Le député Denis Paradis estime qu’il a encore son association de comté derrière lui malgré les débats.

Circonscription fédérale de Brome-Missisquoi: remous chez les libéraux

L’organisation du Parti libéral du Canada dans Brome-Missisquoi vit une période agitée. L’assemblée générale annuelle, initialement prévue pour le printemps, a démontré un certain clivage entre deux visions, vendredi soir à Bromont.

« Nous demandons plus de transparence. On aimerait que notre député soit plus accessible, qu’il organise par exemple des BBQ où on pourrait discuter avec lui. Pour l’instant, il organise des activités où il faut payer 400 $ pour venir le voir. On veut mettre sur table un débat entre les membres et le député », a lancé Guillaume Tétreault, joint par La Voix de l’Est avant l’assemblée.

M. Tétreault a formé un mouvement pour instaurer un vent de changement au sein de l’organisation du comté, autodésigné comme « l’équipe du renouveau ».

La frange a présenté sa propre liste de candidats pour les six postes à combler dans l’association, avec à sa tête M. Tétreault, ancien vice-président et candidat pour la présidence.

Les partisans de l’actuel député, Denis Paradis, n’étaient pas en reste avec leur propre liste composée de plusieurs membres sortants et de quelques nouveaux visages.

La majorité des quelque 200 membres du Parti libéral du Canada réunis à l’Auberge Bromont ont toutefois appuyé la première liste, en élisant huit de ses représentants sur les onze postes disponibles, dont Guillaume Tétreault à la présidence.

Assemblée reportée
L’assemblée générale annuelle était initialement prévue pour mars dernier. La rencontre a toutefois été annulée par le bureau de Denis Paradis, prétextant que la salle choisie était trop petite pour accueillir les membres.

« Je ne crois pas du tout à la raison évoquée. Je pense plutôt que M. Paradis était en retard pour remplir ses conditions de député », a avancé Guillaume Tétreault.

Selon les conventions du Parti libéral du Canada, chaque député doit, un an avant les élections, appeler 5000 électeurs pour prendre le pouls de la population, augmenter significativement le nombre de membres en règle et amasser la moitié de l’argent qu’il sera autorisé à dépenser en campagne, soit environ 54 000 $.

Le député Paradis disait avoir rempli les conditions il y a un peu plus d’un mois. Mais à voir la foule réunie pour l’élection d’association, il est plausible, selon M. Tétreault, que la première salle ait été bel et bien trop petite.

« Le premier ministre nous a dit à tous les députés qu’il souhaitait revoir chacun d’entre nous, pourvu qu’on remplisse les conditions. J’ai reçu une lettre datée du 14 août qui confirme que c’est chose faite. Je serai donc votre candidat pour les prochaines élections », s’est félicité Denis Paradis en début de rencontre.

Ce dernier était plutôt serein avant le dévoilement des résultats.

« Peu importe qui gagne, il y aura un renouveau. De mon côté, j’ai aussi plusieurs nouveaux visages. Si cela s’était passé à un mois des élections, ça m’aurait plus inquiété. Je devrai travailler avec la nouvelle association et elle devra composer avec moi », a expliqué par la suite M. Paradis, qui rejette les commentaires de « l’équipe du renouveau » l’accusant de n’être pas suffisamment accessible.

Vision divergente
Pourtant, à l’écoute des discours, la division semblait bien palpable.

« L’honorable Denis Paradis fait beaucoup pour l’éducation », rappelait une candidate de son équipe, qui comme ses collègues, n’a pas lésiné pour souligner son appui.

À l’opposé, les opposants ont tous indiqué, dans leur discours, vouloir du « changement » ou un « renouveau ».

« Je ne pense pas qu’il y aille deux visions, il y a encore un dénominateur commun, notamment en environnement. On a une vision d‘avenir », a toutefois affirmé Denis Paradis en entrevue avec La Voix de l’Est.

Ce dernier estime même que cette agitation pourrait être bonne pour le parti.

« Ça démontre la vitalité de l’association. Ç’a permis de rentrer beaucoup de nouveaux membres. Notre équipe a ajouté 800 membres, l’autre environ 400, on est rendu à environ 1300 membres avec tout cela. »

Il assume toutefois que certains lui reprochent de travailler avec un comité constitué de sa garde rapprochée, notamment sa fille Marie-Florence Crevier-Paradis, qui occupait le poste d’administratrice, et Amélie Cantin, qui travaille au bureau de comté depuis trois ans et qui siégeait comme vice-présidente par intérim de l’organisation.