Anne-Marie Chassé a pu compter sur une équipe d'employés dévoués pour l'aider à rouvrir sa clinique vétérinaire à la suite d'un incendie criminel. Sur la photo: Annick Lamoureux, Jonathan Kergoat, Anne-Marie-Chassé et Marie-Claude Dufresne.

Clinique vétérinaire incendiée: Anne-Marie Chassé se relocalise

La vie reprend lentement son cours pour la vétérinaire Anne-Marie Chassé à Granby. Son commerce ravagé par un incendie il y a trois mois, elle a relocalisé sa clinique rue Boivin et a accueilli ses premiers clients lundi après-midi.
La vétérinaire ne l'a pas eu facile au cours des derniers mois, car son ex-conjoint, Jean-Marc Williams, a été accusé d'avoir mis le feu à son commerce de la rue Laval Nord. «Les deux premières semaines, j'étais en état de choc. À cause du feu et aussi parce que mon ex a été accusé. C'est dur à croire, à prendre, à accepter...» a laissé tomber- Mme Chassé à La Voix de l'Est
Mises à part deux phrases échangées sur Facebook, Anne-Marie Chassé dit ne pas avoir reparlé à son ex-conjoint. Elle ne peut ainsi que supposer ce qui l'aurait incité à poser un tel geste. Et elle a bien l'intention d'être présente au palais de justice au début janvier prochain, alors que Jean-Marc Williams devrait être de retour devant la Cour. 
Chose certaine, l'automne n'a pas été de tout repos pour la vétérinaire. Entre autres parce qu'elle admet ne pas être douée pour le «secrétariat» et les tâches administratives. Ce qui la passionne, c'est d'apporter des soins aux animaux. 
Mais avant de pouvoir s'y remettre lundi, elle a dû compléter une foule de formalités administratives, ne serait-ce que pour régler son dossier auprès de sa compagnie d'assurances, trouver un nouveau local, y apporter les modifications nécessaires et redémarrer sa nouvelle clinique. Autre difficulté: elle n'a pas, pour le moment, les liquidités financières qui lui permettent de faire tout cela sans souci. 
Rebâtir
À quatre reprises, elle dit avoir songé à tout abandonner. Mais elle n'en a rien fait. «Je veux continuer à opérer mon commerce. Je veux rebâtir», lance-t-elle d'un ton décidé. 
S'il n'en tient qu'à la vétérinaire, elle demeurera peut-être un an au 575, rue Boivin, où elle a dorénavant pignon sur rue. Mais son souhait le plus cher serait de pouvoir reconstruire où elle était rue Laval Nord. 
Avant de finalement se concrétiser, la réouverture de sa clinique vétérinaire a été repoussée à trois reprises au cours des dernières semaines. Anne-Marie Chassé doit toutefois se résoudre à prendre son mal en patience, car des travaux doivent encore être effectués à son nouveau local et des équipements loués pour lui permettre d'effectuer des chirurgies. Elle espère ainsi recevoir un chèque de son assureur incessamment pour que tout rentre dans l'ordre d'ici deux ou trois semaines. 
Le contrat qu'Anne-Marie Chassé avait obtenu de la Ville de Granby pour le programme de capture, stérilisation et relâche des chats errants n'a, par la force des choses, pu être honoré depuis septembre dernier. Mais tout devrait rentrer dans l'ordre quand elle sera de nouveau équipée pour réaliser des chirurgies, affirme-t-elle.
Le porte-parole du service de police, Marc Farand, confirme que le programme est toujours en vigueur et le budget en place. Mais aucune réclamation n'a été déposée par la vétérinaire depuis septembre dernier. 
Anne-Marie Chassé affirme néanmoins que cette épreuve lui aura permis d'apprendre à «lâcher prise». Elle y va un jour à la fois. Et elle est reconnaissante d'avoir pu compter sur une équipe d'employés dévoués, qui l'ont aidé à se relocaliser. Comme Jonathan Kergoat. Il a entre autres effectué 2200 appels pour aviser la clientèle de la réouverture et du changement d'adresse. Lundi, il était prêt à reprendre le boulot.