Caroline Gadoury, coordonnatrice à l’hébergement à la direction du programme SAPA
Caroline Gadoury, coordonnatrice à l’hébergement à la direction du programme SAPA

CHSLD de Sutton: «Les soins et services sont sécuritaires»

Jean-François Guillet
Jean-François Guillet
La Voix de l'Est
La pénurie de préposés aux bénéficiaires (PAB) au CHSLD de Sutton est «préoccupante». Mais des mesures sont en place pour dénouer l’impasse et assurer les soins aux patients, a réagi le CIUSSS de l’Estrie au lendemain de la sortie du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), qui sonne l’alarme.

« On est préoccupés, parce que nos travailleurs tombent au combat. Ils font des heures supplémentaires de façon inimaginable. À Sutton, il n’y a plus de soins aux patients. Ce qu’on fait depuis plusieurs mois, c’est de pallier les urgences », a fait valoir en entrevue Éric Bergeron, conseiller syndical au SCFP, pour décrire la situation chaotique qui règne au sein de l’établissement.

 Des propos qu’a nuancés Caroline Gadoury, coordonnatrice à l’hébergement à la direction du programme de soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA). «Au CHSLD, les soins et services sont sécuritaires», a-t-elle insisté.

Le représentant syndical a avancé que jusqu’ici en janvier, en date de jeudi, les préposés du centre d’hébergement de Sutton, qui abrite 72 résidents, cumulent 584 heures supplémentaires. Durant cette même période,
139 quarts de travail n’ont pas été comblés avec les effectifs prévus. De plus, sur 62 postes de PAB,
30 sont vacants. Mme Gadoury a refusé de commenter et de corroborer ces données fournies par le SCFP.

Aides de service

Pour contrer le ressac de la pénurie de main-d’œuvre dans le réseau de la santé, le CIUSSS a introduit un nouveau titre d’emploi l’été dernier : les aides de service. Toutefois, leur champ d’action est limité. Contrairement aux PAB, ils n’ont pas le droit de donner de soins directs aux patients. 

Le CIUSSS mise entre autres sur ce type d’effectifs pour stopper l’hémorragie au CHSLD de Sutton. Mme Gadoury a mentionné qu’une dizaine d’aides de service ont été embauchés au centre d’hébergement. 

De son côté, le SCFP préconise de «former localement» des PAB dans les CHSLD. Notamment des gens qui n’ont aucune expérience dans le réseau de la santé. Le CIUSSS n’a pas tout à fait la même approche. On mise plutôt sur la formation d’aides de service pour les amener à devenir des préposés. 

Un projet pilote a justement été lancé au CHSLD de Sutton. Sept personnes ont intégré la cohorte qui se déroule à raison de deux jours par semaine. La formation est offerte gratuitement, en anglais, en partenariat avec le Lennoxville Vocational Training Center.

Pour obtenir le diplôme d’études professionnelles de PAB, les participantes inscrites devront compléter 435 heures de cours, soit moins de la moitié des heures habituellement consacrées au programme d’études Assistance à la personne en établissement et à domicile.

Rétention

Selon le SCFP, la rétention du personnel est un enjeu de taille au CHSLD de Sutton. Le coût relativement élevé des résidences dans la municipalité est une des données dans l’équation. Ceci fait en sorte que la plupart des travailleurs demeurent en périphérie. 

Éric Bergeron a évoqué qu’une des pistes serait de rémunérer des employés pour leur kilométrage pour se rendre au travail. Mme Gadoury a dit ne pas être en mesure de se prononcer à ce sujet.

En ce qui concerne la rétention de personnel, le CIUSSS mise entre autres sur la «titularisation de postes», qui consiste notamment en une «garantie de travail» pour offrir une certaine stabilité d’emploi aux employés. Des négociations sont en cours à ce sujet avec les différents syndicats, a indiqué Mme Gadoury.

Parmi les autres solutions, le SCFP demande temporairement au CIUSSS de ne plus combler les lits au CHSLD de Sutton « pour faire baisser la pression sur le personnel et permettre à la clientèle de recevoir un minimum de services. » 

Le CIUSSS de l’Estrie compte également sur son opération séduction pour faire le plein de nouveaux employés. En fait, 1000 postes seront offerts lors du «Grand repêchage», qui se tiendra simultanément à l’Hôtel Castel de Granby et à l’Hôtel Delta de Sherbrooke, le 22 février, de 9h à 16h.