Les responsables de la Ceinture verte, un projet visant le territoire du bassin versant du parc national de la Yamaska et des quatre tourbières de la Haute-Yamaska, ont présenté le bilan annuel, samedi. Sur la photo, Alain Mochon, responsable du Service de la conservation et de l’éducation au parc national de la Yamaska.

Ceinture verte du parc de la Yamaska: plus de 100 propriétaires mobilisés

Le projet de Ceinture verte du parc national de la Yamaska, de la fondation SETHY, avance à bon train. Neuf ans après sa mise en place, plus d’une centaine de propriétaires se sont engagés à collaborer pour protéger la valeur écologique de leur propriété et le nombre de collaborateurs est toujours en augmentation.

Les propriétaires établis dans la zone visée par le projet de ceintures vertes sont de plus en plus mobilisés. Au courant des derniers mois, une quinzaine d’intéressés se sont engagés moralement à collaborer avec la fondation.

Pour souligner les efforts accomplis, la Fondation SETHY et le parc national de la Yamaska ont présenté le bilan du projet, samedi soir.

Selon le directeur général de la Fondation SETHY, François Leduc, plus d’une centaine de propriétaires collaborent avec la fondation dans ce projet.

« Nous avons un biologiste, et bientôt deux, qui rencontre les propriétaires visés. L’idée est de leur donner des outils et de leur permettre de comprendre la valeur environnementale de leur terrain », précise M. Leduc.

Ambitieux

Aux yeux des responsables du parc national de la Yamaska et de la fondation SETHY, le projet de ceinture verte est aussi ambitieux qu’important sur le plan environnemental.

« L’objectif n’est pas de créer un parc à l’extérieur du parc, mais simplement que les terrains en milieux naturels soient protégés par les propriétaires. On travaille en collaboration avec eux », précise François Leduc, directeur général de la fondation SETHY.

Concrètement, c’est le territoire du bassin versant du parc national de la Yamaska et des quatre tourbières de la Haute-Yamaska qui est visé par le projet de Ceinture verte.

« Il y a 95% de ce territoire qui est situé à l’extérieur du parc national, et si on veut avoir un impact sur la qualité de l’eau du réservoir Choinière, il faut compter sur les propriétaires à l’extérieur du parc », explique Alain Mochon, responsable du Service de la conservation et de l’éducation au parc national de la Yamaska.

La fondation a invité samedi soir quelques-uns de ces propriétaires qui ont volontiers accepté de protéger leur coin de verdure.

« Il y a souvent une petite crainte lorsque les gens de SETHY débarquent. On a peur d’avoir fait quelque chose de mal, involontairement. Mais ce sont des gens très dynamiques et ça permet de comprendre la richesse naturelle que l’on possède » , souligne Colleen Cleary.

Mme Cleary représente la septième génération de sa famille établie à Saint-Joachim-de-Shefford, sur le rang... Cleary. « Pour moi, la protection de l’environnement est aussi une façon de protéger notre patrimoine agricole. Beaucoup d’agriculteurs comme moi sont pour la protection de l’environnement, mais nous ne sommes pas les spécialistes », reconnaît-elle.

Colleen Cleary collabore avec le projet depuis l’automne dernier. La fondation SETHY a mis sur pied un projet pilote pour protéger la quarantaine de couples d’hirondelles qui nichent dans les bâtiments de sa propriété. La Joachimienne entend collaborer davantage avec la fondation, notamment en s’assurant que ses installations de ferme ne contribuent pas à la pollution du bassin versant.

L’objectif de protection touche ainsi à la protection des plans d’eau, mais également à celle du couvert forestier. À long terme, les intervenants impliqués espèrent pouvoir maintenir les liens naturels entre les tourbières et le parc national de la Yamaska.

« C’est un travail de longue haleine, les liens existent toujours, mais ils sont fragmentés par endroit. Il va falloir reboiser dans le futur », prévoit François Leduc.

Prochaine étape

Les responsables du programme de Ceinture verte sont conscients qu’il reste du travail à faire auprès des « voisins » du parc national de la Yamaska. Cependant, ils souhaitent déjà se lancer dans la deuxième étape du processus. « Pour assurer la protection à long terme, plusieurs outils légaux présentent certaines garanties de préservation, mais c’est un processus un peu plus long. Il y a par exemple des servitudes de conservation ou le statut de réserve naturelle privée. Il y a déjà des pourparlers avec des propriétaires et il y a des annonces qui seront faites un peu plus tard », laisse tomber François Leduc.