Le maire de Waterloo Pascal Russell, accompagné de Marcel Brien, résident de longue date du CHSLD Horace-Boivin, comptent bien se battre contre la fermeture prévue du centre d'hébergement.

CHSLD Horace-Boivin: «On ne veut pas partir d'ici»

Marcel Brien, résident du CHSLD Horace-Boivin depuis 45 ans, refuse de rester sans rien faire alors que son « chez lui » est menacé de fermeture. Il a ainsi décidé de prendre la parole au nom des nombreux résidents du centre d'hébergement et de soins de longue durée.
C'est d'ailleurs lui qui a informé La Voix de l'Est de la tenue d'une séance d'information pour les résidents et leurs familles quant à la fermeture du centre hospitalier. Les journalistes n'étaient toutefois pas admis dans la salle.
« Nous autres, on ne veut pas partir d'ici. On est bien ici. Ça m'a fait beaucoup de peine quand j'ai su ça [la fermeture] », témoigne celui que le maire de Waterloo qualifie de « porte-parole » contre la fermeture du CHSLD.
Originaire de Sainte-Anne-de-la-Rochelle, il est arrivé au centre Horace-Boivin à l'âge de 24 ans à la suite d'un accident de voiture. Et il ne compte pas partir de sitôt. « C'est mon chez-nous. S'il faut faire une pétition, je suis prêt à faire le tour de la ville avec ma chaise roulante », admet-il.
« Je peux pas faire grand-chose. Mais en parler, ça je suis capable ! », lance-t-il. D'ailleurs, il relate que plusieurs employés du CHSLD partagent son avis. « Les employés ne sont pas pour ça pantoute », dit-il. « Alain [un employé de longue date à Horace-Boivin] est bien fâché, pis toute la gang aussi ». 
Pascal Russell, maire de Waterloo, corrobore les dires de M. Brien : c'est plus que les résidents qui seraient affectés par la fermeture du centre hospitalier. « Ça l'a un impact pas seulement chez les résidents, mais bien sur toute l'économie de la ville. Les employés, mais aussi les services de transport et les fournisseurs d'autres services », précise-t-il.
Qualité de vie
Selon la décision du CIUSSS de l'Estrie, le centre d'hébergement Horace-Boivin fermera ses portes dans approximativement trois ans, et ses résidents - 43 en date d'aujourd'hui -, seront transférés dans un nouveau centre qui sera bâti à Granby en 2019. Pour M. Russell et M. Brien, la qualité de vie ne pourrait pas atteindre celle présente à Waterloo.
« À l'extérieur, c'est la quiétude totale. C'est pas dans le trafic, dans la poussière », croit le maire. « On a une très belle vie ici, on est bien, tranquilles. On voit même des chevreuils en arrière ! », ajoute quant à lui M. Brien. 
« Ce que j'aimerais poser comme question à Madame Turgeon (directrice générale du CIUSSS qui ne retourne pas les appels du maire), c'est : est-ce qu'on a envisagé de rénover ou d'agrandir Horace-Boivin ? Ou est-ce que d'office on a décidé qu'on déménageait tout le monde, qu'on bâtissait une superstructure de 198 chambres sur sept étages ? Je vois pas la qualité de vie là-dedans », juge-t-il. 
Le plan du maire
« Qui dit rien consent », affirme M. Russell, qui n'en est pas à sa première bataille pour préserver les services offerts à Waterloo. « Mon but, c'est de mobiliser le plus de gens possible. Présentement, on sollicite l'aide de tous les organismes. Que ce soit les syndicats, les employés, les résidents. Je vais aussi demander l'aide des municipalités rurales avoisinantes, pour qu'on mette en place une résolution en support du CHSLD. Je vais solliciter l'aide du député Paradis. Quand j'aurai toutes ces informations et données-là, je vais solliciter une rencontre avec Mme Turgeon pour lui faire part de notre situation et voir la raison d'être de déplacer tous ces gens-là à Granby », explique-t-il.
« Pourquoi doivent-ils éliminer nos services à nous pour donner ça à l'extérieur quand on sait que c'est un besoin criant chez nous ? Parce que 13 % de la population utilise le service ? Waterloo est une ville de centralité. On dessert Warden, Lac-Brome, Roxton Pond, etc. C'est important de garder notre centre. C'est un milieu de vie. C'est des gens qui ont a coeur leur coin », conclut-il.
Le maire attendra la prochaine séance de conseil des municipalités, et s'il voit que l'appui est présent, il ira de l'avant. « C'est une question de temps ».