L’accusé, Savvas Kalymialaris, photographié lors de son procès.
L’accusé, Savvas Kalymialaris, photographié lors de son procès.

Cinq ans de prison pour Savvas Kalymialaris

Pascal Faucher
Pascal Faucher
La Voix de l'Est
Le tribunal a condamné à cinq ans de prison, vendredi, le propriétaire d’une pizzéria de Bedford en Montérégie trouvé coupable d’avoir agressé sexuellement une mineure.

Compte tenu du temps de détention déjà purgé, Savvas Kalymialaris, 42 ans, devra passer un peu plus de 50 mois derrière les barreaux.

Au terme d’un procès tenu devant jury au palais de justice de Granby, en février, le restaurateur et père de cinq enfants avait été déclaré coupable d’agression sexuelle, d’attouchements et d’incitations à le toucher faites à une mineure.

Sa victime, que l’on ne peut identifier, était une adolescente âgée de 15 et 16 ans envers qui il était en position d’autorité.

Gestes répréhensibles

Pour établir sa sentence, le juge Claude Villeneuve, de la Cour supérieure, a souligné les gestes «malheureux et répréhensibles» commis sur plusieurs mois par l’accusé ainsi que leur fréquence et leur gravité. Le risque de récidive n’est pas non plus à écarter.

M. Kalymialaris «démontre depuis longtemps une attirance pour les jeunes adolescentes» et a utilisé sa victime «pour assouvir ses besoins sexuels pédophiles» en employant notamment la force et la manipulation psychologique.

Le juge a également retenu les «dommages majeurs» infligés à l’adolescente ainsi qu’à sa famille proche, «ce qui justifie une peine plus grande que la peine minimale», qui est d’un an de prison.

Le fait que la victime souffrait déjà de troubles mentaux avant d’être agressée, en 2016 et 2017, n’a fait qu’ajouter à son tourment, a dit le juge Villeneuve.

Aucun facteur atténuant

Hormis l’absence d’antécédents judiciaires de même nature et le fait que l’accusé ait utilisé un condom lors des pénétrations vaginales, le magistrat ne voit «aucun facteur atténuant» en faveur de M. Kalymialaris. 

Il a aussi rejeté les arguments de Me Alexandre Caissie, à la défense, voulant que le restaurateur mérite la peine minimale. Les arguments de la poursuite, représentée par Me Valérie Simard-Croteau, étaient «beaucoup plus conformes à l’état du droit».

«La société canadienne doit revoir à la hausse les peines pour les délinquants ayant commis des crimes d’ordre sexuel envers des enfants», a-t-il rappelé.

À sa sortie de prison, Savvas Kalymialaris ne pourra, pendant cinq ans, occuper un emploi où il pourrait se trouver seul avec un mineur, sauf si un autre adulte est présent. Il lui est également interdit de posséder des armes et de communiquer avec la victime ou sa famille immédiate.

L’accusé, qui n’a pas témoigné à son procès, fait présentement appel du verdict.