À compter du mois prochain, les détenteurs de cartes de crédit devront rembourser plus rapidement leur solde, à raison de 2% de la somme due mensuellement. Dès août 2020, le plancher augmentera ensuite d’un demi-point de pourcentage chaque année pendant cinq ans.

Cartes de crédit: payant de payer plus vite

Les nouvelles dispositions de la Loi sur la protection du consommateur, qui entreront en vigueur le 1er août prochain, permettront aux détenteurs de cartes de crédit d’économiser davantage à long terme, estime Isabelle Chicoine.

La conseillère budgétaire de l’Association coopérative d’économie familiale (ACEF) Montérégie-Est voit d’un bon œil le rehaussement du solde minimal à rembourser chaque mois. En effet, à compter du mois prochain, les détenteurs de cartes de crédit devront rembourser plus rapidement leur solde, à raison de 2 % de la somme due mensuellement. Dès août 2020, le plancher augmentera ensuite d’un demi-point de pourcentage chaque année pendant cinq ans. À terme, il faudra alors rembourser au minimum 5 % de sa dette tous les mois, a annoncé l’Office de protection du consommateur (OPC), mercredi.

« C’est une bonne chose pour le consommateur, affirme Mme Chicoine. Il va épargner énormément de frais de crédit et sauver du temps. À long terme, ça peut faire une grosse différence. »

En effet, selon des calculs simulés par l’OPC, un solde de 1000 $ sur une carte de crédit à un taux d’intérêt de 19,9 % coûterait 3001,40 $ en frais de crédit au consommateur qui rembourserait 2 % de cette dette, sur une période de près de 26 ans. Si le même consommateur payait 5 % de sa dette chaque mois, soit un peu plus du double, son prêt serait remboursé en six ans et il ne lui en coûterait que 442,87 $ en intérêts. Et, évidemment, si l’on s’acquitte de sa dette en un seul versement, le crédit aura été à coût nul pour le consommateur.

D’ailleurs, l’organisme paragouvernemental a mis son outil de calcul à la disposition de la population afin de comparer le coût réel de leurs emprunts selon le montant versé chaque mois et selon la période nécessaire pour s’acquitter de son dû. 

Les détenteurs de certaines cartes de crédit sont déjà assujettis à de telles modalités de remboursement, qui sont désormais applicables à toutes les cartes. Celles qui seront émises à l’avenir devront être remboursées à raison de 5 % du solde chaque mois, précise Mme Chicoine.

Prendre ses finances en main

La plupart des personnes se présentant aux bureaux de l’ACEF Montérégie-Est sont aux prises avec un problème d’endettement, souligne Isabelle Chicoine.

L’accès au crédit peut contribuer à empirer leur situation si une gestion serrée de la dette n’est pas effectuée. « Tant que les gens ne remboursent que le montant minimum, ils demeurent en situation d’endettement parce qu’ils ne se débarrassent pas de la dette, vulgarise-t-elle. S’ils ne sont pas capables de rembourser plus que ce paiement minimum, ils sont à risque de surendettement, s’ils ne s’y trouvent pas déjà. Et à moins d’une solution miracle ou d’une hausse rapide du revenu, leur situation ne changera pas. » 

Pour limiter les risques d’endettement, l’ACEF recommande de n’avoir en sa possession qu’une seule carte de crédit et de ne l’utiliser que lorsqu’un imprévu survient. « Techniquement, la meilleure manière d’utiliser la carte de crédit est de payer son solde mensuel en entier », illustre la conseillère budgétaire.

En ce sens, les nouvelles dispositions de la loi forceront certains consommateurs à mieux prendre leurs finances en main, croit-elle. « C’est un peu comme les municipalités qui instaurent des programmes de recyclage et de compostage: certaines personnes n’adopteront pas l’habitude d’eux-mêmes, alors on doit mettre en place des mesures obligatoires pour qu’elles se conforment », illustre Mme Chicoine.

Celle-ci rappelle que l’ACEF Montérégie-Est offre des services de consultation budgétaire et des conseils en gestion de finances personnelles. Les intervenants peuvent aussi agir dans des dossiers concernant la protection des droits des consommateurs.