Chantal Beauchemin veut miser entre autres sur ses connaissances du système­ d’éducation pour gagner la confiance des électeurs.

Chantal Beauchemin officiellement candidate

Les pièces de l’échiquier politique sont presque toutes en place dans la circonscription de Granby. Jeudi dernier, c’était au tour du Parti québécois d’officialiser la candidature de Chantale Beauchemin. L’enseignante de profession défendra les couleurs de la formation souverainiste en vue des élections d’octobre prochain, succédant ainsi à Joanne Lalumière.

L’ambiance était bon enfant au terrain de golf Miner, où les militants s’étaient réunis pour l’investiture de leur candidate. Sur fond de musique jazz, les rires fusaient de toutes parts et les militants comme les membres de l’exécutif du parti dans Granby semblaient gonflés d’un vent d’optimisme.

Pourtant, les sondages prévoient la catastrophe pour leur parti à l’échelle de la province. Les derniers chiffres de Québec 125 prédisent presque 50 % (48,6 %) d’avance pour le député sortant, François Bonnardel, faisant de Granby la circonscription la plus sûre au Québec, tous partis confondus.

Mais Chantal Beauchemin n’a que faire des sondages.

« Personne n’aura dit que Valérie Plante à Montréal serait élu ou encore Donald Trump. Moi je préfère partir à 18 points et finir gagnante que l’inverse », lance-t-elle en entrevue à La Voix de l’Est quelques instants avant l’officialisation de sa candidature.

« On remarque que les gens veulent voter pour le changement. Si on pense ainsi, pourquoi ne pas voter pour le PQ dans Granby, ça fait quand même trois mandats que c’est François Bonnardel qui nous représente il n’y a pas grand dossier qui ont avancé », estime pour sa part le président du parti dans la circonscription, Mario Blanchard.

Retour aux sources
La candidate fraîchement désignée sait qu’elle aura du pain sur la planche. À son sens, l’un de ses plus grands défis sera de faire connaître le programme de son principal adversaire, la Coalition avenir Québec, pour en souligner les absurdités.

« Moi j’ai lu programme de la CAQ et c’est pas mal le même que celui du Parti libéral », estime-t-elle.

Celle qui est enseignante depuis près de 30 ans souhaite miser sur ses connaissances du système d’éducation pour promouvoir le programme du parti de Jean-François Lisée et gagner la confiance des électeurs.

« Le Parti libéral a démantelé le système de santé, il y a 6000 personnes qui n’ont pas de médecin de famille dans la région, les gens ont conscience que ça va mal. Dans le système d’éducation, la CAQ veut démanteler les commissions scolaires, ben voyons ! Le bordel est déjà pogné dans le système de santé et ils veulent tout défaire ce qui va bien en éducation ! » s’exclame-t-elle.

Une véritable fougue anime les propos de celle qui est nouvellement arrivée en politique.

« Je pense que c’est déjà le moment de commencer le travail sur le terrain. Moi, mon intention c’est d’aller à la rencontre des gens et de faire des assemblées de cuisine et de voir ce qu’ils vivent comme problème. Quand il y a une problématique, les gens ont déjà des pistes de solution. Je suis en mode écoute et en même temps, le Parti québécois a un programme concret, crédible et efficace pour répondre aux problèmes que vivent les gens ».

Manufacture de pizza
Comme pour l’investiture d’Andréanne Larouche dans Brome-Missisquoi il y a quelques semaines, la député de Taillon et porte-parole de l’opposition en matière de Santé, Diane Lamarre, est venue présenter la plateforme du Parti québécois en santé et en services sociaux, lançant ici et là des déclarations assassines contre l’actuel gouvernement et mettant en garde les citoyens contre la tentation caquiste.

« La CAQ et le Parti libéral c’est du pareil au même. S’il y a une différence, c’est que la CAQ est encore plus à droite », avance Mme Lamarre.

Elle en avait également contre les nouveaux postes d’infirmières sur les équipes mobiles créées par le ministre Gaétan Barrette dont elle juge que les conditions de travail ne sont pas respectueuses.

« M. Barrette pense gérer le système de santé comme des manufactures de pizza, mais la réalité dans le système de santé, c’est que les infirmières arrivent et ne savent pas avec qui elles vont travailler, où sont les seringues, etc. C’est la vie des patients qui est en jeu », ajoute-t-elle.

Comme la plupart de ses collègues élus et les autres candidats, Mme Lamarre veut multiplier les « assemblées de cuisine » pour rencontrer un maximum de citoyen avant les élections générales.