« Ça fait longtemps que je suis à Granby et partir va me faire beaucoup de peine », avoue Claude Lamoureux.

Claude Lamoureux secondera l’évêque

L’histoire d’amour entre l’abbé Claude Lamoureux et les Granbyens devra bientôt prendre fin. Le curé de la paroisse Saint-Joseph vient d’être nommé vicaire général du diocèse de Saint-Hyacinthe.

L’annonce a été faite mercredi lors de la grande messe chrismale tenue à la cathédrale de Saint-Hyacinthe, à laquelle assistaient les diocésains. À travers cette nomination, Claude Lamoureux devient en quelque sorte le bras droit du nouvel évêque, Mgr Christian Rodembourg.

Le prêtre explique que chaque évêque, selon le droit canon, est tenu d’avoir un vicaire général appelé à l’assister dans la gouverne du diocèse. « Le vicaire général ne peut pas agir sans l’accord de l’évêque, mais il a un pouvoir exécutif. Toute question est transmise à la fois à l’évêque et au vicaire général », résume le curé des églises Saint-Luc, Sainte-Famille et Très-Sainte-Trinité.

Ce dernier succède à Mgr Jean-Marc Robillard, qui a longtemps occupé ce poste aux côtés de l’ancien évêque François Lapierre.

Pour l’abbé Lamoureux, il s’agit là d’une importante nomination, qui l’a pris un peu par surprise. « Je l’avoue bien humblement, je n’ai jamais eu de projet de carrière ecclésiastique. Je pensais rester curé de paroisse. »

La vie en a décidé autrement. Ou plutôt Mgr Rodembourg, qui l’a choisi parmi tous ses pairs.

Il faut savoir que le processus de sélection d’un vicaire général est la prérogative même de l’évêque. Dans ce cas, on dit qu’il a pris le temps de consulter ses proches collaborateurs et l’ensemble des prêtres du territoire, avant d’arrêter son choix sur Claude Lamoureux. Les deux hommes avaient eu l’occasion de se croiser à quelques reprises ces derniers mois, car le prêtre était engagé sur plusieurs comités diocésains.

Un homme de parole
Contrairement à la plupart de ses confrères, l’abbé Lamoureux n’a jamais hésité à s’exprimer publiquement sur des sujets d’actualité. On a pu lire ses lettres ouvertes dans La Voix de l’Est abordant, entre autres, la légalisation du cannabis, l’aide médicale à mourir, les conflits internationaux et le terrorisme.

« Quand on prend parole, on risque d’être mal interprété. En quelques lignes, on ne peut pas toujours épuiser un sujet ou un enjeu, et il peut y avoir matière à critique. Mais ça s’imposait en moi, parfois, de parler de certains sujets. Je l’ai toujours fait dans un esprit de recherche commune. »

Cette liberté d’expression ne semble pas lui avoir nui, au contraire. « Mgr Rodembourg était au courant que je prenais la parole. Il n’était pas sans savoir. Et je ne crois pas qu’il a vu ça négativement... », constate-t-il.

Difficile au revoir
Ses nouvelles fonctions, qu’il occupe officiellement depuis mercredi, l’obligeront toutefois à dire adieu à ses paroissiens.

« Ça fait longtemps que je suis à Granby et partir va me faire beaucoup de peine. C’est un deuil pour moi et pour les gens. Je reçois déjà beaucoup de commentaires... Je n’ai fait aucune valise ; je suis encore curé dans ma tête et dans mon cœur, confie-t-il avec émotion. Je demeure curé tant et aussi longtemps qu’on n’aura pas désigné mon successeur. »

Une fois cela fait, Claude Lamoureux emménagera à l’évêché de Saint-Hyacinthe.

Et même si la tâche ne s’annonce pas facile, il l’accepte avec joie. « Depuis que je suis prêtre, j’ai toujours eu comme mot d’ordre de donner suite à ce qu’on me demandait. Je n’ai jamais demandé quoi que ce soit, mais je n’ai jamais refusé quoi que ce soit. Je me donne à l’Église. »