L’homme de 71 ans qui semait un climat de terreur au CHSLD Horace-Boivin a été arrêté mercredi par des policiers de la Sûreté du Québec. Il doit comparaître jeudi au palais de justice de Granby sous des chefs d’accusation de voies de fait.
L’homme de 71 ans qui semait un climat de terreur au CHSLD Horace-Boivin a été arrêté mercredi par des policiers de la Sûreté du Québec. Il doit comparaître jeudi au palais de justice de Granby sous des chefs d’accusation de voies de fait.

CHSLD Horace-Boivin: le résident violent sera transféré dans un établissement spécialisé

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
Le climat de terreur qui règne au CHSLD Horace-Boivin de Waterloo depuis l’arrivée, l’été dernier, d’un homme violent envers le personnel, est en voie de se résorber. Arrêté par la Sûreté du Québec mercredi, le septuagénaire, qui aurait agressé sexuellement au moins deux résidentes, sera aussi transféré dans un établissement de la région spécialisé pour ce type de clientèle.

La situation explosive au centre d’hébergement, dévoilée par La Voix de l’Est mardi, a interpellé la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais. « Il s’agit d’un cas particulier et préoccupant », a-t-elle fait valoir.

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La ministre a confirmé « qu’un expert sera mis à contribution afin d’améliorer le plan de soins et le plan d’action à l’égard de cette situation. Je suis très sensible à tout ce qui touche à la sécurité des résidents et du personnel en CHSLD. [...] Soyez assurés que nous serons attentifs pour la suite des choses au CHSLD Horace-Boivin », a-t-elle ajouté, mentionnant au passage la Politique d’hébergement et de soins de longue durée que prépare le gouvernement Legault, entre autres afin de mieux encadrer la clientèle atteinte de troubles neurocognitifs majeurs.

Le personnel du centre d’hébergement de Waterloo doit donc être formé, au cours des jours à venir, par un « infirmier clinicien, expert en gestion des escalades d’agressivité », nous a-t-on confirmé au cabinet de la ministre Blais.

Au mauvais endroit

Les confidences d’employées à La Voix de l’Est, révélées mardi, étaient pour le moins éloquentes au sujet du potentiel de dangerosité de l’usager en cause.

« La toilette de [l’homme] communiquait avec la chambre de sa voisine. Il passait par là pour aller l’agresser. On ne peut pas laisser passer quelque chose comme ça. Les résidents ont droit à leur dignité. On l’a pris en train de faire des attouchements, mais il a pu faire bien plus que ça s’il n’a pas été stoppé. C’est atroce ce qu’il fait subir aux gens ici, a dit l’une d’elles, visiblement ébranlée. Tout le monde le craint. Il a frappé une infirmière et deux préposées. Est-ce qu’on va attendre qu’un drame survienne avant d’agir ? »

La ministre des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais, a qualifié de «particulier et préoccupant» la situation dévoilée mardi par La Voix de l’Est.

Plusieurs membres du personnel du centre d’hébergement ont affirmé en entrevue que la direction a tenté d’étouffer l’affaire. Le vice-président du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) 4475 en Estrie, Steve Brochu, a également déploré le laxisme de la direction dans le dossier.

M. Brochu prône l’hébergement de l’homme violent de 71 ans « dans un endroit adéquat dans une aile prothétique avec une surveillance constante ». Un avis que partage la présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE), Sophie Séguin.

Après étude du dossier, les intervenants en santé concernés en sont venus à la même conclusion que les deux représentants syndicaux. « Le résident sera transféré vers un autre centre avec un îlot prothétique dès que possible, dans la même région. Il est le prochain résident à être admis », a confirmé à La Voix de l’Est l’attachée de presse de la ministre Blais, Marjaurie Côté-Boileau.

« C’est une très bonne nouvelle, autant pour les résidents que pour les employés », a réagi Steve Brochu, mercredi.

« Je suis contente parce que ça va soulager le personnel et le monsieur sera à la bonne place », a pour sa part indiqué Sophie Séguin.

Arrestation

Le dossier judiciaire du septuagénaire révèle qu’il a des antécédents en matière de violence. Il a été reconnu coupable de voies de fait armées, pour lequel il a écopé, en 1992, d’une amende de 100 $ ou de 10 jours de prison.

Il fait d’ailleurs face à trois accusations de menaces de mort ou de lésions corporelles et une de non-respect de ses conditions de libération provisoire. Les infractions ont eu lieu en 2017.

Il a comparu une première fois en août de cette même année dans ce dossier. Il ne s’était pas présenté aux dernières audiences. Des agents de la Sûreté du Québec ont appréhendé l’homme au CHSLD, mercredi. Il demeure détenu jusqu’à son retour devant le tribunal, prévu jeudi au palais de justice de Granby, où il doit faire face à des accusations de voies de fait.