête de Mars : la volonté politique devra aussi être au rendez-vous.

« Quand John F. Kennedy a décidé d’envoyer quelqu’un sur la Lune, il s’était donné dix ans pour le faire, tout au plus, raconte Michel Burelle. Aux États-Unis, les présidents sont limités à deux mandats totalisant huit ans. Il faudrait donc que plusieurs présidents qui se succèdent aillent dans la même direction. Et c’est sans compter que l’économie américaine, dans son état actuel, ne justifierait pas des dépenses aussi importantes. »

Un contexte qui ressemble à celui des années 1960, alors que les investissements en recherche et développement pour le programme spatial étaient loin de faire l’unanimité chez les Américains.

L’opinion publique serait donc plus favorable aux projets extravagants de richissimes investisseurs tels qu’Elon Musk, pdg de la compagnie SpaceX.

« Les Américains aiment beaucoup les célébrités, constate M. Burelle. Ils comparent Musk à Tony Stark (Iron Man) et il a l’ambition de coloniser Mars. Comme pour le transport par avion le siècle dernier, le transport de personnes dans l’espace relèvera peut-être d’entreprises privées étant donné ses coûts élevés. »