«Je ne suis pas contre le Canada, je veux qu'on me réponde, c'est tout», dit Jacques-Antoine Normandin, déclaré coupable de ne pas avoir payé ses impôts depuis 2007.

Condamnation de Jacques-Antoine Normandin : des spectateurs expulsés

Le contestataire Jacques-Antoine Normandin n'a pas la langue dans sa poche. Ses camarades non plus. Leurs rires et grognements ont d'ailleurs provoqué leur expulsion de la salle de cour, hier.
Après un premier avertissement, la juge Julie Beauchesne a sévi contre quatre amis du briqueteur-maçon de 62 ans déclaré coupable en avril d'avoir omis de payer ses impôts depuis sept ans. Ils ont quitté la salle en chahutant. «Va chier, t'as aucun pouvoir sur moi!», a même crié l'un d'eux à un agent de sécurité.
L'audience s'est poursuivie dans une sérénité toute relative, les parties étant à couteaux tirés. Pour la Couronne fédérale, Me Guy Fontaine a haussé le ton en plusieurs occasions, excédé que son vis-à-vis étire le débat avec des questions qu'il juge non pertinentes par rapport aux observations sur la peine. Me Michel Lebrun, pour la défense, a notamment questionné une représentante de Revenu Québec en laissant sous-entendre que son client avait été arrêté parce qu'il est «connu». «M. Normandin est un citoyen comme les autres, a-t-il dit. Il n'a pas à subir un traitement spécial.» La fonctionnaire n'a pas confirmé ces allégations. Lyne Provencher a toutefois révélé que l'accusé avait finalement produit ses déclarations de revenus... mais qu'elles ne sont pas signées.
Pourquoi? «Je ne voulais pas créer un effet juridique dans un environnement non juridique», a répondu M. Normandin de façon sibylline. Il a ajouté: «une signature, ça peut être n'importe quoi, ça peut être sous la menace.» Questionné par la suite à savoir pourquoi il refusait d'ouvrir les colis que lui envoyaient Revenu Québec et Revenu Canada, le sexagénaire a répondu: «je ne voulais pas être responsable d'un contenu que je ne connais pas. C'était de la prudence.» «J'aime le monde»
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