Chantier d’envergure au centre-ville

Les chantiers se sont multipliés au cours des derniers mois à Granby, mais le plus impressionnant d’entre eux passe un peu inaperçu, bien qu’il batte son plein au centre-ville. Le barrage du lac Boivin a été démoli et est en voie d’être reconstruit.

Il suffit de s’aventurer près de la piste cyclable et du pont Patrick-Hackett pour constater l’ampleur des travaux. Le flot de la rivière a été détourné dans un étroit canal de dérivation. Deux digues temporaires ont été aménagées pour permettre aux travailleurs de Construction Injection EDM de Québec d’œuvrer au sec. La machinerie lourde a envahi le site, a pu constater La Voix de l’Est, lors d’une visite du chantier. Difficile d’imaginer que la rivière Yamaska prend habituellement toute la place. 

« À date, ça va bien. Il n’y a pas de gros imprévus. J’avais des craintes, parce qu’on se rappelle que c’est notre prise d’eau ici. Pas moins de 93 % de notre eau est pris avec le niveau du lac (Boivin). Tout ce qui touchait le contournement de la rivière était délicat », a souligné le directeur du Bureau de projets à la Ville, Daniel Surprenant­. Les gestionnaires du barrage Choinière, de compétence provinciale, et l’équipe de la Centrale de traitement d’eau sont aussi mis à profit. 

L’espace de travail restreint a représenté un défi dans ce projet qui entraîne une facture de 4,3 millions $, avant taxes, et dont 83 % des coûts admissibles sont assumés par le Fonds pour l’eau potable et le traitement des eaux usées (FEPTEU), relève M. Surprenant

La piste cyclable a dû être déplacée. Mais l’ingénieur et chargé de projets à la Ville, Manuel Cabana, souligne qu’un nombre plus important que prévu d’arbres a pu être préservé. Ceux qui ont été coupés seront remplacés. 

Plus aux normes

Les travaux s’imposaient, car le barrage, d’une largeur de 42 mètres, ne répondait plus à certaines exigences gouvernementales. La capacité d’évacuation de l’ouvrage était insuffisante et son ancrage inadéquat, souligne entre autres Manuel Cabana.

« Il n’était pas construit directement sur le roc. Il a été fait en caissons de bois, remplis de roches, dans les années 1900. Un tablier de béton a plus tard été ajouté par dessus. Quand on le regardait, on avait l’impression que c’était un gros barrage assez récent, mais il était en bois en dessous et ses capacités de résistance n’étaient plus suffisantes­ », précise l’ingénieur. 

L’ouvrage a ainsi été démoli et les matériaux, évacués du site pour permettre aux travailleurs de construire les coffrages et de couler le béton des piliers du nouveau barrage, une étape en cours actuellement.

Au cours des dernières semaines, le chantier, suivi par plusieurs curieux, a été actif sept jours sur sept. Mais d’ici la fin des travaux, il sera en pause une fin de semaine sur deux. Une quinzaine de travailleurs s’y activent de 10 à 12 heures par jour. Le site est même parfois éclairé en soirée pour permettre la poursuite de certains travaux de béton, a expliqué le responsable du chantier pour EDM, Martin Lachance.

Impressionnant 

Le nouveau barrage devrait entrer en service pour la période des Fêtes, avance M. Lachance. Certains travaux d’aménagement resteront à compléter au printemps. 

L’installation, vers la fin novembre, de la vanne à bascule, construite par l’entreprise granbyenne Mecan-Hydro, devrait d’ailleurs s’avérer impressionnante, alors que de longues pièces métalliques de 12 mètres de large seront acheminées sur le site, précise Daniel Surprenant.

Au final, le nouveau barrage permettra notamment de « gérer le risque total du bassin versant, incluant le barrage Choinière », relève Manuel Cabana. « S’il y avait une rupture du barrage (Choinière) en amont, notre capacité d’évacuation est beaucoup­ plus grande », dit-il. 

Selon lui, un ouvrage sera par ailleurs aménagé pour mesurer de façon plus précise le débit d’eau, plus faible, durant les périodes estivales d’étiage (le plus bas niveau d’un cours d’eau). Un bâtiment de services sera aussi ajouté près du stationnement, adjacent au parc de la Tannerie, pour gérer et opérer le barrage, souligne l’ingénieur.

Autre détail : l’esthétique du barrage sera modifiée, avance M. Cabana. Le positionnement de la vanne fera en sorte que l’eau coulera de façon uniforme et reproduira l’effet d’une chute. 

Des travaux similaires, bien que de moindre ampleur, se déroulent également au barrage du lac sur la Montagne (lac Coupland). La Ville de Granby a accordé en juin un contrat de 1,9 million $ à Bertrand Ostiguy pour ce projet, aussi subventionné par le FEPTEU. L’ensemble de ces travaux s’inscrit dans le cadre de l’important projet « Eau potable », qui permettra à moyen et long terme de moderniser les infrastructures d’eau potable.