L’instigatrice de la pétition et membre du comité de sauvegarde du CHSLD Horace-Boivin, Annie Gaudreau, souhaite que la population continue de se mobiliser pour la cause.

CHSLD Horace-Boivin: le comité maintient la pression

Alors que le ministre de la Santé Gaétan Barrette­ s’apprête à trancher à propos de l’avenir du CHSLD Horace-Boivin­ de Waterloo, le comité qui milite pour éviter la fermeture de l’établissement veut orchestrer une « série d’actions » pour faire pencher­ la balance en sa faveur.

« Jusqu’ici, on ne ménage pas nos efforts pour sauver le CHSLD. On a une pétition de milliers de noms et l’appui de plusieurs villes. La cause est trop importante pour rester là à attendre que le ministre de la Santé rende sa décision. On veut lui démontrer que l’on ne restera pas passifs », a indiqué en entrevue l’instigatrice du document, Annie Gaudreau, dont le frère réside au centre d’hébergement.

La pétition pour le maintien du CHSLD Horace-Boivin, comptant près de 5000 signataires, a été remise le 19 septembre par le maire sortant de Waterloo au ministre de la Santé. Pascal Russell était accompagné pour l’occasion de Marcel Brien et d’Alain Lafond, respectivement résident et préposé aux bénéficiaires au centre d’hébergement, ainsi que d’Annie Gaudreau­. Le comité de sauvegarde est formé des membres de ce groupe auquel s’ajoute le successeur de M. Russell, Jean-Marie Lachapelle. 

Rappelons que le dossier est lié au projet de CHSLD à Granby. La construction du centre d’hébergement de 198 lits, d’ici 2019, entraînerait la fermeture du CHSLD Horace-Boivin (qui compte 41 lits), jugé trop vétuste pour une mise à niveau. M. Barrette doit trancher au sujet de l’avenir du CHSLD d’ici la fin décembre. 

Le groupe souhaite donc continuer de mobiliser la population pour « défendre les droits des 43 résidents du centre d’hébergement, les emplois et l’économie de Waterloo ». En ce sens, une rencontre d’information se tiendra le 14 décembre à 19 h, dans la salle du conseil de Waterloo. « On veut poser des gestes symboliques, d’espoir. On veut se faire entendre, écouter. Reste à décider quelle action on posera en premier », a fait valoir Mme Gaudreau, précisant que les gestes qui seront choisis, possiblement une manifestation, devront avoir lieu avant que le ministre rende son verdict. Notons que 12 municipalités de la région se sont jointes au mouvement pour éviter la fermeture du centre d’hébergement.

Dernière ligne droite

En l’absence du député de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis, à l’Assemblée nationale, son homologue dans Granby, François Bonnardel, avait repris le flambeau pour faire cheminer le dossier. Or, la pétition s’est avérée non admissible. « Malheureusement, la pétition est irrecevable. Le libellé n’est pas sur toutes les feuilles et il est trop long (plus de 250 mots) », avait indiqué à La Voix de l’Est M. Bonnardel. Malgré cet écueil, le représentant de la CAQ a dit avoir rencontré brièvement Gaétan­ Barrette­ pour lui remettre à nouveau la pétition en main propre et lui faire part de l’importance­ du dossier. 

De son côté, le ministre de la Santé a confirmé qu’il amorce la dernière ligne droite avant de rendre sa décision à propos du CHSLD Horace-Boivin. « On achève. Il reste quelques éléments à obtenir. [...] On est en train de faire une analyse exhaustive de tous les besoins et de la répartition [des services] dans la région. [...] Si on prend le secteur d’origine en considération, il y a un plus grand besoin du côté de Granby que de Waterloo », a-t-il dit, précisant qu’il souhaite régler le dossier « avant Noël ». « Si c’est après, ce sera dans la première semaine de janvier », a-t-il ajouté. 

Option

Début novembre, une nouvelle option pour dénouer l’impasse a été avancée par les dirigeants du CHSLD Santé Courville, situé juste en face d’Horace-Boivin. En fait, ceux qui sont à la tête du centre d’hébergement souhaitent accroître la superficie du bâtiment pour y ajouter 11 lits. La construction d’un établissement de 32 places de type « ressource intermédiaire » — accueillant des personnes âgées en perte d’auto­nomie légère à moyenne — est aussi dans les cartons. Le budget global du projet, estimé à 7 M$, serait assumé par l’organisation. Le ministre de la Santé s’est dit ouvert à ce scénario. « La proposition [de Santé Courville] est intéressante, a-t-il dit. Elle est prise en considération. Ça fait partie des éléments sur lesquels on doit prendre une décision. »