Une foule considérable est venue assister à la cérémonie protocolaire du jour du Souvenir­, lundi, devant le cénotaphe de Granby au parc Victoria.

Cérémonie du jour du Souvenir à Granby : «Un devoir de mémoire»

On pouvait entendre quelques anecdotes et hommages au sein de la foule considérable venue assister à la cérémonie protocolaire du jour du Souvenir, lundi, devant le cénotaphe de Granby au parc Victoria.

« J’ai écrit à mon fils ce matin : “Je m’en vais t’honorer aujourd’hui” », a déclaré la citoyenne Jocelyne Dubois. Son fils, Steve McLean, qui a servi 27 ans au sein des Forces canadiennes, est maintenant retraité. Mme Dubois a ainsi épinglé l’emblématique coquelicot sur son manteau, et s’est rendue au pied du cénotaphe, « très fière ».

Arrivant au son de la cornemuse, une quarantaine d’enfants de l’école Parkview sont venus assister à la commémoration, qui, rappelons-le, n’avait pas eu lieu depuis 2016.

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Daniel Rodrigue, président de la section granbyenne du regroupement des Vétérans UN-NATO Canada, s’est assuré du bon déroulement de la cérémonie cette année, qui marque également le 75e anniversaire du débarquement de Normandie.

Déroulement protocolaire

Présentée par Richard Bergeron, la cérémonie a débuté par le traditionnel Ô Canada.

Un mélange de fierté, de solennité, de nostalgie et de tristesse pouvait se lire sur les visages alors que, têtes baissées, plusieurs anciens combattants, soldats, policiers, élus et citoyens observaient les deux minutes de silence traditionnelles.

Joalie, de l’école Parkview, a ensuite lu l’Acte du Souvenir, en version française. Une version anglaise a suivi, lue par deux autres élèves. « Ils ne vieilliront pas comme nous, qui leur avons survécu. Ils ne connaîtront jamais l’outrage ni le poids des années. Quand viendra l’heure du crépuscule et celle de l’aurore, nous nous souviendrons d’eux », a-t-on pu entendre, devant la foule rassemblée.

Une prière, prononcée par Michel Martin en français et le révérend Brent Robillard en anglais, remerciait Dieu de sa bonté envers tous les sacrifiés.

« On prie pour toutes les familles des soldats qui se sont suicidés, pour que Dieu leur mette un baume sur leur cœur et qu’il puisse les aider dans cet acte qui est parfois incompréhensible. Nous te remettons aussi tous les enfants qui sont ici, pour que tu puisses les garder, les bénir, les faire grandir dans la paix. Nous te prions aussi pour tous ceux qui sont déployés en ce moment même à travers le monde pour maintenir la paix et renforcer la sécurité », a clamé Michel Martin.

Puis, le déploiement des couronnes a débuté. L’école Parkview a eu l’honneur d’aller porter la première au pied du cénotaphe. Ont suivi, entre autres, la députée fédérale Andréanne Larouche, le député de Granby et ministre des Transports du Québec François Bonnardel, Robert Riel de la Ville de Granby, le club Kiwanis, les Chevaliers de Colomb et les directeurs du Service de police de Granby, du Service des incendies de Granby et des ambulances Dessercom.

Stress post-traumatique

La nouvelle députée de Shefford, Andréanne Larouche, a tenu à souligner à quel point le travail des soldats est difficile, et comment ils peuvent souffrir du stress post-traumatique.

« On se rend compte que ces gens-là ont vécu des choses difficiles, pour ceux qui sont encore là aujourd’hui, pour les survivants et leurs familles, c’est important de se rappeler de ça aujourd’hui », a-t-elle déclaré.

Selon l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, environ 830 000 Canadiennes et 370 000 Canadiens souffriraient actuellement de ce problème.

« De 30 % à 80 % des personnes atteintes d’un trouble de stress post-traumatique présenteront un épisode dépressif majeur », peut-on lire sur le site.

Plusieurs troubles psychologiques peuvent découler d’un événement traumatique, comme être confronté à la mort, à la violence, avoir vécu un épisode effrayant ou terrible. S’ensuivent parfois de l’anxiété, de la difficulté à dormir, ou encore l’abus de drogues et d’alcool.

« C’est important d’honorer la mémoire de ceux qui ont servi, qui ont protégé notre démocratie et liberté, a souligné pour sa part François Bonnardel, qui a passé un an au Collège militaire de St-Jean. Je suis content de voir que les enfants sont là aussi. C’est un beau devoir de mémoire pour tous ceux qui ont laissé leur vie ou qui sont revenus blessés. »

La bénédiction protocolaire a conclu la cérémonie du jour du Souvenir à Granby, une journée importante pour se remémorer « les sacrifices que tous les chums ont fait », a indiqué un ancien vétéran, maintenant retraité, Frédéric Parent.

« C’est important de se souvenir, pour tous ceux qu’on ne connaît pas, et pour tous les sacrifices qu’on a faits, individuellement. »