Le port du bracelet amène une ouverture au dialogue chez ceux qui en reconnaissent la signification et démontre l’appui de la communauté granbyenne à la communauté LGBTQ+.

Célébrer la diversité

GRANBY — Le 17 mai souligne chaque année la Journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Pour marquer le coup, des représentants de l’organisme Divers-Gens distribueront tout près de 4000 bracelets multicolores à Granby et dans les environs sur une période de deux semaines, une activité qui a cours dans la région depuis maintenant dix ans.

Pal Green, en charge de la coordination de l’organisme de soutien pour les jeunes membres de la communauté gaie, lesbienne, bisexuelle, transgenre et queer de la Haute-Yamaska, fera la tournée des écoles secondaires et de certains lieux publics de Granby au cours des prochains jours, sur l’heure du midi. La personne-ressource sera entre autres à l’école J.-H.-Leclerc jeudi et à l’école L’Envolée, vendredi.

Le bracelet, constitué de sept perles en bois peint aux couleurs du drapeau arc-en-ciel, emblème de la fierté LGBTQ+, avait été conçu spécifiquement pour l’occasion, en 2008. Divers-Gens souhaitait à l’époque remplacer le macaron qu’il distribuait afin de sensibiliser les jeunes de la Haute-Yamaska à la cause.

En une décennie, pas moins de 30 000 bracelets ont été offerts à tout autant de personnes à Granby.

Ceux qui distribuent les bracelets prennent soin de les attacher au poignet de celui ou celle qui le reçoit, ce qui « permet de prendre le temps de créer un contact avec la personne qui le portera, de faire de la sensibilisation, de l’éducation par rapport à l’homophobie, la transphobie et au soutien aux personnes de la communauté LGBQ+ », indique-t-on dans une publication de l’organisme.

Les perles, pour leur part, se décolorent volontairement avec le temps. « C’est une merveilleuse métaphore pour illustrer qu’il faut toujours relancer la lutte contre l’homophobie et la transphobie qui s’essouffle un peu après l’action du 17 mai », ajoute Divers-Gens.

Dialogue et ouverture
Le port du bracelet amène une ouverture au dialogue chez ceux qui en reconnaissent la signification et démontre l’appui de la communauté granbyenne à la communauté LGBTQ+, indique Pal Green. « Certaines personnes demandent un bracelet pour soutenir un proche ou parce qu’ils se sentent directement concernés par la cause. Mais ça ne veut pas dire que toutes les personnes qui le portent sont gaies, trans ou membres de la communauté, nuance Pal Green. Ça signifie qu’on laisse les autres aimer qui ils veulent, être qui ils sont et qu’on milite pour que tout le monde soit à l’abri de la discrimination et la violence fondées sur le genre et l’orientation sexuelle. »

Granby, et la Haute-Yamaska en général, est une région ouverte à la diversité sexuelle. La communauté est bien acceptée, soutient Pal Green. « Au Québec, on est quand même choyés, ajoute la personne responsable. Je ne dis pas qu’il n’y a pas du tout de violence et de discrimination, je ne dis pas qu’il n’y a plus de travail de sensibilisation à faire, mais le climat est de loin meilleur à ce qu’on peut observer ailleurs, dans d’autres communautés. »

Depuis le tout début, les bracelets sont fabriqués par des élèves du plateau de travail des classes en déficience intellectuelle de l’école secondaire de la Haute-Ville. En plus d’intégrer des notions de mathématiques, de lecture, d’organisation et de classification, ces élèves vivent ainsi une expérience de travail leur permettant de mettre à profit leurs habiletés motrices, souligne Pal Green.