« Se faire voler des fleurs, c’est se faire voler les fruits qu’on n’aura pas. Ce n’est pas tellement agréable, nous avons mis du temps pour arranger ça à notre goût et après il y a des gens qui se permettent un peu n’importe quoi. C’est dommage », déplore le copropriétaire, Richard Galipeau.
« Se faire voler des fleurs, c’est se faire voler les fruits qu’on n’aura pas. Ce n’est pas tellement agréable, nous avons mis du temps pour arranger ça à notre goût et après il y a des gens qui se permettent un peu n’importe quoi. C’est dommage », déplore le copropriétaire, Richard Galipeau.

Champ saccagé: un manque de respect qui sème la déception

Des fleurs et des fruits dérobés, des ornières dans les pousses, des véhicules mal stationnés qui bloquent l’accès au champ : voilà quelques exemples d’actes commis à la ferme Natriveau, à Granby, depuis le début de l’été. Le tout se fait dans l’impuissance des propriétaires, qui peuvent intervenir uniquement lorsqu’ils prennent les contrevenants la main dans le sac.

La ferme Natriveau est située « en milieu presque urbain », à proximité de la ville, mais entourée par le ruisseau Ostiguy, un cours d’eau prisé par les amateurs de pêche et de plein air. Il est donc courant que les gens se stationnent sur le terrain de la ferme ou encore en bloquant l’accès au champ pour accéder au ruisseau.

« En bloquant l’accès au champ, comme lorsqu’on bloque une entrée de cour, on ne peut pas y accéder », fait remarquer l’agronome chez Gestrie-Sol, qui a le mandat de travailler avec les agriculteurs pour développer la cohabitation entre les activités agricoles et les autres activités quotidiennes.

L’agronome travaille en collaboration avec la ferme Natriveau dans le projet de bandes riveraines autour du ruisseau Ostiguy.

Ce projet comprend la plantation de saules et de fleurs de sureau, dont les baies sont appréciées pour la confection de thés et de recettes.

Le sureau a une certaine valeur marchande en raison, d’une part, de la beauté de sa fleur, mais principalement pour ses baies, que certains utilisent dans la conception de thés et dans certaines recettes pour ses nutriments.

Nathalie Mailloux, la copropriétaire de la ferme, a fait savoir à l’agronome que les plantes n’avaient pas fleuri cette année pour finalement réaliser qu’elles avaient été volées.

Le 1er juillet, une stagiaire chez Gestrie-Sol installait des pièges de dépistage pour le projet Abeilles citoyennes, qui vise à analyser les pollinisateurs présents dans la bande riveraine, lorsqu’elle a aperçu un homme qui cueillait des fleurs de sureau sur le terrain.

« Se faire voler des fleurs, c’est se faire voler les fruits qu’on n’aura pas. Ce n’est pas tellement agréable, nous avons mis du temps pour arranger ça à notre goût et après il y a des gens qui se permettent un peu n’importe quoi. C’est dommage », déplore le copropriétaire, Richard Galipeau.

Qui plus est, un automobiliste a décidé d’utiliser le champ pour réaliser une manœuvre afin de rebrousser chemin. Résultat : rien ne poussera sous les ornières qui trahissent l’infraction. « Ce n’est pas brillant », poursuit Richard Galipeau.

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Au moins, note l’agriculteur, il connaît moins de problèmes avec les plants illégaux de cannabis qui étaient plantés à son insu lors des années antérieures, depuis la légalisation de la substance en 2018. « On avait des problèmes avec ça aussi, surtout près de la rivière dans les branchailles », se remémore M. Galipeau.

Rien ne poussera sous les ornières laissées par un automobiliste.

« Si on n’attrape pas les contrevenants sur le coup, il n’y a rien à faire. Puis, clôturer un champ ce n’est pas quelque chose qui se fait vraiment », indique l’agronome.

La police a été informée et patrouillera davantage le secteur. « Le policer demandait combien cela représentait en dommages financiers, mais ce n’est pas la question. Quand c’est pour te faire tes propres tisanes ou tes propres confitures, c’est à toi même si ça ne vaut pas cher, soutient-elle. Je me dis tout le temps que c’est peut-être par la sensibilisation qu’on va faire une différence. »