La rentrée scolaire cette année est sans aucun doute celle qui l’a le plus marquée en plus de 60 ans de carrière. «C’est du jamais-vu», dit Jean-Roch Marois à propos des mesures sanitaires à respecter en lien avec la COVID-19.
La rentrée scolaire cette année est sans aucun doute celle qui l’a le plus marquée en plus de 60 ans de carrière. «C’est du jamais-vu», dit Jean-Roch Marois à propos des mesures sanitaires à respecter en lien avec la COVID-19.

Chauffeur d’autobus scolaire depuis 61 ans: «C’est du jamais-vu!»

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Dans le petit village de Saint-Joachim-de-Shefford, un homme dédie son temps à la sécurité des enfants. Jean-Roch Marois entame sa 61e rentrée scolaire en tant que chauffeur d’autobus, le plus beau métier du monde à ses yeux. « Ça a été l’histoire de ma vie », lance le principal intéressé.

M. Marois a commencé à transporter des élèves du primaire et du secondaire aux écoles de Saint-Joachim, Waterloo, Granby, Béthanie, Roxton Falls et Acton Vale en 1958, alors qu’il n’avait que 18 ans.

« C’est la construction de l’école de Saint-Joachim qui m’a amené à faire ça. Au début, c’était pour mon père, et à la fin, on a formé la compagnie Autobus Saint-Joachim inc. et ça a toujours continué » se remémore l’homme qui soufflera bientôt ses 79 bougies.

Une profession qui se perpétue donc de père en fils, puisque le frère de Jean-Roch, Justin, est lui aussi impliqué dans la compagnie depuis une trentaine d’années.

Au fil des ans, M. Marois avoue s’être lié d’amitié avec de nombreuses familles du village. « En campagne on se connaissait tous. Les générations se suivaient et tout le monde était des amis. Je pense que ça fait 4 ou 5 générations de gens que je conduis », lance-t-il candidement. Certains qui sont aujourd’hui devenus grands-parents ont même déjà monté à bord de ses autobus.

Si l’entreprise a démarré avec trois bolides, elle en compte maintenant dix, dont un électrique. « Les autobus ont beaucoup changé. Dans le temps, on avait quasiment un camion avec une boite en arrière pour ramasser les enfants. »

Le septuagénaire a exercé d’autres métiers au cours de sa vie, mais son cœur est toujours revenu auprès des enfants. « Être avec des jeunes, ça aide à rester jeune. J’ai toujours fait du sport. J’ai eu des clubs de hockey, de balle, de ballon-balai... j’ai toujours baigné là-dedans avec les jeunes. »

Le frère de Jean-Roch, Justin, est lui aussi impliqué dans la compagnie depuis une trentaine d’années.

La rentrée la plus marquante de sa carrière

Les journées typiques de M. Marois débutent dès 6 h le matin et elles se terminent à 18 h. « On va chercher les élèves le matin et après on fait du placotage au garage... et la vie passe ! », rigole-t-il. Puis, vers 15 h, il reprend la route pour amener les élèves auprès de leurs parents.

De toutes ses années en tant que chauffeur d’autobus, M. Marois garde de bons souvenirs des voyages spéciaux scolaires, notamment celui d’un échange étudiant Québec-France. « J’ai fait le tour du Québec. Je suis parti 20 jours avec des Français de 15 ans en camping. Ça a été une bonne aventure », raconte-t-il.

La rentrée scolaire cette année est sans aucun doute celle qui l’a le plus marquée en plus de 60 ans de service. « C’est du jamais-vu! », dit-il à propos des mesures sanitaires à respecter en lien avec la COVID-19.

« Au niveau du transport c’était merveilleux, les jeunes ont respecté les consignes et ça s’est fait dans une bonne ambiance », assure-t-il.

Et malgré tout, il n’est pas question pour M. Marois d’abandonner le métier de sitôt. « Tant que la santé va suivre, j’ai du plaisir! Une journée à la fois. »