Résidente de Sainte-Cécile-de-Milton, Claire Laroche ne peut entrer en contact, pendant un an, avec le maire de sa municipalité.

Claire Laroche reconnaît ses torts

Une femme de Sainte-Cécile-de-Milton qui avait suggéré d’embaucher un tueur à gages pour se débarrasser du maire de sa municipalité a reconnu ses torts, jeudi, au palais de justice de Granby.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales avait autorisé une dénonciation pour « crainte de blessures ou dommages » contre Claire Laroche, en février dernier. La femme de 62 ans avait proféré des menaces de mort à l’endroit du maire Paul Sarrazin lors d’un appel à l’Union des municipalités du Québec à l’été 2017.

Au cours de cet entretien, elle avait déclaré que M. Sarrazin était « le démon » et qu’il serait « peut-être facile » de « trouver un tueur à gages » pour s’en débarrasser. Mme Laroche avait maille à partir depuis plusieurs années avec le maire du village de 2100 habitants à qui elle reprochait, notamment, d’être corrumpu et de ne pas asphalter le chemin de terre où elle est l’unique résidente.

Elle s’est d’abord montrée réticente, lundi, à signer l’ordonnance de restriction que le tribunal lui proposait afin de lui éviter un autre dossier criminel. « Aller aux États-Unis trois fois par année, c’est sacré pour moi », a-t-elle indiqué.

La juge Julie Beauchesne, de la Cour du Québec, lui a expliqué que le document visait justement à lui éviter des accusations criminelles. Mme Laroche s’est ensuite défendue en disant « je ne sais pas si j’ai dit ça, c’était une époque où j’étais vraiment très perturbée », tout en reprochant au maire de Sainte-Cécile-de-Milton de lui avoir « monté un beau bateau ».

Elle s’est ensuite lancée dans une tirade où elle a évoqué ses vacances à la plage, le président américain Donald Trump et l’immigration. La juge l’a ramenée au dossier en question, ce à quoi Mme Laroche a ajouté que « jamais ç’a été dans ma tête de faire ça [NB : mettre les menaces à exécution] ».

« Pas de problème »
De guerre lasse, la sexagénaire a reconnu avoir fait les déclarations reprochées et signé le document, communément appelé « 810 », en soulignant qu’elle ne souhaitait pas avoir de contact avec M. Sarrazin. « Si vous respectez ça, vous n’aurez pas de problème », a dit la juge Beauchesne.

L’ordonnance stipule que pendant un an, Claire Laroche ne peut entrer en contact avec Paul Sarrazin et doit prévenir l’hôtel de ville si elle souhaite s’y rendre, afin que le maire n’y soit pas.

La sexagénaire fait aussi l’objet d’une poursuite civile de 50 000 $ intentée par la municipalité pour atteinte à la réputation et harcèlement. Le procès dans ce dossier doit se tenir en octobre. Mme Laroche doit aussi de défendre d’avoir vendu une maison délabrée, une autre poursuite civile de 131 500 $.