Si tout se déroule comme prévu, le directeur de l’urbanisme de Bromont, Marc Béland, estime que l’approbation de la phase 5 du Cercle des Cantons est possible­ dès avril.

Cercle des Cantons: les citoyens auront leur mot à dire

BROMONT — Le projet domiciliaire du Cercle des Cantons franchira une nouvelle étape sous peu. Une rencontre est imminente entre le promoteur, Groupe Lobato, et des propriétaires de phases antérieures. Il sera alors question des modifications apportées au plan d’ensemble, présenté récemment à la Ville. Suivra une consultation publique sur le sujet vers la mi-mars.

Après avoir essuyé plusieurs refus du Comité consultatif d’urbanisme (CCU) de Bromont pour faire cheminer son projet, José Lobato est d’avis que les astres semblent alignés pour lancer la cinquième phase du Cercle des Cantons ce printemps. « Ce n’est pas un dossier facile, a concédé l’homme d’affaires en entrevue. [...] Mais on croit que cette fois, ce sera la bonne. »

Rappelons que les élus ont rejeté, lors de la séance du conseil du 5 juin dernier, la demande de modification du projet déposé par le promoteur. « Selon un des critères du PIIA [Plans d’implantation et d’intégration architecturale, NDLR], les bâtiments devraient être implantés en respectant les constructions voisines tout en favorisant un dégagement à son pourtour pour le maintien du couvert boisé. [...] L’implantation devrait être réfléchie en fonction de la protection des paysages, du maintien de la topographie naturelle et de la qualité de l’environnement [conservation du couvert boisé, NDLR]. »

La levée de boucliers de nombreux résidants du Cercle des Cantons avait également pesé dans la balance, forçant Groupe Lobato à retourner à la table à dessin.

Ouverture
Une rencontre doit d’ailleurs avoir lieu au cours des prochains jours entre le promoteur et des résidants du Cercle des Cantons. Le directeur de l’urbanisme sera alors présent, a-t-il confirmé. Le maire et les conseillers municipaux seront également invités.

Suzanne Perreault, membre du comité de surveillance du projet, compte participer à la séance. Elle croit que certains points de la dernière ébauche du promoteur posent problème. « M. Lobato veut faire de l’étalement. Il modifie le paysage en ajoutant des voies rectilignes et des surfaces perméables. On ne peut pas accepter ça. On est en montagne. On doit réduire les facteurs de ruissellement des pluies vers les quartiers plus bas. »

Projet modifié
La plus récente mouture a été présentée il y a quelques semaines au CCU, qui s’est prononcé en faveur du projet modifié. « Le plan projet des phases 5 (secteur des résidences multifamiliales de 4 logements) et les phases subséquentes est acceptable dans son ensemble et [il] préserve davantage de boisé le long de la voie d’accès principale du projet. [...] [Le CCU recommande] au conseil d’aviser le requérant qu’il est en principe d’accord avec la version 04 du plan projet d’implantation et de déboisement daté du 5 décembre 2017 préparés [sic] par BC2 mais que des documents supplémentaires sont nécessaires afin de bien comprendre l’aménagement et la construction de chaque phase », peut-on lire dans le procès-verbal de janvier du CCU concernant l’approbation de plans (PIIA).

déboisement et étalement
Le déboisement massif était l’un des principaux points qui achoppaient dans les propositions de Groupe Lobato. Selon le promoteur, son équipe a corrigé le tir. « On a fait des entrées en grappes qui diminuent les percées dans le boisé. On a même abandonné quelques bâtiments parce que ça dépassait la densité que les gens [CCU, Ville et résidants] voulaient, a mentionné M. Lobato. [...] Du chemin principal, il y a des immeubles que l’on ne verra même pas. C’est une grosse amélioration. »

Le directeur de l’urbanisme de Bromont, Marc Béland, a corroboré que le promoteur a particulièrement amélioré cet aspect de l’épineux dossier. « Si on parle de déboisement, je pense que le projet de M. Lobato respecte davantage le style [initial] du Cercle des Cantons, a-t-il indiqué. C’est-à-dire que l’on garde beaucoup de boisés le long des voies d’accès et on fait des pochettes de développement à travers ça. »

De plus, les « maisons de ville » qui figuraient auparavant dans le projet ont été retirées. L’étalement des bâtiments sur le vaste site adjacent au chemin de Gaspé a également été soulevé par des copropriétaires membres du comité de surveillance du projet. À ce chapitre, M. Lobato croit avoir le meilleur équilibre possible. « C’est beau densifier, mais on n’est pas à Montréal. On est dans une place de villégiature », a-t-il fait valoir.

Mme Perreault veut « laisser la chance au coureur ». « Je pense qu’on peut négocier avec le promoteur pour arriver avec une solution gagnante pour la Ville et lui, a-t-elle dit. On ne veut pas bloquer le projet. On veut simplement que ça se fasse dans le respect du site. »