Le collectif «La planète s’invite au Parlement» a organisé deux marches à Cowansville en septembre dernier.

Changements climatiques: un collectif citoyen s’invitera à l'Assemblée nationale

Alors que la pression se fait de plus en plus grande sur les différents gouvernements afin qu’ils accentuent la lutte contre les changements climatiques, un regroupement de citoyens se rendra à l’Assemblée nationale le mercredi 28 novembre, au lendemain de la rentrée parlementaire. Un autobus est notamment prévu dans Brome-Missisquoi pour permettre aux intéressés d’assister au discours d’ouverture du premier ministre François Legault.

« Pour nous, c’est important de souligner la rentrée parlementaire. On va saisir l’opportunité en allant directement là où les décisions se prennent », a expliqué Isabelle Dupras, l’une des responsables du comité Brome-Missisquoi au sein du collectif « La planète s’invite au Parlement ».

Elle souhaite lancer un message clair au chef de la Coalition avenir Québec.

« On veut que François Legault sente que la population est vraiment là. Parce que oui, il a parlé à Dominic Champagne [NDLR: l’instigateur du Pacte pour la transition]. Mais d’un autre côté, il va accepter des projets très polluants comme celui de [de l’usine productrice d’urée et de méthanol] de Bécancour, qui vient de sortir dans les nouvelles, et l’oléoduc de gaz naturel au Saguenay. Il doit être conséquent dans sa gestion. Et à nos yeux, il ne l’est pas présentement. »

L’autobus local devrait partir de Cowansville en matinée. Plus d’informations sont disponibles auprès de Geneviève Nadeau (genevievenadeaumillette@hotmail.com) et sur la page Facebook du collectif.

En vue de ce rassemblement à l’Assemblée nationale, les participants sont invités à apporter pancartes, drapeaux et instruments de musique afin d’être bien visibles et de se faire entendre. Des allocutions et des actions symboliques sont également prévues.

« Une période cruciale »

Lancé à l’approche de la dernière campagne électorale, le collectif « La planète s’invite au Parlement » se décrit comme un « mouvement citoyen non partisan animé par l’exigence d’agir maintenant face à l’urgence du dérèglement climatique et du déclin de la biodiversité ». Le regroupement a organisé de nombreux événements au cours des derniers mois, dont une marche qui a attiré près de 50 000 personnes à Montréal le 10 novembre dernier.

Isabelle Dupras est l’une des responsables du comité Brome-Missisquoi au sein du collectif «La planète s’invite au Parlement».

« Suite à la déclaration du secrétaire général de l’ONU [Antonio Guterres, qui soulignait l’importance d’agir au cours des deux prochaines années], il y a vraiment un mouvement national qui est en cours », a observé Isabelle Dupras.

Cette dernière reconnaît néanmoins qu’il sera sans doute difficile de rassembler une foule semblable en milieu de semaine. Mardi avant-midi, 350 internautes avaient signalé leur intérêt sur la page Facebook de l’événement du 28 novembre.

« Le nombre de participants n’est pas nécessairement notre priorité, a précisé la spécialiste en animation environnementale. C’est un moment symbolique, on ne peut pas passer à côté. Nous vivons une période cruciale dans le destin de l’humanité. Et François Legault a un rôle très important à jouer. »

Un architecte local s’implique

Notons que le collectif « La planète s’invite au Parlement » formule trois demandes au gouvernement québécois. Il souhaite d’abord que Québec reconnaisse « que l’urgence climatique et la protection de la biodiversité sont les plus grands défis de notre époque ».

Plus concrètement, le collectif demande un plan qui respecte les cibles émises par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, accompagné d’un rapport annuel sur les résultats obtenus. Il milite également pour l’interdiction de tout nouveau projet d’exploration ou d’exploitation des hydrocarbures, ainsi que la fin des subventions accordées dans ce secteur.

En lien avec cette vague de contestation, l’architecte Alexandre Thibodeau interpelle la population via un site web* dont le but est de présenter des déclarations en faveur de l’environnement — celles de candidats politiques non élus et de professionnels selon leur secteur d’activité. « Le but est d’aller chercher monsieur et madame Tout-le-Monde et de leur faire sentir l’urgence », a précisé le résident de Bolton-Ouest, qui se décrit comme un « électron libre » dans ce dossier.

« Je veux que le 28, on se rassemble pour donner un énorme coup au moment où ça compte. Parce que selon moi, après le discours du trône, ça va devenir un combat beaucoup plus difficile, qui va rentrer dans les codes de la politique, du lobbying et du tiraillage. »

M. Thibodeau et ses collaborateurs devraient d’ailleurs tenir un premier point presse à Québec ce jeudi, tandis qu’un second reste à être confirmé pour le 27 novembre.

*Les déclarations recueillies sont accessibles au www.declarationsclimatiques.ca.