Les maires de Granby (président de CARTHY) et de Sainte-Cécile-de-Milton (préfet de la MRC Haute-Yamaska), Pascal Bonin et Paul Sarrazin, ont fait une allocution lors du premier congrès de l’ARCQ.

Congrès sur les réseaux cyclables du Québec: la Haute-Yamaska sous les projecteurs

Le vélo est devenu un outil de développement économique incontournable au Québec. La MRC de La Haute-Yamaska est une pionnière en la matière avec son réseau cyclable intermunicipal. Ce succès est « une question de vision, de concertation et d’innovation », ont évoqué jeudi Pascal Bonin et Paul Sarrazin, maires de Granby et de Sainte-Cécile-de-Milton, dans le cadre de la première de deux journées du Congrès de l’Association des réseaux cyclables du Québec, qui se déroule à l’Hôtel Castel de Granby.

Lors de son allocution devant la centaine de participants réunis au premier colloque du genre, le préfet de la MRC de La Haute-Yamaska, Paul Sarrazin, a dressé l’historique du réseau cyclable de la région.

« On a été les premiers à acheter en 1990, au coût d’un million $, une voie ferrée pour en faire une piste cyclable, a-t-il indiqué en entrevue. On est encore leaders à travers le Canada pour notre expertise acquise en gestion du réseau et de son développement. »

À ce chapitre, plus d’un demi-million $ sera attribué par la MRC en 2020 à la Corporation d’aménagement récréotouristique de la Haute-Yamaska (CARTHY) pour l’amélioration du vaste circuit et sa gestion. Un plan directeur sur 10 ans est également en préparation, a mentionné M. Sarrazin.

« Notre réseau sort de l’ordinaire. Il est bordé d’œuvres d’art. On a aussi des plans d’eau et des paysages à couper le souffle », a renchéri le préfet.

Signe de sa vitalité, le circuit de vélo, notamment la piste l’Estriade, a attiré 531 000 cyclistes cette année, a souligné Paul Sarrazin. « C’est le deuxième moteur attractif dans notre territoire. Ça engendre des retombées de 4 millions $ dans la région. »

Sainte-Cécile bientôt reliée

Sainte-Cécile-de-Milton pourrait d’ailleurs faire partie du réseau cyclable régional à moyen terme. La connexion est envisagée via la nouvelle piste de la rue Saint-Hubert à Granby, ont confirmé les maires des deux villes.

« On a un plan quinquennal pour développer la mobilité active. Il faut démontrer du leadership pour que les gens embarquent, a fait valoir M. Sarrazin. En 2020, on veut relier les secteurs urbains qui n’ont pas de connexion hors route pour éviter que les gens prennent leur voiture pour se déplacer d’un endroit à l’autre dans la municipalité. »

Selon le maire de Sainte-Cécile-de-Milton, le projet, comprenant l’échéancier, devrait être présenté « au milieu de 2020 ». Plusieurs scénarios sont actuellement « sur la table à dessin », a-t-il imagé, ne pouvant toutefois pas s’avancer davantage pour le moment.

Congestion

Un des autres enjeux de taille, entre autres pour la sécurité des usagers du réseau cyclable en Haute-Yamaska, est la congestion, a indiqué le président de CARTHY, Pascal Bonin.

« Aux abords du lac Boivin, la piste cyclable commence à être saturée parce que notre concentration de touristes est à un seul endroit. Il faut développer d’autres boucles. On travaille là-dessus. »

Une des options est de construire de nouveaux tracés qui mènent vers le parc de la Yamaska, a-t-il évoqué.

Pascal Bonin croit également qu’aménager des tronçons de pistes pour faire du vélo de soir est une avenue à privilégier. « Ça ne se fait nulle part ailleurs. On pourrait avoir une boucle éclairée d’un ou deux kilomètres avec [des matériaux] luminescents », a fait valoir Pascal Bonin.

Rappelons que Granby a lancé cet été un projet pilote s’articulant autour d’aménagements qui s’illuminent la nuit, dans une section de la rue Saint-Hubert, près de l’école Joseph-Poitevin.

« Ces projets sont essentiellement réalisés avec de petites pierres luminescentes qui ont pour propriété d’absorber la lumière du jour pour briller à la noirceur. Ces pierres sont ajoutées lors de la pose d’asphalte à la couche de surface, avant d’être pressées par un rouleau compacteur afin qu’elles soient bien incrustées dans la chaussée », avait expliqué à La Voix de l’Est le maire Bonin.

L’accroissement constant de véhicules circulant à Granby est aussi un argument en faveur de la multiplication d’initiatives en transport actif, a mentionné le maire.

Selon ce dernier, le parc automobile augmente de 1000 véhicules chaque année dans la municipalité.

« Aucune ville n’est capable d’absorber une telle hausse d’affluence dans son réseau routier, a dit Pascal Bonin. Il faut faire des choix maintenant pour éviter le chaos. Le vélo n’est pas la seule solution, mais c’est un très gros atout. »

Muliples enjeux

Les conférenciers ont abordé jeudi plusieurs enjeux dans la sphère des réseaux cyclables. Par exemple, il a été question des retombées concrètes de tels circuits en terme économique, social et environnemental.

Autre sujet d’actualité traité : la cohabitation harmonieuse entre cyclistes et automobilistes. Selon les spécialistes ayant pris la parole jeudi sur ce thème, « le défi du juste équilibre [réside] entre l’accès et la sécurité ». Le ministère des Transports a également dévoilé les nouvelles orientations pour ses programmes dédiés au vélo, notamment « la reconnaissance des réseaux régionaux ».

La journée de vendredi commencera avec un déjeuner-conférence du ministre des Transports et député de Granby, François Bonnardel. Suivra une allocution sur « le défi du positionnement stratégique des réseaux cyclables ; comment faire l’unanimité dans la diversité ? ».

Pour clôturer ce premier congrès de l’ARCQ, une visite des installations du centre national de cyclisme de Bromont est prévue en après-midi.