La construction du centre aquatique n'aura pas d'impact sur le compte de taxes des citoyens, a affirmé le maire Pascal Bonin, lundi, lors d'une séance du conseil municipal.

Centre aquatique: pas d'impact sur le compte de taxes

La construction du centre aquatique sur une portion du parc Dubuc à Granby n'aura pas d'impact sur le compte de taxes des citoyens, a annoncé lundi le maire, Pascal Bonin, lors d'une séance ordinaire du conseil municipal.
« Grâce à la gestion financière rigoureuse et aux efforts qu'on a faits dans les dernières années, je vous annonce qu'il n'y aura aucune ligne supplémentaire ajoutée sur le compte de taxes et, donc, aucun impact sur le compte de taxes par rapport à la construction du centre aquatique. Le conseil va emprunter 8 millions $ qu'il va mettre sur le fonds général de la Ville », a affirmé Pascal Bonin. 
« Théoriquement, cela amènerait la dette à 82 238 000 $, ce qui est encore en deçà de ce qu'elle était quand le nouveau conseil est entré en fonction », a-t-il ajouté. À la fin de 2016, la dette était de 74,1 millions $. 
Le maire a présenté les détails financiers de ce projet majeur, alors qu'un avis de motion a été déposé lundi soir pour décréter une dépense de 31,6 millions $ ; dépense qui inclut un emprunt de 28,6 millions $. Un registre sera tenu sur cet emprunt les 31 mai et 1er juin, de 9 h à 19 h, à l'hôtel de ville. 
Vendredi, les gouvernements fédéral et provincial ont confirmé leur participation à ce projet, avec l'octroi d'une subvention totalisant près de 20,5 millions $.
Détails
Selon les nouvelles prévisions budgétaires présentées par Pascal Bonin, les coûts du centre aquatique sont dorénavant évalués à 36,2 millions $, incluant les taxes, alors que l'an dernier, la facture était plutôt de 34 millions $. Une différence qui s'explique notamment, selon le maire, par l'ajout d'équipements. 
Sur le montant total, Granby prévoit toutefois recevoir 4,6 millions $ en retour de taxes, ce qui justifie la dépense de 31,6 millions $ annoncée. Détail important : même si une subvention de 20,5 millions $ est accordée, la Ville doit emprunter la part des gouvernements, a précisé Pascal Bonin. 
Le conseil municipal a par ailleurs annoncé qu'il puisera dans son surplus pour payer 3 millions $ comptant et réduire sa part d'autant. Il restera ainsi à la Ville un emprunt de 8,1 millions $ à assumer. Ce qui correspondrait à la somme de 23 $ par année, par compte de taxes, durant 20 ans. 
À l'origine, lorsque le projet a été présenté aux citoyens en 2016, la somme de 30 $ par année avait plutôt été évoquée. Pascal Bonin affirme que ces chiffres n'ont été relevés lundi soir que pour donner une idée de l'impact que le projet aurait pu avoir sur le compte de taxes. « Là, on évite le 30 $ et le 23 $. (...) Ça ne coûte rien aux citoyens », dit-il. 
« Dans les rêves les plus fous, je n'aurais jamais pensé être capable de faire ça », reprend-il.
Depuis son entrée en fonction, la nouvelle administration a en outre réalisé pour 123 millions $ de travaux, « payés comptant », calcule le maire. « Ceux qui s'amusent à dire qu'on ne sait pas gérer, je pense que vous pouvez écrire des éditoriaux du contraire », laisse-t-il tomber.
« L'élection a lieu en ce moment »
Le projet de centre aquatique pourrait bien devenir un enjeu électoral à Granby, alors que des élections municipales sont prévues en novembre. 
« Si Yves Bélanger (candidat confirmé) veut la mairie, il doit bloquer le registre. L'élection a lieu en ce moment, en réalité. La piscine, c'est le projet sur lequel je travaille depuis quatre ans. C'est le projet d'une capitale régionale et de tout un conseil municipal. On n'a jamais été aussi prêts financièrement. M. Bélanger devra amener la grogne, mais ça ne sera pas facile quand ça ne nous coûte rien », a affirmé aux médias le maire Pascal Bonin au terme de la séance du conseil municipal. 
« Ça serait ridicule de refuser 20,5 millions $ (de subvention). Je trouve que les opposants n'ont rien dans les mains », estime Pascal Bonin, qui brigue un nouveau mandat. 
S'il n'y a pas une mobilisation massive contre le projet à l'étape du registre, prévu les 31 mai et 1er juin, la première pelletée de terre du centre aquatique pourrait être donnée en septembre. La durée des travaux est de deux ans. Il faudrait plus de 1265 signatures pour obliger les élus à réviser leurs plans. 
Yves Bélanger a déjà critiqué la facture de ce projet, la jugeant trop élevée. Pascal Bonin croit toutefois que les calculs de son adversaire sont erronés. « Il a proposé une piscine à 15 millions $. Et il a déjà changé de discours depuis vendredi. Une piscine à 15 millions $, il y en a une qui va se faire à Beloeil, où la population est de 20 000 personnes. Nous, on est 66 000 personnes. Il faudrait multiplier par trois, ce qui nous amènerait à 45 millions $. On est un peu en bas de ça. On a eu plus de subvention que le centre aquatique, ou plutôt la barboteuse, qu'il (M. Bélanger) nous proposait pour nos besoins », dit Pascal Bonin. 
Selon lui, il serait aussi impensable d'un point de vue financier de passer « à la déchiqueteuse » les plans et devis du projet, préparés au coût de 2 millions $, pour accoucher d'un autre scénario.