Depuis 1995, Réjean Gallien a purgé l’équivalent de 18 ans de prison pour de nombreux vols et bris de conditions de même que pour avoir eu des stupéfiants en sa possession.
Depuis 1995, Réjean Gallien a purgé l’équivalent de 18 ans de prison pour de nombreux vols et bris de conditions de même que pour avoir eu des stupéfiants en sa possession.

Cinq ans de prison pour un voleur récidiviste qui ne sait pas s’arrêter

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Un criminel de carrière, spécialisé dans les vols à main armée, a écopé ce mois-ci d’une peine de sept ans de prison pour de nombreux larcins commis au cours de la dernière année. En comptant le temps passé en détention préventive, Réjean Gallien demeurera derrière les barreaux pour tout près de six ans.

C’est en effet à une peine de cinq ans, onze mois et huit jours que l’a condamné le juge Serge Champoux, soit la somme de plusieurs peines consécutives ou concurrentes allant de deux à 18 mois pour une «série imposante de dossiers» auxquels l’accusé avait plaidé coupable.

Les délits reprochés à M. Gallien, 49 ans, se sont produits sur une période de moins de deux mois, qui couvre le moment où il a été libéré de sa précédente peine d’emprisonnement, le 24 octobre 2019, jusqu’à sa plus récente arrestation et son incarcération subséquente, l’hiver dernier.

Une longue série de vols

D’abord, entre le 7 et le 8 novembre 2019, l'individu s'est introduit par effraction chez les voisins de ses parents, où il a subtilisé un portefeuille et un téléphone cellulaire. Il a effectué plusieurs achats avec les cartes bancaires de sa victime, qui a déploré des pertes dépassant les 800$.

Le 6 décembre 2019, le voleur a caché pour 312,36$ d’aliments dans son manteau dans un supermarché de la chaîne IGA. Deux jours plus tard, il récidivait dans une succursale de la pharmacie Jean Coutu en emportant deux bouteilles de parfum et des boîtes de chocolat.

Le 12 du même mois, Gallien a commis un vol qualifié d’une valeur de 380$ dans un magasin. Intercepté par des agents de sécurité, il a menacé de «les piquer» s’ils tentaient de l’arrêter. Le même jour, l’accusé volait pour près de 440$ de marchandise au magasin Walmart. Il a réussi à s’enfuir, mais en laissant la marchandise à l’extérieur du commerce.

Si le voleur s'est tenu tranquille durant la période des Fêtes, il a repris du service dès le 2 janvier au dépanneur Couche-Tard situé à l’intersection des rues Saint-Jacques et Saint-Charles. Puis, le 7 janvier, il a commis un vol d’environ 600$ dans le dépanneur Couche-Tard au coin de la rue Saint-Charles et de la rue Dension, en étant cagoulé. Il a récidivé de la même manière le 25 janvier, cette fois dans un dépanneur de la chaîne Crevier de la rue Denison Est. 

Une fois arrêté et incarcéré, Réjean Gallien est envoyé en thérapie dans un centre de désintoxication qu’il quittera sans autorisation cinq jours plus tard, le 16 mars dernier. Le lendemain, il était de nouveau arrêté et placé en détention.

L’accusé plaidera par la suite coupable pour possession simple de pilules et pour avoir brisé ses conditions de remise en liberté.

Portrait peu flatteur

Un rapport présentenciel demandé par le juge Champoux présentait «un portrait fort défavorable de l’accusé» ayant un très lourd passé criminel.

Sans scolarité utile, le quadragénaire n’a jamais occupé d’emploi sur une période importante, vivant plutôt de prestations d’aide sociale ou de prestations de la Société de l’assurance automobile du Québec à la suite de quelques accidents de la route. Il n’a ni enfant ni compagne.

Sa consommation de diverses drogues remonte à sa jeunesse et des évaluations psychologiques concluent à une « inadaptation sociale importante depuis son jeune âge » qui le porte à se tourner vers la criminalité sans apprendre de ses erreurs passées. M. Gallien est décrit comme une « personne instable, à la toxicomanie très solidement ancrée, sans volonté d’y faire face, peu autonome, sans persévérance, qui se décourage et se frustre », et dont le risque de récidive est très grand.

Son casier judiciaire est d’ailleurs fort étoffé, avec 19 vols qualifiés, 16 bris de conditions, 10 vols simples et 5 possessions simples de stupéfiants. Depuis 1995, l’accusé a purgé l’équivalent de 18 ans de prison.

«Ce qui ressort, me semble-t-il, c’est que l’accusé est une personne fortement criminalisée, qui commet à répétition des crimes, qui est aux prises avec une lourde problématique de toxicomanie, mais qui n’a fait absolument aucun effort pour s’en sortir, malgré trois démarches offertes en 2018 et 2020, aux frais de l’État, pour se désintoxiquer. Lorsqu’il est en liberté, Réjean Gallien vole, violente ses concitoyens, les apeure, consomme des drogues, transgressant sans regret les normes sociales», a souligné le juge Champoux, qui n’a pas été convaincu par le témoignage de l’accusé lors des auditions sur sa peine.

«Je retiens de son témoignage que sa criminalité, surtout la plus récente, est de la faute des autorités», résume le magistrat, qui a rejeté deux propositions de peine convenues entre la Couronne et la défense.