Bien que confinés à l’abbaye, les frères cisterciens de Rougemont peuvent profiter du beau temps en préparant leur immense verger pour la cueillette automnale, qui constitue une de leurs plus importantes sources de revenus.
Bien que confinés à l’abbaye, les frères cisterciens de Rougemont peuvent profiter du beau temps en préparant leur immense verger pour la cueillette automnale, qui constitue une de leurs plus importantes sources de revenus.

Célébrer Pâques « en famille »

Marie-Ève Martel
Marie-Ève Martel
La Voix de l'Est
Pour la première fois de leur vie, ou presque, de nombreux fidèles devront célébrer Pâques à la maison plutôt qu’en compagnie des leurs. La traditionnelle marche du Pardon, à laquelle prennent part des dizaines de personnes chaque Vendredi saint à Granby, n’aura pas eu lieu. En raison de la pandémie, les célébrations pascales auront lieu « en famille » tant chez les frères bénédictins de l’Abbaye cistercienne de Rougemont que chez les Trinitaires.

Confinement oblige, le service d’hôtellerie, qui permettait à des hommes et des femmes de vivre un séjour spitiruel et dans le silence parmi les membres de la communauté religieuse des frères cisterciens de Rougemont, a été interrompu, a fait savoir le père Guy lors d’un entretien téléphonique.

Les réserves de denrées qui auraient normalement servi à nourrir les visiteurs sont actuellement utilisées par les moines confinés. « L’atmosphère est un peu particulière et on ne sait pas combien de temps ça va durer. Mais on ne manque de rien », précise le religieux.

La maladie ne s’est pas encore invitée à l’abbaye, où une dizaine de moines bénédictins vivent. La prudence est tout de même de mise. « On est à l’abri, mais nous faisons attention puisque certains de nos frères sont très âgés », précise le père Guy.

Les frères peuvent profiter du beau temps en préparant leur immense verger pour la cueillette automnale, qui constitue une de leurs plus importantes sources de revenus. « On ne sait pas de quoi l’automne sera fait, mais on le prépare », ajoute-t-il.

Bien qu’elle se vivra sans visiteurs, la liturgie pascale sera célébrée comme à l’accoutumée par la communauté, qui y vit en permanence. « Il s’agit de la fête chrétienne la plus importante et nous allons la marquer, en comité restreint, de la manière la plus solennelle possible, mais aussi dans la joie, mentionne le père Guy. Les célébrations seront adaptées à la réalité que l’on connaît aujourd’hui. »

Pendant la pandémie, les moines ont choisi de partager certains temps de prière chaque jour, à l’exception du lundi, avec leurs abonnés sur Facebook. Ces cérémonies, précédées de cinq minutes de silence, sont diffusées en direct à 11 h 30 et à 13 h 30 en semaine. L’office de none est diffusé à 14 h 15 les samedis et les dimanches.

La Maison de spiritualité des Trinitaires du Centre Jean-Paul-Régimbald est fermée au public depuis le 13 mars. Seuls les sept religieux qui en occupent une aile et les trois religieuses qui y ont un appartement continuent d’y loger. ­

Une Pâques normale

La Maison de spiritualité des Trinitaires du Centre Jean-Paul-Régimbald est elle aussi fermée au public depuis le 13 mars.

Seuls les sept religieux qui en occupent une aile, et les trois religieuses qui y ont un appartement continuent d’y loger, soutenus par un nombre minimum d’employés pour limiter les risques, fait part le directeur général de l’endroit, Alain Labonté.

Pour les pensionnaires, la célébration de Pâques se déroulera normalement. « La communauté est habituée de vivre l’intériorité, explique M. Labonté. Depuis le début, ils sont pas mal toujours ensemble et ils célèbrent la messe tous les jours, comme une grosse famille. Pâques n’y fera pas exception. »