Les résidants de la rue Elgin ont déposé une nouvelle pétition au conseil municipal de la ville de Granby, lundi soir. Ils demandent la mise en place de mesures pour ralentir la vitesse et sécuriser la circulation sur la petite rue.

«C'est une autoroute», dénoncent des résidants de la rue Elgin

L’histoire se répète. Une soixantaine de résidants de la rue Elgin à Granby ont déposé une pétition au conseil municipal afin que de nouvelles mesures soient mises en place pour réduire la vitesse et le flot de circulation.

« Un quartier résidentiel, ce n’est pas une voie express. La rue Elgin est devenue une voie express avec 3000 véhicules à peu près par jour. Ce qui pose des problèmes énormes. C’est dangereux à la sortie de nos cours et c’est à peu près impossible de voir des enfants jouer dans la rue ou prendre leur vélo. Même pour nous, les adultes, ça devient très dangereux de joindre les pistes cyclables que vous mettez un peu partout dans la ville », a laissé tomber lundi soir François Darrigrand, qui s’est déplacé à l’hôtel de ville.

« On s’est installés dans ce quartier-là il y a environ 18 ans parce que c’est un endroit résidentiel, tranquille, historique. Et maintenant, c’est une autoroute », a lancé une autre résidante, Michèle Kramer.

Les citoyens n’en sont pas à une pétition près. Depuis 1989, ils en ont déposé au moins quatre. La dernière remonte à 2017, alors qu’ils ont réclamé la mise en place de mesures pour sécuriser la petite rue, dont l’achalandage ne cesse de croître. À l’époque, trois accidents s’y étaient produits en autant de semaines.

La circulation continue d’y être très importante, surtout aux heures de pointe, alors que plusieurs automobilistes l’utilisent comme raccourci pour éviter la rue Dufferin et ses feux de circulation.

Les résidants se plaignent également de la vitesse élevée.

Fermer la rue

En 2017, la Ville avait sondé les résidants sur les mesures à adopter pour ralentir et sécuriser la circulation. Une majorité d’entre eux avaient dit oui à l’installation de dos d’âne allongés, ainsi qu’à l’aménagement d’une traverse piétonnière surélevée.

Ces mesures, particulièrement les dos d’âne, n’ont toutefois pas eu l’effet désiré, affirment les résidants. Non seulement plusieurs automobilistes ne ralentissent pas, mais ces ouvrages dans les rues sont aussi source de bruit. « C’est le festival des castagnettes », laisse tomber un citoyen.

Parmi les nouvelles solutions proposées par les signataires de la pétition pour atténuer la situation: fermer la jonction des rues Elgin et Dufferin.

Les récents travaux de reconstruction des infrastructures souterraines (égout et aqueduc) de la rue Elgin, entre les rues Fairfield et Elizabeth, qui ont entraîné la fermeture de ce bout de rue pendant quelques mois, ont prouvé que cela n’a engendré aucun « chaos », estiment-ils. Ils affirment, pour leur part, avoir retrouvé « une vie de quartier », malgré le chantier qui se déroulait en avant de chez eux.

Les citoyens proposent également de rediriger la circulation du Mouvement action handicapés de Granby et région, situé rue Fairfield, vers les rues Bellevue et Beacon. Cet accès a été privilégié durant les travaux et a été bénéfique, estiment-ils.

Ils déplorent en outre l’absence de la présence policière dans le secteur, alors que des automobilistes auraient des comportements dangereux.

« Le but n’est pas de nous mettre les usagers à dos, mais de départager le trafic avec les autres rues autour. Les rues Lansdowne, Grove et le boulevard Leclerc sont plus larges que la rue Elgin », a fait valoir une autre citoyenne de la rue Elgin, Myette Cotnoir.

Déçu

Le dossier sera confié au comité de circulation, a affirmé le maire Pascal Bonin. Celui-ci n’a toutefois pas caché sa déception. « Les travaux qui ont été faits [en 2017], ce sont ceux qui étaient demandés. [...] Je pensais que c’était fini. On a été vers eux [les citoyens, NDLR] et on a fait ce qu’ils nous ont demandé et ils nous disent que ce n’est pas encore correct. Je suis un peu découragé », a-t-il déclaré aux médias au terme de la séance du conseil.

Selon lui, il n’y a pas de solution miracle à la problématique. « Il faut comprendre qu’une rue, c’est une rue. Elle n’appartient pas juste aux citoyens qui sont là. Et plus la population augmente, plus la circulation augmente. Il y a 1000 véhicules de plus par année à Granby », affirme le maire qui assure que la police se fait présente dans le secteur.

Pascal Bonin estime par ailleurs avoir l’impression de « tourner en rond ». « Ce dossier-là revient systématiquement. Il faudrait fermer la rue et la mettre [la vitesse, NDLR] à 30 km/h. Ça commence à être spécial. Je pensais que ce dossier-là était terminé », ajoute-t-il.

Selon lui, si les élus devaient décider de fermer la rue, les plaintes d’automobilistes mécontents afflueraient également à l’hôtel de ville. Dans les circonstances, ce sera néanmoins au comité de circulation d’analyser la situation, dit-il.