L’impact avait eu lieu à haute vitesse. Ci-haut, le camion de l’accusé, Michel Martel.

Collision mortelle et alcool: Michel Martel vise l’acquittement

Un homme de Cowansville arrêté pour avoir tué une autre automobiliste alors qu’il conduisait en état d’ébriété tentera de faire invalider la preuve déposée contre lui.

Michel Martel est accusé d’avoir causé la mort de Marie-Pier Chabot-Hautcoeur, 29 ans, dans une collision survenue à l’angle de la route 139 et du chemin Magenta à Bromont, en février 2017. L’impact avait eu lieu à haute vitesse.

À sa dernière présence en cour, le cuisinier de 44 ans devait indiquer s’il entendait demander un procès ou plaider coupable à l’accusation de conduite avec les facultés affaiblies causant la mort. En lieu et place, son avocat, Me Jocelyn Grenon, a annoncé qu’il entendait déposer une requête en exclusion de la preuve.

Selon son avocat, trop de temps s’est écoulé entre l’arrestation de Michel Martel­ (photo) et le moment où il a consulté un avocat.

Si cette requête est acceptée par le juge, l’accusation déposée contre l’accusé, qui s’expose à une longue peine de prison, serait abandonnée.

La victime, Marie-Pier Chabot-Hautcoeur.

Me Grenon estime que trop de temps s’est écoulé entre le moment où son client a été arrêté, en soirée, et celui où il a consulté un avocat, le lendemain matin. La policière qui l’a arrêté soutient que M. Martel a d’abord renoncé à ce droit, mais la défense soutient que ce n’est pas le cas ou « ça n’a pas été fait en toute connaissance de cause ».

« La jurisprudence existe : la renonciation doit être claire, dit Me Grenon. Je considère que le droit à l’avocat n’a pas été respecté dans ce dossier-là. »

Délais
La cause doit revenir le 20 septembre devant la Cour du Québec. Me  Grenon déposera sa requête à cette date et les parties devront se revoir à un autre moment en cour pour en débattre. La Couronne est représentée par Me Catherine Gallant, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales de Montréal. Les audiences ont lieu au palais de justice de Granby.

C’est sept mois après la collision que des accusations criminelles avaient été déposées contre Michel Martel. Depuis l’arrêt Jordan, les procureurs attendent désormais d’avoir toutes les expertises en main avant d’accuser, afin d’éviter qu’une personne soit acquittée à cause de délais jugés trop longs.

Le Cowansvillois est en liberté sous condition — il lui est interdit de conduire — en attendant la suite des procédures judiciaires. Il n’a pas d’antécédent criminel.