Luis Fidencio Caicedo est arrivé à Granby en 2014 avec sa mère (absente de la photo) et son fils Alejandro Luis Caicedo.

«Ce n'est pas facile de quitter son pays»

À Granby, ville d'accueil, il ne manque pas d'histoires à succès en matière d'intégration. Dans le cadre de la Journée mondiale des réfugiés, le 20 juin, Luis Fidencio Caicedo a accepté de raconter son histoire à La Voix de l'Est.
« Ce n'est pas facile de quitter son pays. On doit laisser tout ce qu'on a construit, toute notre vie. » M. Caicedo a quitté la Colombie après avoir reçu des menaces. Il s'est d'abord réfugié en Équateur avant de venir au Canada, quatre ans plus tard. 
« Nous vivions dans une région dangereuse qui commençait à avoir des problèmes entre différents groupes, relate-t-il. Nous travaillions dans un petit village, surtout en agriculture. La semaine, je m'occupais des animaux et de la pisciculture. Je conduisais aussi un taxi les fins de semaine. Il y a eu une augmentation du crime lié au pétrole. L'oléoduc passe dans le petit village où nous habitions. Des personnes ont commencé à faire des trous sur le tuyau pour avoir le pétrole. Ça a commencé à contaminer les rivières et les cours d'eau. Nous n'avions pas un aqueduc, nous prenions l'eau directement de la rivière, on commençait à avoir des problèmes avec ça et avec les piscines pour les poissons. »
Il a lui-même reçu des menaces par la suite et il n'a eu d'autres choix que de quitter, avec sa conjointe enceinte, dans une autre région, avant de traverser en Équateur. La mère de son fils est restée en Colombie où elle s'est mariée à un autre homme et a fondé une famille. 
Alejandro a été confié à son père. « Puisqu'il est mon fils, elle avait des problèmes, explique-t-il. Pour Alejandro c'est difficile. On communique avec elle, mais ce n'est pas la même chose. »
En Équateur, il a raconté son histoire et le processus de demande d'asile a été entamé. On lui a signifié plusieurs mois plus tard qu'il ne pourrait pas rester en Équateur et qu'il devait trouver une autre solution. « C'est comme ça qu'est commencé le processus pour venir ici, ajoute-t-il, pendant que son fils s'amuse avec les oiseaux domestiques qui virevoltent dans l'appartement. Le 20 août, ça va faire trois ans que nous sommes ici, ma mère, mon fils et moi. »
Une culture différente
La langue, la culture et le froid ont été des embûches pour la famille, mais le père et le fils ont bien surmonté les épreuves. « Pour moi, ça a été un peu moins difficile de venir ici parce que j'avais déjà l'expérience de quand je suis sorti de la Colombie pour l'Équateur. »
L'enfant est entré à la garderie où il était le seul immigrant, ceci facilitant son apprentissage de la langue. Il est aujourd'hui en première année à l'école de l'Assomption et il parle aussi bien français que n'importe quel  autre enfant. 
Alejandro aura la chance d'être trilingue lorsqu'il aura appris l'anglais à l'école. La famille parle encore l'espagnol à la maison puisque la mère de M. Caicedo ne parle pas encore français.
Celle-ci doit composer avec une dépression qui fait suite à son arrivée au pays et à sa séparation avec le reste de ses enfants. Le médecin lui a recommandé de cesser ses cours, mais elle va de mieux en mieux, assure son fils.
Apprendre sur le marché de l'emploi
Quant à Luis Fidencio Caicedo, il a suivi des cours de francisation avec Solidarité ethnique régionale de Yamaska (SERY), puis a poursuivi ses études au CRIF en Francisation et services d'intégration à l'emploi. 
« Après, j'avais la possibilité de faire un stage, ce que j'ai fait à NRC Industries. Ça fait un an que j'ai commencé à travailler là. J'ai été chanceux, c'est mon premier travail et j'ai trouvé une bonne compagnie. C'est un défi pour moi, je suis le seul immigrant dans la compagnie. »
C'est toutefois le souhait qu'il avait fait puisqu'en étant le seul allophone, son apprentissage du français est plus facile. Il a un emploi dans le département de montage où il assemble des châssis de plates-formes.
« Le Canada est un pays qui donne des opportunités. Ici, les personnes sont très amicales, très sympathiques, les organismes comme SERY s'occupent de nous de façon exceptionnelle, donne beaucoup d'information, des renseignements et de l'accompagnement. C'est plus facile. »