Les gens jettent dans leur bac brun des articles incompatibles avec les matières organiques. La qualité du compost produit en sera affectée.

Collecte des matières organiques: de mauvaises et nuisibles habitudes

De mauvaises habitudes chez certains citoyens nuisent à la valorisation des matières organiques dans la région. Un rappel des consignes s’impose, estime la direction de la Régie intermunicipale de gestion des matières résidentielles de Brome-Missisquoi (RIGMRBM).

Chaque fois qu’un camion rempli de matières organiques arrive à la plateforme de compostage de la Régie à Cowansville, son déchargement est observé de près par les employés responsables du site. Ils veulent s’assurer qu’ils ne contiennent aucun contaminant. « Les gens mettent des bouteilles dans les bacs bruns. De la céramique, des brosses à dents, des stylos. Ce sont des corps étrangers qui contaminent la matière organique. Il faut les enlever », a expliqué David Rumsby, directeur général de l’organisme paramunicipal.

Les récurrences d’objets non compostables dans les matières organiques sont telles que des photos sont prises des chargements contaminés et envoyées aux municipalités d’où proviennent les camions. « On leur envoie des avis de non-conformité et les photos de ce qu’on a retrouvé. On fait ça pour qu’ils informent leurs citoyens de ce qu’ils peuvent mettre dans leur bac brun. Il faut travailler ensemble pour s’améliorer », a souligné M. Rumsby en faisant visiter la plateforme à La Voix de l’Est.

Pour pallier ce problème, les employés de la Régie ont aménagé deux amoncellements de matières organiques : un où ils sont confiants que peu de contaminants s’y trouvent, l’autre où il est évident que ce n’est pas le cas. « On peut voir qu’il y en a beaucoup », a dit M. Rumsby en indiquant un amoncellement truffé de matières suspectes.

La présence de contaminants n’empêche pas les bactéries de faire leur travail, rappelle M. Rumsby. Elles décomposent quand même toute la matière organique. Le compost produit est ensuite passé dans une tamiseuse pour en retirer les objets indésirables, comme les sacs (voir encadré : Sacs interdits, même compostables et biodégradables) ou les objets non compostables, entre autres le plastique. Les bouteilles et la céramique sont problématiques parce qu’elles se cassent souvent en petits morceaux. Les opérations de tamisage ne permettent pas de tous les retirer, souligne le directeur général de la RIGMRBM. « On donne ce compost aux citoyens ; on ne veut pas qu’il y ait des contaminants dedans », a-t-il dit.

Camions et caméras

Les camions de collecte équipés de caméras permettent de réduire considérablement la présence de contaminants dans les bacs de matières organiques, signale M. Rumsby. Les chauffeurs peuvent voir ce que contiennent les bacs dès qu’ils sont déversés dans la benne de leur véhicule. Ils peuvent intervenir en retirant les objets incompatibles avant que les matières ne soient compactées dans la partie arrière de la benne.

Les quatre camions de location utilisés par la Ville de Cowansville ont des caméras, indique Sylvain Perreault, directeur des infrastructures et des immobilisations. « C’est très pratique. On peut voir ce qu’il y a dans les bacs des citoyens quand on les vide. Dès qu’on remarque des choses qui ne devraient pas s’y trouver, on les enlève. On laisse une note aux citoyens pour les informer où ces choses doivent être mises. C’est plus facile pour faire des suivis. »

Le service de collecte des matières organiques est en place depuis octobre à Cowansville. Le taux de participation a rapidement atteint 50 %, dit M. Perreault. Il stagne depuis. « C’est un bon début malgré tout. Les gens qui étaient en faveur du compostage ont tous embarqué. Les autres vont finir par le faire », a-t-il affirmé.

M. Perreault entrevoit une hausse de la participation citoyenne avec le retour d’un mercure plus chaud. À compter de début avril, la collecte des poubelles ne reprendra pas chaque semaine, comme c’était le cas avant, fait-il remarquer, mais restera aux deux semaines à Cowansville. Les gens ne voudront pas que leurs vidanges sentent, dit-il. Ils devront utiliser leur bac brun dont la collecte se fera sur une base hebdomadaire.

Fait à noter, contrairement à la plupart des autres municipalités de la MRC, la Ville de Cowansville sera donc la seule à poursuivre sa collecte des bacs noirs (poubelles) aux deux semaines. Le conseil a statué ainsi pour laisser le temps aux gens de s’habituer aux changements, a dit M. Perreault.

La réduction de la collecte des poubelles sur une base mensuelle a pour but d’inciter les gens à utiliser leur bac brun pour y déposer leurs matières organiques et ne plus recourir aux poubelles.

SACS INTERDITS, MÊME COMPOSTABLES ET BIODÉGRADABLES

Les Bromontois ne peuvent plus mettre leurs matières organiques dans des sacs de plastique avant de les mettre dans leur bac brun. Si cette pratique était permise lorsque la Ville envoyait les matières organiques de ses citoyens à la plateforme de compostage de Coaticook, elle ne l’est plus depuis qu’elles sont acheminées aux installations de compostage de la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi à Cowansville.

Aucun sac de plastique n’est autorisé, même pas les sacs biodégradables ou compostables. Ils sont considérés comme des contaminants, indique David Rumsby, directeur général de la Régie. « Les citoyens de Bromont font déjà un bon tri de leurs matières organiques. Mais il n’est plus possible pour eux d’utiliser des sacs. Ils doivent s’ajuster », a-t-il dit. 

Le certificat d’autorisation de Coaticook, émis il y a plusieurs années, permettait de gérer les sacs de plastique. Les règles ont depuis changé. Le certificat du ministère de l’Environnement remis à la Régie de Cowansville l’an dernier interdit également le traitement de tels sacs. 

M. Rumsby invite les citoyens à économiser leur argent et à ne plus acheter des sacs compostables ou biodégradables vendus dans différents commerces. « Même si l’emballage dit que les sacs sont conformes aux normes municipales, ce n’est pas vrai. C’est une affaire de marketing », avertit-il.

Les commerçants de la MRC ont été avisés l’an dernier que les sacs compostables et biodégradables qu’ils vendent sont incompatibles avec le système de compostage en place. Les élus n’ont toutefois pas le pouvoir d’interdire leur vente.