La directrice générale de SERY, Joanne Ouellette, et la présidente du SPSCE, Sophie Séguin, ont appelé les élus à agir pour sauver la clinique d’accès de Granby.

Clinique d'accès de Granby: un pas de plus vers la fermeture

L’avenir de la clinique d’accès de Granby s’assombrit de nouveau. Le Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (SPSCE) a appris que le poste d’infirmière sera aboli à partir du 30 juin prochain, ce qui mettrait fin aux activités de la clinique après une dizaine d’années d’existence.

L’information avancée par le syndicat, lundi en conférence de presse, risque de décevoir les usagés qui ont cru à un sursis pour cette clinique qui éprouve de la difficulté à attirer des médecins. La présidente du SPSCE, Sophie Séguin, affirme qu’un manque de personnel serait responsable de la situation. Six médecins susceptibles de travailler à la clinique auraient quitté la région, selon elle.

Selon Joanne Ouellette, directrice de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), aucun médecin ne sera présent cette semaine. Plusieurs rendez-vous ont dû être reportés. Rappelons que l’organisme loge sous le même toit que la clinique d’accès et est propriétaire de l’immeuble de la rue Saint-Jacques.

La DG de SERY rappelle que l’accessibilité à un médecin est un problème de longue date en Haute-Yamaska. « On est rendu à 9000 patients en attente, je pense que la raison d’être de la clinique est [justifiée] », conclut-elle.

L’urgence surutilisée
« Une salle d’urgence, ça devrait être là pour traiter des urgences », s’exclame la présidente du syndicat. Elle rappelle que la clinique d’accès permet de voir rapidement un médecin, notamment pour les patients qui ont des maladies chroniques, des problèmes de santé mentale ou encore les travailleurs qui doivent voir un professionnel pour compléter les procédures de la CNESST. Pour ces derniers, le temps d’attente à l’urgence peut s’étirer jusqu’à 10 ou 12 h. Il en va de même pour le renouvellement de prescription qu’il est possible d’obtenir à la clinique d’accès.

Jusqu’à présent, l’urgence de l’hôpital de Granby renvoyait certains cas légers à la clinique d’accès. Si elle ferme ses portes, les 4000 patients qu’elle accueille annuellement devront passer par l’urgence pour recevoir des services. « Je ne sais pas comment on va faire », s’alarme Sophie Séguin, qui rappelle que l’urgence de l’hôpital de Granby est constamment en surcapacité. « Si on rajoute des gens dans la salle d’attente, c’est encore plus dangereux lors des périodes d’épidémie de grippe », ajoute-t-elle.

Les premiers touchés par cette fermeture risquent d’être les personnes issues des communautés ethniques qui utilisent les services de SERY. « Dans les derniers rapports de [l’institut national de] santé publique, on rappelait l’importance de la proximité. Le fait que les deux organismes partagent le même bâtiment, ça facilite l’accueil des gens », rapporte Frey Alberto Guevara, directeur général adjoint de SERY.

Super-infirmière
Le syndicat et la direction de SERY continuent de dénoncer la fermeture de la clinique. « Qu’ils envoient des médecins à Granby et qu’ils laissent la clinique ouverte pour ceux qui n’en ont pas » a lancé Mme Séguin en s’adressant aux élus.

Les responsables de la clinique souhaitent qu’une « super-infirmière » (infirmière praticienne spécialisée) soit attitrée à la clinique. Celles-ci ont le droit de prescrire des médicaments, mais doivent être rattachées à une clinique et un médecin. « On pense que c’est réaliste dans la région », soutient la présidente du syndicat. Cela représenterait une économie pour le ministère de la Santé et permettrait à l’organisme de maintenir ses opérations.

Le député provincial de Granby, François Bonnardel, doit notamment rencontrer le CIUSSS au sujet de l’avenir de la clinique d’accès.