Récupération 2000 traînait une dette de 7,2 millions de dollars, dont 6 M$ à la Banque Nationale.

C’est la fin pour Récupération 2000

La compagnie Récupération 2000 cessera définitivement ses activités vendredi. Aucune entreprise ne s’est manifestée pour reprendre le centre de tri en faillite et ses nombreux contrats municipaux de collecte et de traitement des matières recyclables.

C’est donc la fin pour l’entreprise qui cumulait une dette de 7,2 millions de dollars. Elle aurait essuyé des pertes de 80 000 $ par mois depuis l’automne, alors que les acheteurs chinois de papier à recycler ont cessé de l’importer du Québec en raison de sa mauvaise qualité. Une quarantaine de personnes perdent leur emploi.

Le syndic de faillite Price Waterhouse a reçu peu de soumissions pour les actifs de Récupération 2000. Des cinq lots mis aux enchères, trois ont été achetés par une firme spécialisée dans les encans. Elle a acquis les équipements de tri de l’entreprise, ses équipements roulants et un parc de 330 conteneurs. Les municipalités de Bedford et de Cowansville ont vu leur offre pour ces conteneurs refusée. Les deux administrations cherchaient à les acheter puisqu’ils desservent les édifices à logements et des commerces sur leur territoire.

Peu d’investisseurs se sont intéressés à l’enchère. À preuve, aucune soumission n’a été déposée pour le terrain de Récupération 2000 sur la rue Dryden à Cowansville et ses bâtiments. Aucune compagnie n’a fait de proposition pour tous les contrats de transport de déchets et de matières recyclables et de valorisation de celles-ci.

Les municipalités de la MRC Brome-Missisquoi ont vu venir le coup. Toutes celles sous contrat avec Récupération 2000 ont pu trouver une alternative afin d’assurer les services à leurs citoyens, a expliqué Robert Desmarais, directeur général de la MRC. « Il fallait rassurer la population que les matières vont continuer à être revalorisées », a-t-il indiqué.

La compagnie Sani-Éco assurera le transport et la valorisation des matières recyclables pour 11 municipalités sous contrat avec Récupération 2000. Bedford, Brome, Cowansville et Pike River confieront par ailleurs le transport et la disposition des poubelles de leurs résidants à la compagnie Nopac. Tous ces contrats sont valides jusqu’à la fin de l’année.

Bedford et Cowansville toujours intéressées
Le maire de Bedford, Yves Lévesque, a hâte de connaître l’identité de l’entreprise qui a acheté les conteneurs de Récupération 2000. « On veut leur parler. On demeure acheteur des conteneurs. On en a besoin », a-t-il dit en entrevue lundi. Il voit mal le nouveau propriétaire passer prendre tous ces conteneurs. « C’est une firme d’encanteur. Ils veulent vendre », rappelle-t-il.

M. Lévesque n’a pas voulu dévoiler le montant offert par sa ville et Cowansville pour acheter le parc de conteneurs. « On a demandé que ça demeure confidentiel parce qu’on savait qu’on allait peut-être devoir négocier pour les acheter. J’espère qu’on va pouvoir régler ça cette semaine », a-t-il ajouté.

Les services aux six écocentres de la MRC continueront d’être offerts malgré la faillite de Récupération 2000, a dit M. Desmarais. Des ententes ont été conclues avec Sani-Éco pour s’occuper des matières recyclables déposées dans les écocentres, avec Bourque Métal pour se charger du métal et avec la Régie intermunicipale de gestion des matières résiduelles de Brome-Missisquoi pour les résidus de construction et les agrégats.

« On continue à donner les mêmes services aux citoyens. Tout ce qu’ils apportent aux écocentres sera revalorisé », assure M. Desmarais.