Dix ans après avoir mis une croix sur la friture, les choix santé ont dorénavant la cote au restaurant du Centre sportif Léonard-Grondin.

Centre sportif Léonard-Grondin: un wrap plutôt qu’une poutine

La friture est disparue du Centre sportif Léonard-Grondin il y a dix ans. Mais les frites sont toujours au menu. Cuites au four, elles sont toutefois loin d’avoir la faveur populaire. Les choix santé ont dorénavant la cote, assure le responsable de la concession alimentaire, Christian Roy.

Dix ans après le virage santé imposé par la Ville de Granby, les sandwichs de type wrap ont détrôné les hot-dogs, frites et poutines au sommet des ventes du restaurant.

« Maintenant, les produits qui dominent sont santé. Le wrap est de loin le produit le plus vendu. Les crudités, les fromages et les raisins sont des produits que les gens veulent. Ils font très, très attention à ce qu’ils mangent. On leur a donné une offre comme ça », affirme M. Roy.

Celui-ci estime par ailleurs que le menu du Centre sportif Léonard-Grondin se démarque de celui d’autres arénas par son offre santé diversifiée. Mais il trouve toutefois important d’offrir « des choix » aux clients. C’est pourquoi il a fait des démarches lorsqu’il est devenu responsable de la concession alimentaire il y a quelques années pour trouver une façon de ramener les frites au centre sportif. Celles-ci étaient disparues du menu en 2010, en même temps que les friteuses.

« C’est presque culturel, une poutine dans un aréna. C’était très demandé. On est arrivé avec une alternative sans friture. On a fait beaucoup de tests. Mais ça n’équivaudra jamais au goût d’une poutine avec des frites frites dans l’huile. Mais ceux qui tiennent à en manger ont ce choix-là », dit Christian Roy.

Les frites cuites au four peuvent être meilleures pour la santé que celles qui sont plongées dans l’huile bouillante, opine la diététiste-nutritionniste, Karine Mousseau. Mais tout dépend néanmoins d’un paquet de facteurs, dont la qualité de l’huile utilisée pour leur cuisson au four, du temps de cuisson et l’ajout de sel. « À prime abord, c’est mieux. Mais est-ce que c’est l’idéal, non », estime celle qui œuvre à Bromont et à Granby.

Mauvais « score »

Preuve que poutine et centre sportif font bon ménage, les multiples versions du plat où se mêlent frites, fromage en grains et sauce brune sont recensées et commentées sur la page Facebook « Aréna poutine ».

Qualifiée entre autres de « très controversée tite-brune », celle de Granby ne s’attire pas que des éloges. Si certains sont conciliants à son endroit, elle est jugée « pas mangeable » par d’autres.

« Notre poutine ne score pas, reconnaît en riant Christian Roy. Il ne faut pas le prendre personnel... La cuisson par friture permet aux frites de rester croustillantes dans la sauce. On n’a pas ce comparable-là quand il n’y a pas de friture. »

Le directeur du service de la coordination du service du loisir, des arts, de la culture et de la vie communautaire à la Ville de Granby, Patrice Faucher, fait valoir que les frites cuites au four permettent de répondre à une « certaine demande », tout en étant davantage « alignées sur des choix santé en ayant enlevé la friture ».

Habitude

Chose certaine, les mentalités ont évolué au cours de la dernière décennie, estime M. Roy. Selon lui, il devient moins pertinent aujourd’hui pour les villes d’agir contre la malbouffe.

« La pression vient déjà des consommateurs. Ils savent ce qu’ils veulent. Et, affaires obligent, on leur offre. Si on met des contenants de crudités, ils partent comme des petits pains chauds. C’est fou ! », lance Christian Roy.

« C’est un dossier qui avance à petits pas. Il y a toutes sortes d’enjeux sociétaux au niveau de la saine alimentation. Mais les changements viennent d’eux-mêmes. (...) C’est établi maintenant qu’il n’y a pas de friture dans les événements familiaux ou d’adultes. Au départ, ça a généré des réactions. Mais maintenant les gens se disent qu’il y a d’autres tantôts pour en manger ou qu’il y a d’autres produits à consommer », dit Patrice Faucher.

C’est dans le cadre des travaux de rénovation et d’agrandissement du centre sportif en 2010 que la friture a été exclue du nouveau menu du service de restauration. La Ville de Granby a, par la suite, adopté une politique alimentaire en 2013. Elle était alors la première en Montérégie à le faire.