Ghislain Tremblay déplore le délai de traitement de sa plainte concernant la facturation et la situation lors de son séjour en CHSLD.

CHSLD Villa-Bonheur: facturé malgré son absence

Ghislain Tremblay doit non seulement se battre contre la maladie, mais également pour faire valoir ses droits comme usager du réseau de la santé. Atteint d’un cancer du poumon et d’une panoplie de problèmes de santé connexes, le Granbyen a frôlé la mort, dit-il, après avoir été confiné à sa chambre en pleine canicule au CHSLD Villa-Bonheur, en transition après un séjour à l’hôpital. À cela s’ajoute une facture d’hébergement qu’il juge erronée et qu’il conteste haut et fort.

Tout a commencé à la fin juillet, lorsque M. Tremblay a été admis à l’hôpital de Granby pour une pneumonie. L’homme atteint d’une maladie pulmonaire obstructive chronique (MPOC) doit être constamment branché à un concentrateur d’oxygène. Une fois son état stabilisé, il était loin de se douter de ce qui l’attendait.

« On devait me trouver une chambre au 3e étage à l’hôpital. Je n’étais pas censé aller à Villa-Bonheur. Mais on m’a envoyé là sans mon consentement. Même la travailleuse sociale qui m’a transféré au CHSLD a admis qu’elle avait fait une erreur. »

Dès son arrivée au centre d’hébergement, Ghislain Tremblay constate que les lieux ne sont pas adaptés à sa condition.

Dès son arrivée au centre d’hébergement, Ghislain Tremblay constate que les lieux ne sont pas adaptés à sa condition. « Dans la chambre, quand je suis arrivé, il faisait environ 90oF (32oC). Il n’y avait pas de climatisation, pas de ventilateur. Je suffoquais. Et le pire, c’est qu’on avait perdu ma bombonne d’oxygène de transport me permettant de me déplacer. Et il n’y avait pas de concentrateur dans la salle à manger. J’étais donc confiné à ma chambre. Ça n’avait pas de bon sens », a-t-il clamé.

Son calvaire a duré trois jours. Le 11 août, l’homme à la santé précaire a de nouveau été admis d’urgence au centre hospitalier de Granby (CHG), car il était en détresse respiratoire. Il y resta neuf jours.

Bras de fer

Ghislain Tremblay n’était pas au bout de ses peines. Après un séjour au 6e étage du CHG, on lui proposa de l’envoyer à nouveau à Villa-Bonheur. Ce qu’il refusa catégoriquement. « Une fois, c’est assez. Aussi bien me donner mon ticket tout de suite pour la morgue », a imagé le Granbyen. L’équipe médicale a finalement accepté qu’il retourne à la maison le 21 août.

Quelques jours plus tard, celui qui se bat contre le cancer a eu une nouvelle déception. Cette fois en ouvrant une missive de la Régie de l’assurance maladie du Québec. Il s’agit d’une facture pour son séjour à Villa-Bonheur. Celle-ci s’élève à 871,50 $. Or, l’état de compte englobe la période du 8 au 22 août.

« Encore une fois, j’étais victime du système [de santé]. On m’a chargé une semaine de trop. Je n’ai pas à payer pour du temps en CHSLD alors que j’étais à l’hôpital », a déploré M. Tremblay.

Ce dernier a donc envoyé une lettre au centre d’hébergement, signée le 24 septembre, contestant les frais et mettant en lumière le traitement reçu à Villa-Bonheur, qu’il juge inadéquat. Le dossier a par la suite été acheminé au commissariat aux plaintes du CIUSSS de l’Estrie.

Ghislain Tremblay a eu un rictus de colère en ouvrant une correspondance du bureau du commissaire adjoint aux plaintes et à la qualité des services, Yves Bélanger, datée du 4 octobre. « Je vous informe que le temps requis pour compléter l’examen de votre plainte est prolongé au-delà du délai prévu par la loi (45 jours). Cette situation est présentement due à un nombre élevé de dossiers à traiter », peut-on y lire.

Étant donné l’aspect confidentiel du dossier de l’usager, le CIUSSS de l’Estrie n’a pas commenté.

De son côté, M. Tremblay fulmine. « J’ai le cancer des poumons. Dans quelques mois, je ne serai peut-être plus là. Je dois me battre pour une facture que je n’ai pas à payer. Sans compter que j’ai failli mourir parce que le CHSLD Villa-Bonheur où on m’a envoyé en pleine canicule n’était pas équipé pour m’accueillir. [...] On étire la sauce jusqu’à ce que je lève les pieds. Ensuite, les héritiers n’auront peut-être plus la volonté de se battre. C’est inhumain. »