Jean-François Gauthier et François Lavoie s’adonnent au « mapping » de Granby lors de leurs sorties de course à pied. Ils auront bientôt parcouru toutes les rues de la ville et de sa campagne.

Connaître Granby jusqu’au bout des orteils

Exaspéré de toujours parcourir les mêmes rues pour ses entraînements de course à pied, François Lavoie a eu l’idée folle de cartographier toutes les rues de Granby lors de ses sorties.

Armé de sa montre GPS, de bons souliers de course, et souvent accompagné d’un ami, le Sheffordois a entrepris sa nouvelle mission en février 2017. S’adonnant ainsi au « mapping », il se qualifie lui-même de « mappeur » — une appellation de son cru.

Samedi, lorsqu’il a rencontré La Voix de l’Est, il venait de compléter 21 km après avoir emprunté le chemin de la Grande-Ligne, le chemin René, la rue Cowie, la route 112 et le chemin Beaudry avec son partenaire le plus régulier, Jean-François Gauthier, de Granby.

« J’ai commencé ça en février 2017 sur un coup de tête, par fatigue de toujours parcourir les mêmes rues, faire les mêmes parcours, raconte M. Lavoie, qui est aussi inspecteur pour l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Je me suis dit pourquoi pas rendre l’utile à l’agréable et courir toutes les rues de Granby. C’était un défi réalisable. »

Il souhaitait compléter tous les kilomètres de Granby en un an, mais les blessures de course ont ralenti son allure. Il faut dire qu’il s’entraîne aussi pour faire des marathons, son entraînement ne se limitant pas au « mapping » de Granby.

Sous la pluie
Les deux coureurs ont effectué samedi leur 57e sortie, et ce, depuis janvier. Élagueur, Jean-François Gauthier a participé aux trois quarts des sorties de « mapping », tandis que d’autres contributeurs sporadiques ont accompagné François Lavoie.

« Les plus drôles et les plus belles sorties c’est avec moi », lance M. Gauthier, le sourire aux lèvres.

Il pense notamment à cette fois où une dame leur a spontanément demandé de déménager un matelas, ce qu’ils ont accepté avec plaisir.

Et il y a cette journée d’été orageuse. « Ça c’était le fun ! , se souvient le Sheffordois. L’eau qui ruisselle dans les rues, à peu près 1 pouce d’eau partout. Tu cours, mais il n’y a personne. On était dans le coin de l’école l’Envolée. C’était magnifique de courir sous la pluie. »

Ils ont eu l’occasion de découvrir de beaux quartiers de Granby ou d’être surpris par des maisons sortant de l’ordinaire. Le duo a dû également retourner dans certains quartiers en développement pour en fouler les nouvelles rues, ou encore dans les quartiers où il est plus difficile de s’orienter.

« Tu vas au centre-ville, c’est droit, tu fais des zigzags, mais quand tu arrives dans le quartier des oiseaux, tu sors le cellulaire, raconte M. Lavoie. Ces quartiers-là sont compliqués à faire. »

Les derniers kilomètres
L’initiateur du projet a dû remuer ses méninges pour mettre au point une méthode permettant de répertorier chaque sortie sur une carte Google. Il a même plongé dans l’univers de la programmation pour trouver comment contourner la limite de 10 entrées sur une telle carte.

Souhaitant créer un mouvement, il tient le blogue Le Mappeur dans lequel les initiés peuvent découvrir ses secrets de programmation.

La carte qu’il met à jour après chaque sortie, grâce à sa montre GPS, est remplie de couleurs. Les internautes peuvent cliquer sur une ligne colorée pour découvrir de quelle sortie il s’agissait.

« On attendait le printemps parce que les accotements, l’hiver, c’est un peu dangereux. Ça roule quand même vite [sur les routes de campagne]. Ce qui me préoccupe c’est la 137 vers Sainte-Cécile. On va essayer de faire ça tôt le matin, un samedi, et l’été parce que l’hiver avec l’accotement on est obligé de courir dans la rue. »

Ils s’assurent de courir à contresens pour voir venir les voitures et d’être toujours visibles, que ce soit avec des vêtements voyants ou des bandes réfléchissantes le soir.

Il leur reste environ 80 km à parcourir dans les cantons.

Bientôt Shefford et Waterloo
Maintenant bien accrocs à leur nouvelle façon de courir, les deux « mappeurs » entameront cet été les rues et routes de Shefford, un territoire immense qui va au-delà de Waterloo.

Ils pensent d’ailleurs intégrer Waterloo à ce deuxième projet de « mapping ».

Avec les rues à l’imposant dénivelé sur la montagne de Shefford, « ça va être de belles sorties musculaires ! », conclut le marathonien.