Justyn, Lydia, Samuel, Gabriel, David (absent de la photo) et le chef-enseignant Mario Boucher ont effectué un voyage culinaire de 12 jours en Europe.

Cinq étudiants en cuisine à la rencontre de grands chefs européens

De Lyon à Avignon, en passant par Saint-Tropez, Annecy, Grenoble et Lausanne, cinq élèves et le chef-enseignant Mario Boucher, du Campus Brome-Missisquoi, ont eu le privilège de découvrir la gastronomie française et suisse dans le cadre d’un voyage culinaire.

« Ça a été très compliqué à organiser, explique le chef enseignant. Ce sont des activités qui [n’entrent] pas dans le système de la commission scolaire, alors on n’a pas eu de soutien de leur part comme on aurait voulu. Mais on a eu l'aide de la direction du Campus Brome-Missisquoi et de sa directrice, Liette Béchard, et je les remercie pour ça. »

Après moult efforts, bénévolats, collectes de fonds, et les camps culinaires, ils ont réussi à amasser 14 000 $, qui leur ont permis de faire ce voyage unique.

Le groupe photographié devant le restaurant de l'Institut Paul Bocuse, à Lyon

Pendant 12 jours, les élèves du cours de deuxième année — Lydia, Gabriel, Samuel, Justyn et David — et leur enseignant Mario Boucher, qui se passionne pour la cuisine depuis 38 ans, ont rencontré des pâtissiers, majordomes, chefs de renommée mondiale, les frères Chartreux, et même le célèbre chocolatier Philippe Bernachon.

Lydia raconte d’ailleurs ce moment avec le sourire, alors qu’ils se sont assis avec le chef cuisinier Joseph Viola, qui leur a proposé de rencontrer M. Bernachon le chocolatier de renommée mondiale, ou plutôt « Fifi », comme il l’a surnommé dès le lendemain !

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Les étudiants et leur enseignant dans la cuisine du chef Georges Blanc, dont le restaurant du même nom a 3 étoiles au Guide Michelin depuis plus de 35 ans.

« C’est vraiment un petit monde, la gastronomie », affirme Mario Boucher, qui a travaillé dans une cuisine française pendant trois ans, il y a bien des années.

« L’idée de notre voyage, poursuit-il, c’était d’aller faire des visites de vignobles, d’artisans, de rencontrer des boulangers, charcutiers, fromagers, et d’aller manger au restaurant le midi et le soir. Le soir, on y allait plus gastronomique. Je voulais vraiment leur transmettre la passion de la gastronomie. »

Cette impression d’être unique

Lydia, pâtissière, a particulièrement aimé découvrir comment ça se passait dans un autre pays, surtout en Europe, où il y a une plus grande tradition culinaire qu’au Québec.

« Parmi tous les restaurants qu’on a faits, c’est l’Hôtel de Ville de Crissier que j’ai préféré, dit-elle. Autant pour la nourriture qu’on a mangée que pour l’accueil qu’on a reçu. C’était une expérience incroyable, qu’on ne vit qu’une fois dans une vie. »

À cela, son camarade de voyage Justyn est on ne peut plus d’accord. « Tu te sens vraiment important. La sensation que j’ai eue, c’était que j’étais un roi. Ils vont même te porter aux toilettes ! », mentionne-t-il.

« La coordination entre les gens est incroyable, tout se passe dans un regard, ajoute Lydia. Un mouvement de bras, en même temps, ils soulèvent les cloches… c’est chorégraphié. C’est comme un spectacle. »

Manger comme un roi, c’est aussi payer comme un roi... En effet, Mario Boucher donne en exemple l’Hôtel de Ville Crissier, en périphérie de Lausanne, en Suisse, où l’on mange pour 500 $ par personne, sans compter le vin. Le petit groupe a quant à lui pu obtenir quelques faveurs, et sortir du restaurant avec des factures de 285 $ par personne.

Pas étonnant alors que tout soit minutieusement pensé, et que la qualité se voit jusqu’à « la façon de dérouler la serviette et de la poser sur les genoux du client », dit Gabriel.

Les cinq élèves et le chef ont ainsi pu goûter à la fine cuisine française et suisse, comme la fameuse poularde de Bresse, un des emblèmes gastronomiques de la France. Ils ont même visité l’abattoir de ces fameux poulets à pattes bleues.

La Voix de l’Est en a profité pour demander à ces gourmets quelle adresse prestigieuse les inspire au Québec.

« L’Europea, à Montréal », lance à brûle-pourpoint Mario Boucher. « Le Lo Ré, à Sherbrooke », ajoute Lydia. Si on veut avoir une bonne expérience de service à l’européenne, selon Mario Boucher, on peut bien sûr aller à la Maison Boulud, du Ritz-Carlton.

Malgré les difficultés rencontrées, notamment du côté de la commission scolaire, Mario Boucher n’a aucun regret.

« Je ne changerais rien. Je regarde pour répéter l’expérience l’an prochain », prévoit-il.

Pour les cinq élèves, qui travaillent tous maintenant dans le domaine de la restauration, ce voyage était l’expérience d’une vie, qu’ils ne sont pas prêts d’oublier.