Les conférenciers Caroline Tessier et Michaël Langlois ont traité d’aspects bien concrets du projet de réaménagement du centre-ville de Granby.

Centre-ville de Granby: un chantier, des questions

C’est la tête pleine de questions, et parfois aussi de craintes, qu’une soixantaine de commerçants de la rue Principale à Granby ont participé mercredi soir à une rencontre portant sur le vaste projet de réaménagement du centre-ville.

«C’est un projet qui va se concrétiser. Nous sommes néanmoins conscients, qu’avec des travaux d’une telle envergure, il y aura des contretemps indésirables et qu’il faudra mettre des mesures en place pour atténuer d’éventuelles difficultés que des commerçants pourraient vivre. Nous sommes ici pour répondre à leur questionnement, leurs appréhensions. Nous sommes ici pour discuter avec eux, les informer, les consulter, mais surtout pour les écouter», a affirmé en début de soirée le maire suppléant, Jocelyn Dupuis.

D’entrée de jeu, il a été précisé que le chantier se déroulera en trois phases, toujours entre les mois d’août et de novembre. La première phase est prévue entre les rues St-Hubert et Gill en 2020. Le chantier se déplacera ensuite entre les rues Gill et Dufferin en 2021 et entre Dufferin et Mountain en 2022.

Les travaux visent d’abord à remplacer les infrastructures souterraines, en place depuis 1932. Mais l’occasion est saisie pour réaménager le centre-ville. Le coût des travaux est estimé à 20 millions $, mais des subventions permettant d’assumer 50% de certains coûts seront au rendez-vous, a précisé le directeur général de la Ville, Michel Pinault.

Selon lui, la mesure des travaux envisagés devrait pouvoir être prise au début de l’année 2019, alors que le plan d’aménagement urbain, actuellement en préparation, sera présenté à la population.

Stratégie

«J’ai déjà vécu ça en 1982 sur la rue St-Antoine. Ce n’est pas facile. Il faut vraiment être très bien préparé», a lancé le propriétaire des Fours du Roy, Marcel Hervieux.

Se préparer, c’est justement ce que les commerçants ont été invités à faire mercredi soir. La directrice générale de l’Association de la SDC de Montréal et ex-directrice générale de la SDC de la rue Saint-Denis, Caroline Tessier, a partagé l’expérience vécue par les commerçants de la rue Saint-Denis il y a quelques années dans le cadre d’un chantier similaire. «C’est une belle occasion de se renouveler, un chantier», a-t-elle affirmé.

Le propriétaire de la boutique Jules Demers, Michaël Langlois, a pour sa part parlé du plan qu’il a déjà commencé à peaufiner pour affronter cette période. Développer le commerce en ligne, organiser des événements à la boutique durant les travaux, se faire voir davantage notamment par le biais des médias sociaux et avoir un point de vente satellite sont sur sa liste. Il a d’ailleurs invité ses homologues à se concerter pour qu’une synergie soit créée.

Le directeur général de la Ville, Michel Pinault a affirmé qu’un agent de liaison sera embauché un an avant le début des travaux et pour la durée du projet afin de s’assurer que le canal de communication soit efficace entre les différents intervenants.

La Chambre de commerce Haute-Yamaska ainsi que Commerce Tourisme Granby et région (CTGR) seront aussi présents pour les commerçants. Des formations leur seront entre autres offertes, à la lumière des préoccupations qui devaient être partagées mercredi soir, a affirmé le DG de CTGR, Sylvain Gervais.

Ateliers

Les participants de la soirée, animée par Cédric Bourgeois de la firme Transfert Environnement et Société, ont également pu partager en petits groupes leurs préoccupations et leurs idées dans le cadre de trois ateliers portant sur les mesures d’atténuation, les activités et mesures pour attirer les clients ainsi que les communications durant les travaux.

Sur ce dernier point, il sera très important de laisser savoir que les commerces sont ouverts et d’avoir un affichage clair, ont évoqué certains. L’occasion sera aussi propice, croient d’autres, pour bonifier les activités du secteur pour attirer la clientèle. Pourrait-il y avoir une maison hantée au centre-ville? Une vente avant travaux avec la fête des mascottes?

Une commerçante, elle, a profité de la rencontre pour soulever un aspect très pointu. La rue Phoenix pourrait-elle perdre son statut de sens unique durant les travaux pour faciliter la circulation?

Des marchands appréhendent aussi tout ce qui entoure la question du stationnement. Celui-ci est déjà très problématique, en bonne partie à cause des étudiants du Cégep de Granby, disent-ils. Une aide financière sera-t-elle aussi prévue pour les commerces touchés par les travaux, se demandent plusieurs.

Bref, le défi s’annonce de taille. Mais il a déjà été annoncé que d’autres rencontres d’informations seront organisées avec les gens du secteur et les commerçants. Au final, «ça va être un des plus beaux centres-villes au Québec», assure le DG de la Ville.