«Moi, j’estime que ce que j’ai fait dans la bande de protection est constructif et souhaitable. Mais ce n’est que mon opinion. Peut-être que l’opinion des gens à la Ville est la bonne aussi. Il y a des zones grises et c’est ça qu’on va éclaircir», affirme Michel Duchesneau.
«Moi, j’estime que ce que j’ai fait dans la bande de protection est constructif et souhaitable. Mais ce n’est que mon opinion. Peut-être que l’opinion des gens à la Ville est la bonne aussi. Il y a des zones grises et c’est ça qu’on va éclaircir», affirme Michel Duchesneau.

«C’est un gros dossier politique», lance Michel Duchesneau

Si la Ville de Granby a dû intervenir à nouveau en début de semaine pour faire cesser des travaux dans le prolongement de la rue de Verchères, c’est parce que le promoteur Michel Duchesneau dit ne pas avoir réussi à joindre à temps un de ses sous-traitants.

Michel Duchesneau, également ex-maire de Granby, explique avoir tenté de joindre les sous-traitants — dynamiteur et excavateur — avec qui il travaille dans le développement de ce secteur la semaine dernière. Incapable de parler de vive voix à un représentant de l’entreprise de dynamitage, il a laissé un message, assure-t-il. Celui-ci ne s’est toutefois «pas rendu», dit-il.

«Mais là, les fardiers s’en viennent et vont ramasser la machinerie. On va laisser ça sur la glace, tout simplement», a laissé tomber M. Duchesneau mardi, au lendemain de cette nouvelle intervention de la Ville.

Alertés par des citoyens du secteur, des inspecteurs de la Ville ont dû demander lundi matin à un entrepreneur qui avait entrepris de creuser des trous dans le roc de cesser ses activités, en vertu d’une résolution adoptée par les élus à la fin de la semaine dernière.

Cette résolution prévoit que les activités de déboisement et de dynamitage ne sont pas permises. Les élus ont aussi résolu de s’adresser à la Cour du Québec afin que soit révoquée l’autorisation qui a été donnée au promoteur en 2019 par le conseil municipal dans le cadre d’un Plan d’implantation et d’intégration architectural (PIIA).


« On se rend très bien compte que c’est un gros dossier politique. Les intérêts de la Ville devraient passer au-dessus de ça. »
Le promoteur Michel Duchesneau

Ces démarches font suite aux travaux d’abattage d’arbres réalisés le mois dernier par le promoteur, sans qu’il ait les autorisations nécessaires, dont le permis de lotissement. La coupe de quelque 110 arbres dans une bande de protection prévue en arrière-lot dans le PIIA pose particulièrement problème.

«Dossier politique»

Celui qui, à la surprise générale, a annoncé vendredi dernier son intention de briguer la mairie lors des prochaines élections municipales, en novembre 2021, affirme par ailleurs attendre que la Ville «respecte son contrat».

«Il y a un contrat, signé depuis le 11 juin, qui lie Jonesco [NDLR: son entreprise] et la Ville de Granby et qui permet de faire la rue. Ce n’est pas une entente unilatérale, c’est bilatéral», laisse-t-il tomber.

«On se rend très bien compte que c’est un gros dossier politique. Les intérêts de la Ville devraient passer au-dessus de ça», lance-t-il.

Michel Duchesneau estime en outre qu’il y a deux dossiers dans cette affaire et qu’il importe de les séparer.

D’abord, dit-il, la Ville de Granby a tous les documents en main pour lui remettre le permis de lotissement qui lui permettrait de faire certains travaux. D’autre part, si les travaux réalisés dans la bande de protection boisée sont jugés illégaux, le promoteur dit être prêt à assumer «ses responsabilités».

«Mais il y a beaucoup de questions d’interprétation là-dedans. Moi, j’estime que ce que j’ai fait dans la bande de protection est constructif et souhaitable. Mais ce n’est que mon opinion. Peut-être que l’opinion des gens à la Ville est la bonne aussi. Il y a des zones grises et c’est ça qu’on va éclaircir», dit-il.