Faute de voir son financement renouvelé, le CAB de Granby a mis fin vendredi à son service de Carrefour d’information pour aînés, a annoncé la directrice générale Nathalie Roberge.
Faute de voir son financement renouvelé, le CAB de Granby a mis fin vendredi à son service de Carrefour d’information pour aînés, a annoncé la directrice générale Nathalie Roberge.

C’est la fin du Carrefour d’information pour aînés

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Faute de voir son financement renouvelé, le Centre d’action bénévole (CAB) de Granby a mis fin vendredi à son service de Carrefour d’information pour aînés après environ huit ans d’activités.

La nouvelle a été communiquée aux médias lundi soir. « Le non-renouvellement de la subvention du Secrétariat aux aînés nous force à cesser d’aider, de guider et d’accompagner les aînés dans leurs démarches gouvernementales », indique-t-on.

Le Carrefour d’information pour aînés (CIA) visait à soutenir les personnes âgées dans leurs démarches administratives, notamment pour remplir des formulaires ou pour comprendre le déroulement de certaines procédures.

« Ça avait été lancé sous le précédent gouvernement libéral, avec l’intention d’en offrir partout au Québec, rappelle la directrice générale du CAB, Nathalie Roberge. On a commencé avec les démarches pour le gouvernement, mais le service s’est élargi avec le temps pour couvrir d’autres situations de la vie. Par exemple, une dame qui doit gérer la succession après le décès de son conjoint et qui ne sait pas par où commencer, ou bien un aîné qui a des problèmes avec un logement : on était capable d’intervenir et de les aider. »

Depuis quelques années, le CIA bénéficiait d’environ 50 000 $ par année de la part du Secrétariat pour les aînés pour l’emploi d’une ressource à temps plein et pour financer ses activités. La fin de ce financement « change la donne », concède la directrice générale.

Par ailleurs, les deux bénévoles qui œuvraient également au service ne sont plus disponibles pour offrir de leur temps. Les remplacer aurait été ardu, puisqu’il s’agissait « d’une tâche qui demandait beaucoup de connaissances au niveau administratif », affirme Mme Roberge.

De plus, « il est absolument impossible pour le personnel encore en place d’assurer le service, la charge de travail étant déjà trop lourde ». La cessation des activités du CIA était donc inévitable. « Ça nous fait bien de la peine d’en être arrivés là, mais nous n’avions pas d’autre choix », relève la directrice.

« C’est dommage que le Secrétariat ait choisi de ne plus nous aider. Il nous a financés quelques années, mais il nous dit que maintenant, on devrait pouvoir s’autofinancer. On offre un service à des personnes vulnérables qui n’ont pas les moyens d’obtenir de l’aide autrement. Je vois mal comment on pourrait autofinancer le Carrefour », renchérit la gestionnaire.

Le volet de soutien technologique du service continuera pour sa part d’être offert aux aînés qui souhaitent apprendre à utiliser divers appareils électroniques tels qu’une tablette ou un téléphone intelligent. « Ça fonctionne bien grâce aux bénévoles, alors on le conserve celui-là », indique Mme Roberge.

Comme la ligne téléphonique du CIA n’est plus en service, les aînés qui souhaitent s’inscrire à un atelier pourront communiquer directement avec Patrick St-Denis à compter du 9 mars au 450 372-1338.

La présidente de l’AQDR Granby, Pauline Robert, déplore la fin d’un service fort prisé de ses membres et des aînés de la région.

« Celle-là, on ne la comprend pas »

La présidente de la section granbyenne de l’Association québécoise de défense des droits des personnes retraitées et préretraitées (AQDR), Pauline Robert, déplore la fin d’un service qui était fort prisé de ses membres et des aînés de la région. « On comprend de couper le financement à un service qui génère peu d’intérêt, mais ce n’est pas le cas ici. Celle-là, on ne la comprend pas », lâche-t-elle en entrevue avec La Voix de l’Est.

Avec l’âge, la fatigue et l’anxiété peuvent rendre les aînés moins sûrs d’eux quand vient le temps de remplir de la documentation. « Il y en a qui deviennent très stressés dès qu’ils reçoivent une communication du gouvernement, explique la présidente, qui a appris la décision du CAB lors d’une rencontre de la table de concertation pour les aînés.

« C’est dommage, il y a bien des gens qui ne sont pas capables de gérer seuls toute la paperasse du gouvernement, poursuit-elle. Ils n’ont pas tous reçu une instruction qui leur permet de comprendre la documentation. Même ceux qui sont instruits peuvent se sentir vulnérables et être désorganisés face à tout ca. »

La nouvelle a d’ailleurs inquiété plusieurs utilisateurs du service. « Des gens à qui on l’a annoncé étaient désemparés. Ils ne savent plus vers qui se tourner », a fait savoir Mme Roberge.

Andréanne Larouche est la députée fédérale de Shefford.

EFFET DOMINO DANS LES BUREAUX DE CIRCONSCRIPTION

Le Carrefour d’information aux aînés (CIA) permettait aux citoyens du 3e âge d’obtenir des renseignements et de l’aide pour remplir différents formulaires administratifs gouvernementaux. 

Environ 430 personnes âgées bénéficiaient annuellement du service, qui permettait également de désengorger les bureaux des députés de Granby et de Shefford.

Il n’était d’ailleurs pas rare que les employés des bureaux de circonscription référaient des aînés directement au CIA plutôt que de les prendre en charge. 

« Nous, on n’est pas des intervenants, on référait aussi beaucoup de gens au service, mais là on ne sait plus vers qui les envoyer », souligne Pauline Robert, présidente de l’AQDR Granby.

« Pour toutes questions relevant du gouvernement provincial, ils seront redirigés vers le bureau de [François] Bonnardel et pour tout dossier relevant du gouvernement fédéral, nous les inviterons à communiquer directement avec le bureau de [Andréanne] Larouche », fait savoir le Centre d’action bénévole (CAB) de Granby. 

Une solution qui n’est pas idéale, croit Mme Robert. 

« Ça va amener beaucoup d’affluence, prédit la présidente de l’AQDR Granby. Il y a bien des gens qui les sollicitent déjà pour plein de dossiers. Désormais, ils devront retourner au bureau et attendre qu’on se penche sur leur cas. »

La députée fédérale de Shefford, Andréanne Larouche, s’est dite attristée par la disparition de ce « service essentiel », mais elle rappelle que la décision du Secrétariat aux aînés relève du gouvernement provincial.

Celle qui est également porte-parole du Bloc québécois pour les questions relatives aux aînés est particulièrement interpellée, elle qui, avant d’être élue, oeuvrait à élargir le service dans Brome-Missisquoi et la Haute-Yamaska.

« C’est sûr que c’est un enjeu qui me touche beaucoup », commente l’élue.

Celle-ci doit rencontrer la directrice générale du CAB de Granby ce jeudi. 

Sans rien promettre, elle compte se renseigner sur l’existence de programmes d’aide fédéraux qui pourraient potentiellement pallier ce manque.

Le député de Granby, François Bonnardel, n’était pas disponible cette semaine pour réagir à la nouvelle.