Les bibliothécaires super-héros de gauche à droite: Olivier Ménard (Superman), Ariane Régnier (Wonder Woman) et Marc Campeau (Batman)

Commission scolaire du Val-des-Cerfs: les super-héros des livres

Être bibliothécaires et super-héros. Voilà une double identité originale dont se sont dotés les trois bibliothécaires de la commission scolaire du Val-des-Cerfs, Olivier Ménard, Marc Campeau et Ariane Régnier. Plus connus sous les noms de Superman, Batman et Wonder Woman.

Les t-shirts, déguisements et accessoires de super-héros sont l’uniforme de travail de ces trois passionnés de littérature qui proposent des ateliers dans toutes les écoles de la commission scolaire du Val-des-Cerfs.

Non seulement ils informent, éduquent et enseignent plusieurs notions du livre sous forme de jeux, mais ils veulent rendre la lecture ludique, amusante et accessible.

Divertissant et éducatif

Malgré leur identité fictionnelle et leurs ateliers amusants, le mandat des trois bibliothécaires super-héros est très sérieux.

« Nos activités sont construites en fonction du programme de formation de l’école québécoise. On est capable de faire des liens entre ça et nos activités, qui sont ludiques, oui, mais qui permettent aux enfants d’apprendre sans trop s’en rendre compte », dit Olivier Ménard, bibliothécaire depuis une dizaine d’années.

Créer un engouement pour la lecture chez les enfants comporte également son lot d’avantages chez les enseignants et les parents.

« L’idée, c’est de motiver les enseignants à exploiter davantage la littérature avec leurs élèves, leur montrer que ça peut être stimulant d’apprendre des concepts en univers social ou en science à partir de livres. »

Selon une étude réalisée en 2013 par l’Organisation de coopération et de développement économiques, 53 % des gens au Québec n’ont pas les résultats escomptés minimaux en lecture.

« Souvent dans les rétroactions, on a des parents qui nous écrivent pour nous dire : ‘‘j’étais pas un grand lecteur, mais vous m’avez donné le goût de lire avec mon enfant’’ », indique Ariane Régnier.

Les garçons et la lecture

D’où vient l’idée de jumeler les super-héros avec les livres ? À cela, les trois bibliothécaires clament d’une voix commune que, premièrement, ils sont tous fans de bande dessinée, et deuxièmement, parce que les super-héros, ça accroche les garçons.

« Notre mandat initial à la commission scolaire, c’était beaucoup d’intéresser les garçons à la lecture. Il y avait une préoccupation par rapport à ça du fait des résultats qui étaient moins bons du côté des garçons que des filles, poursuit Olivier Ménard, alias Superman. On s’est dit que c’était une bonne idée pour capter l’intérêt des garçons et rendre la lecture plus cool. »

Marc Campeau, le batman du groupe, a également le souhait de défaire les préjugés face aux genres des livres.

« Lorsque j’étais jeune, je n’étais pas un excellent lecteur. Je lisais beaucoup de bandes dessinées, des Tintin et Astérix, mais dans ces années-là, ce n’était pas considéré comme de la vraie lecture », se désole-t-il.

« C’est pas grave si ton enfant ne lit pas de roman, laisse tomber Ariane Régnier, la Wonder Woman du trio. Le roman, c’est pas une finalité, ou un but à atteindre. Si ton enfant lit des documentaires car il s’intéresse aux volcans, ça reste de la lecture. »

Mme Régnier ajoute que lire une BD, « ça fait travailler le cerveau deux à trois fois plus fort qu’un roman, car on doit décoder les images, le texte et faire du sens entre les deux. »

Ateliers

L’an passé, l’escouade des super-héros des livres a fait plus de 500 animations. Une des activités qui connaît beaucoup de succès auprès des jeunes est « choisir un livre à sa pointure ».

En plus de jeux compétitifs, les élèves apprennent quatre trucs pour choisir un livre adapté à leur personnalité. D’abord, il faut se demander : pourquoi j’ai envie de lire ? Cela nous dirigera ainsi vers la bonne section de la bibliothèque (fiction, documentaires, etc.). Après avoir exploré la première de couverture et lu le résumé, on choisit une page au hasard grâce à un « coup de karaté », et si on y lit trois mots qu’on ne comprend pas, « on jette le livre par la fenêtre », blague Super-Marc.

Par ailleurs, l’escouade des super-héros des livres entamera sous peu une série d’ateliers auprès des prisonniers du pénitencier de Cowansville.

Gageons que ces derniers, comme les enfants, trouveront la lecture encore plus cool après leur passage.