Les produits du terroir étaient choyés par les participants au Combat des chefs, à la Clé des champs. Sur la photo, Hugo Lefrançois dresse l'assiette.

Célébrer les produits du terroir

« Il faut travailler avec les produits locaux, il faut encourager les producteurs. Il faut y croire. » Le chef François Gagnon en était à sa première participation au Combat des chefs organisé samedi par la Clé des champs à Dunham. Et les produits du terroir étaient une fois de plus mis de l'avant pour l'événement.
M. Gagnon, du Vignoble du Ruissea­u à Dunham, et Hugo Lefrançois, du Bistro Colombine à Ange-Gardien, ont mené le premier combat des chefs de la journée. Ils étaient assistés de deux membres du public pour cuisiner un plat savoureux, dont les arômes enrobaient les convives frigorifiés par la température­ automnale.
Les deux chefs ont cuisiné le porc Nagano. « C'est une viande beaucoup plus tendre que le porc qu'on a l'habitude de manger au Québec. C'est le fun de travailler avec des produits locaux, explique M. Lefrançois­ en entrevue. Dans ma cuisine, j'essaie toujours de travailler avec le plus de produits que je peux trouver localement. »
Christiane a aidé Hugo Lefrançois dans la préparation des aliments, tandis que Luc assistait François Gagnon. Il a même poussé la note durant l'épreuve, une initiative qu'a appréciée M. Gagnon puisqu'elle amenait une belle ambiance. 
« D'habitude, c'est moi qui fais tout et là, de me faire diriger par un chef, j'ai trouvé ça fantastique, a commenté Luc à La Voix de l'Est, une fois le plat terminé. Je fais souvent des 4, 5, 6, 10 services à la maison. Je me sens bien dans la cuisine, ajoute celui qui ne veut généralement pas être aidé. Finalement, j'ai apprécié de travailler à deux et j'ai appris beaucoup, comme l'entraide dans la joie parce que souvent je me mets trop de pression. »
Mathieu Dumont, du restaurant Le Esmond, a remporté le concours. « C'est un exécutant ! Il n'est même pas encore chef, indique Guylaine Dubois, présidente de la Clé des champs. Quand j'ai nommé son nom, il était surpris et il est venu les yeux pleins d'eau. Il était vraiment content. » Sa gentillesse avec les enfants qui assistaient les chefs durant le combat final - il s'agit d'un cadavre exquis culinaire où un premier chef commence un mets qu'un deuxième poursuit - a été particulièrement­ remarquée.
La passion qui se goûte
« Ce que j'aime des produits du terroir, c'est la fierté qui est derrière tout ça, constate le porte-parole de la vingtième édition de la Clé des champs, Éric Gauthier, du 102,7 Rouge FM. On s'entend qu'il y a énormément de passion parce que les artisans travaillent beaucoup, beaucoup d'heures. Et ça se goûte. »
M. Gauthier a eu l'occasion de faire des reportages sur le festival ces dernières années. Épicurien, il est à même de constater les changements dans les habitudes de consommation. « On voit de plus en plus que les gens recherchent le bio. C'est important aussi la notion santé. Maintenant, on fait plus attention, on surveille ce qu'on mange, on surveille ce que l'on met dans les produits, dans ce que l'on fabrique. On essaie vraiment de s'approprier la région. »
« La Clé des champs, c'est la rencontre avec les produits du Québec, c'est l'occasion rêvée de découvrir les produits du terroir à ciel ouvert, souligne Mme Dubois. Le Québec se déplace au même endroit pour venir manger et boire. On est fiers des produits­ du Québec. »
Succès
Malgré la grisaille de samedi, la Clé des champs a été un succès. Les artisans ont affirmé avoir fait de bonnes ventes samedi, souvent plus que par les années passées, parce que les visiteurs prenaient leur temps.
« Les gens ne se promèneraient pas pour le plaisir, ils venaient pour les produits, remarque Mme Dubois. Ils ont profité du fait qu'il y avait moins de monde pour avoir la chance de discuter avec les artisans. »
Dimanche, la rue Principale était bondée, surtout entre 13 h 30 et 14 h 30.
Après huit années à chapeauter l'événement, Mme Dubois se retire, avec tristesse, puisqu'elle déménage avec sa famille, son troupeau et sa savonnerie de lait d'ânesse, Savonnerie Poussière d'étoiles, à Percé. « Je pars la tête haute. On est contents et fiers de ce qu'on a fait. C'était une belle Clé des champs. On s'est donné comme mission 20 ans, 20 000 visiteurs, on peut dire mission accomplie. »