Serge Piché, responsable de la formation «Prospérer ensemble», Bastien Lamontagne, consultant spécialiste aux services aux entreprises du Cégep de Granby, Yvan O’Connor, directeur général du Cégep de Granby et François Bonnardel, ministre responsable de la région de l’Estrie et ministre des Transports.

Cégep de Granby: une formation pour l’inclusion de la diversité en entreprise

Les services aux entreprises du Cégep de Granby ont lancé vendredi sa formation «Prospérer ensemble» qui vise à outiller les entreprises de la région à être plus rentables grâce à l’inclusion en emploi des travailleurs immigrants.

« Notre expertise va faciliter l’intégration des nouveaux arrivants, mais on va être là pour en prendre soin et prendre soin des personnes nées ici afin que tous travaillent ensemble », souligne Bastien Lamontagne, consultant spécialiste aux services aux entreprises du cégep.

« On est parti du constat sur ce qu’on peut faire pour aider à répondre à cet enjeu lié à la rareté de main-d’œuvre et cet aspect concernant l’inclusion de la diversité ethnoculturelle », poursuit-il.

Ainsi, à l’aide de connaissances scientifiques, de standards éthiques et des expériences menées sur le terrain, M. Lamontagne et son équipe offriront dès cet automne un « coffre à outils » aux entreprises « en leur donnant la garantie qu’ils auront des résultats ».

Personnalisée

Serge Piché, responsable de « Prospérer ensemble », indique que les modalités de la formation seront très flexibles.

En effet, elle sera adaptée selon la taille de l’entreprise. Pour les PME, le programme pourra être offert en cohortes formées d’entreprises étant au même niveau et qui ont des besoins similaires. 

« On va partir de leur réalité en identifiant les priorités. On va démarrer avec ce qui fait mal », explique-t-il.

Il estime que la formation peut nécessiter jusqu’à 250 heures étalées sur deux ans. « C’est un travail de longue haleine », concède-t-il.

François Bonnardel, ministre responsable de la région de l’Estrie et ministre des Transports, présent lors de la conférence de presse, a appuyé le projet qui a été mis en branle il y a un an. 

« Quand MM. Piché et Lamontagne sont venus à mon bureau m’expliquer leur désir d’accompagner les entreprises, ça n’a pas été long que je leur aie dit humblement : je vous accompagne. [...] Granby est l’un des six pôles d’importance en immigration au Québec », a-t-il rappelé.

M. Piché remarque qu’actuellement, on ne s’attaque pas au problème en profondeur. Les entreprises font plutôt du « saupoudrage » en profitant d’une courte formation de
10 heures, par exemple. Selon lui, une compagnie sur deux refuse un contrat par manque de main-d’œuvre.

Dans les quatre dernières années, le nombre de postes à combler au Québec est passé de 61 000 à 140 000. En Montérégie, 24 000 sont actuellement vacants.

« Un tout »

Le gouvernement a abaissé le contingent d’immigrants qui seront admis pour la prochaine année, alors que la pénurie de main-d’œuvre frappe pratiquement toutes les régions. À ce sujet, le député de Granby rappelle l’intention du premier ministre François Legault d’avoir moins d’immigrants pour en prendre soin. 

« C’est un défi d’intégration, de francisation et de régionalisation. […] On mesure très bien l’importance de la rareté de main-d’œuvre. L’immigration est l’une des solutions », plaide-t-il.

Selon lui, l’innovation dans les entreprises tout comme le taux d’emploi chez les 60 ans et plus représentent des défis pour contrer la pénurie de main-d’œuvre. « On voit ça dans un tout », dit-il.

« On a beau avoir un bassin de 52 000 immigrants, on en perdait entre 6000 et 10 000 par année à l’immigration. J’aime mieux avoir un taux de succès de 90 % à 42 000 immigrants que d’en perdre 10 000 chaque année », affirme Bonnardel.

Essai-erreur

L’arrivée de cette formation est vue d’un très bon œil par Carole Gatien de Granby Industriel. Elle soutient que les entreprises y vont par « essai-erreur » en ce qui concerne l’intégration des immigrants. Chose que M. Lamontagne a corroborée. « On voit qu’il y a beaucoup de volonté, mais souvent avec des essais-erreurs, ce qu’on pense qui est bon pour les autres ce n’est pas exactement ça. »

 Quant à lui, Frey Guevarra, directeur général de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SERY), a soutenu que l’intégration des immigrants était une responsabilité « partagée ». « On va tous être gagnants », a-t-il lancé.