Les citoyens de Bromont se sont déplacés en masse pour entendre les explications du promoteur et s’exprimer sur le projet.

Cercle des Cantons: l’incertitude demeure

Malgré les modifications apportées au projet des phases restantes du Cercle des Cantons et les efforts du promoteur pour s’adapter à l’environnement, l’incertitude des citoyens était palpable lundi soir à Bromont.

Le comité des habitants de la première phase du Cercle des Cantons avait insisté pour que cette rencontre publique ait lieu. Ils n’ont d’ailleurs pas hésité à exprimer leurs inquiétudes et leurs griefs à l’égard du nouveau plan proposé par le Groupe Lobato. 

Le directeur de l’urbanisme de la Ville, Marc Béland, a tenu à expliquer à la salle comble les normes qui encadrent le projet. S’en est suivie la présentation du plan pour la phase 5 du projet par l’architecte qui l’a conçu, Simon Péloquin de la firme BC2. Plusieurs dizaines de citoyens se sont relayés au micro pour questionner les intervenants. 

Après avoir été modifié à quatre reprises à la demande de la municipalité, le dernier plan de développement de la phase 5 du Cercle — qui était prévue à l’origine pour être la 9e et dernière phase — propose notamment la suppression et la relocalisation de certains bâtiments, l’utilisation de machinerie plus légère afin de protéger les arbres et une diminution de l’espace à déboiser. 

Données divergentes

« Comment la Ville peut-elle nous garantir qu’elle va faire respecter ses conditions ? » ont questionné plusieurs résidents des phases existantes du projet immobilier. 

La divergence entre les données de l’architecte, du promoteur et du comité de suivi n’ont pas contribué à rassurer la population.

Plusieurs citoyens ont remis en doute l’évaluation qui est faite du déboisement, la Ville de Bromont et le promoteur ne semblant pas s’entendre sur son ampleur. Les phases 3-4 semblent particulièrement problématiques, car celles-ci « ressemblent à une carrière de pierre », selon les mots du président du conseil d’administration de la première phase du Cercle des Cantons, Jean Crépeau. 

Ce dernier estime que le déboisement sur l’ensemble des 9 phases concerne plus de 50 % des arbres présents, contrairement à ce qu’avance la Ville de Bromont. 

Questionné mardi par La Voix de l’Est, le maire Louis Villeneuve avoue que « ce n’est pas impossible qu’une erreur se soit glissée » et qu’il allait demander aux fonctionnaires de revoir certains calculs. 

L’architecte du projet, Simon Péloquin de la firme BC2, parle quant à lui de 46 % du boisé qui devrait être sauvegardé. Son patron se lève pour préciser qu’avec l’intégration d’un petit ruisseau et des normes environnementales qui l’encadrent, 54 % des arbres resteront intouchés. 

30 % à préserver

Selon le contrat signé en 2006 entre le promoteur initial et la Ville de Bromont — qui doit être honoré par le promoteur actuel —, seulement 30 % de la forêt doit être préservé pour l’ensemble des phases. Le contrat stipulait toutefois qu’il doit faire des efforts pour atteindre 50 % de préservation.

« J’étais pas là en 2006, mais ça heurte mes valeurs de Bromontois d’entendre ça », a lancé le maire de Bromont, Louis Villeneuve. « Maintenant, notre responsabilité est de nous assurer que les engagements que M. Lobato va prendre vont être respectés », a-t-il souligné en regardant droit dans les yeux le promoteur du projet, José Lobato. 

« Si le promoteur avait gardé le même plan identique que celui de 2006, on n’aurait pas vraiment eu de recours, a précisé M. Villeneuve en entrevue téléphonique. Là, c’est un nouveau protocole d’entente qu’on négocie parce que le projet est modifié, c’est sûr qu’on va exiger de préserver plus de 30 % des arbres. »

« Après la séance, on s’est assis dans le bureau avec M. Sévigny [directeur général de la Ville] et M. Béland [directeur de l’urbanisme] et on s’est demandé ce qu’on pourrait faire de plus pour s’assurer que les choses se fassent comme il faut. [...] Ça pourrait passer par l’embauche d’un ingénieur forestier qui s’occuperait uniquement des boisements », explique le maire. 

Vendre le projet

« La meilleure façon de vendre le projet, c’est d’offrir une diversité aux gens, a justifié quant à lui M. Lobato. Avec la construction des autres phases, ça va donner plus de valeur aux condos en béton déjà construits. C’est pas impossible qu’on améliore ce qui a déjà été fait aux phases précédentes. »

À l’issue de la séance publique, le président du conseil d’administration de la phase 1 du Cercle des Cantons, Jean Crépeau s’est dit satisfait de la tournure qu’a prise la rencontre. « Les citoyens ont bien participé, maintenant on attend de voir ce que va faire la municipalité », a-t-il conclu. 

Le maire Villeneuve avoue qu’il serait « surpris » de voir le dossier à la prochaine séance du conseil municipal puisque les négociations pour le protocole d’entente ne sont pas terminées. Le projet devra donc probablement attendre jusqu’au 4 juin avant d’être entériné par les élus.