Le député provincial de Granby, François Bonnardel, et le maire de Granby, Pascal Bonin, ont lancé un cri du cœur vendredi. L’attente a assez duré pour le CHSLD de 176 places qui doit être construit à Granby.

CHSLD à Granby: «On attend depuis longtemps»

Le député de Granby, François Bonnardel, et le maire de Granby, Pascal Bonin, unissent leur voix pour inciter le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, à lancer au plus tôt l’appel d’offres pour la construction d’un CHSLD de 176 places à Granby. L’attente a assez duré, ont-ils clamé vendredi.

François Bonnardel a rappelé, lors d’un point de presse tenu devant l’hôpital de Granby, que le lancement de l’appel d’offres était imminent en janvier lorsqu’il a été confirmé que 22 des 43 places de soins de longue durée seraient maintenues au centre d’hébergement Horace-Boivin à Waterloo et qu’un CHSLD de 176 places serait construit à Granby. 

« Deux mois et demi plus tard, attendre encore pour cet appel d’offres, on est écœurés. On va le dire franchement. On attend depuis longtemps. Il y a déjà eu du retard. Aujourd’hui, à l’unisson, on envoie le message au nom de la région », a lancé le député provincial de Granby. 

Le maire Pascal Bonin affirme pour sa part avoir tenté de joindre le ministre de la Santé au cours des 10 derniers jours pour savoir à quel moment l’appel d’offres serait lancé. Selon lui, le dossier est sur le bureau du ministre et n’attend qu’une signature. Mais il estime avoir été « nargué » par une attachée politique. « Je ne l’ai pas pris personnel. Je pense qu’on a plutôt nargué la région. Je voulais savoir quand le dossier va être signé et on m’a dit d’appeler 1-800-région », dénonce-t-il.

Oxygène  

Le maire de Granby souligne qu’un plan de 36 mois avait été élaboré, en 2016, pour construire un nouveau CHSLD afin d’être en mesure de libérer de l’espace au quatrième étage de l’hôpital qui est actuellement occupé par ce type de clientèle. Le réaménagement du centre mère-enfants et des soins intensifs font aussi partie de ce plan.   

« Sur un échéancier de 36 mois, il y a déjà deux ans de passés et on n’a même pas donné un coup de pelle. On n’a même pas choisi le terrain encore. Comment on peut continuer et dire aux gens qui sont ici, qui se dévouent corps et âme, semaine après semaine, que le ministre et le CIUSSS pensent à eux ? », s’interroge François Bonnardel. 

« La seule raison pour laquelle l’hôpital a continué de fonctionner, et c’est important de le mentionner, c’est à cause du cœur des employés, des gens qui travaillent dans le système de santé », estime Pascal Bonin. 

Selon lui, il aurait été relevé en 2016, lors de l’élaboration du plan, que si la restructuration n’était pas réalisée en 2018, ce serait « l’hécatombe et qu’on ne savait pas comment on allait gérer l’influenza et la gastro ». « Il y a des gens responsables pour ce qu’il s’est passé cet hiver chez nous », affirme le maire de Granby en faisant notamment référence aux problèmes à l’urgence. 

Guerre 

Pascal Bonin croit que le CIUSSS de l’Estrie et le ministre de la Santé « se pitchent la balle ». « On est dans la tour des fous d’Astérix. Je suis entré dans cette tour hier et je n’en suis pas sorti plus sain mentalement que j’étais quand j’y suis entré », lance-t-il. 

Le maire estime en outre qu’il y a un conflit, voire une « guerre », entre le CIUSSS et le ministre. Selon lui, c’est « palpable dans plusieurs décisions », dont celle de la clinique d’accès de Granby alors que le point de presse de la semaine dernière, où le CIUSSS devait annoncer la fermeture de l’endroit, a été annulé à la suite de l’intervention du ministre.

Pascal Bonin déplore du même souffle que la Haute-Yamaska n’ait pas un représentant sur le conseil d’administration du CIUSSS. La mise en candidature d’une Granbyenne aurait été acheminée au ministre depuis un an. Mais elle est restée « lettre morte », dit-il.  

Le député de Granby croit pour sa part que la région est « oubliée » depuis la fusion des agences de santé et des services sociaux pour de « gros CIUSSS ». « C’est assez, déclare-t-il. Chaque jour, chaque semaine qui passe, c’est un hôpital qui est sous pression et qui a besoin d’oxygène. »

François Bonnardel affirme qu’il y a quatre ans, avant la fusion menant à la création du CIUSSS de l’Estrie, 26 % des employés étaient en congé de maladie, selon des données qu’il a obtenues à la suite d’une demande d’accès à l’information. Aujourd’hui, ce nombre aurait grimpé à 41 %. 

« Les gens sont épuisés, des infirmières aux gestionnaires. Ils attendent depuis des années que le quatrième étage devienne ce à quoi on s’attend, c’est-à-dire des patients qui vont être traités pour des maladies, et non un CHSLD », dit le député.

Celui-ci affirme avoir tenté de parler au ministre Gaétan Barrette, mais il n’a pu le joindre au cours des 48 dernières heures. « Je ne le blâme pas. Il est peut-être en vacances. Mais mardi, je vais aller le voir à la première période de questions », assure-t-il.