La consommation de drogue sera interdite sur les lieux de travail pour les employés municipaux. Les problèmes de comportement liés à ce type de consommation seront strictement encadrés.

Cannabis: un encadrement strict pour les employés municipaux

Il est minuit moins une avant la légalisation du cannabis au pays et les municipalités doivent prendre position, tant pour la consommation dans les lieux publics, mais aussi pour la tolérance dans leurs propres rangs.

La modification ou la création de politiques internes est encore en cours dans les municipalités consultées par La Voix de l’Est. C’est le cas de Bromont où, croit-on, une politique interne verra le jour d’ici le temps des Fêtes.

La politique prendrait en considération certaines situations en fonction des postes occupés, explique Catherine Page, de la Ville de Bromont. Cette politique inclura également des dispositions pour les policiers de Bromont autant que pour les cols bleus et les cols blancs.

Pour le moment, « on y va avec le bon jugement des gens. Qu’on soit intoxiqué de façon légale ou non légale, par l’alcool ou les médicaments ou par le cannabis qui est encore illégal, à partir du moment où on constate un problème de comportement dû à une intoxication, l’employeur va intervenir, prévient Mme Page. Ça ne changement pas demain matin parce que ça devient légal. »

Bromont profitera de l’ouverture créée par la légalisation du cannabis pour se doter d’une politique interne qui englobera aussi la consommation d’alcool et de médicaments.

La trésorière adjointe de la Ville de Waterloo, Brigitte Deslandes, se penche aussi sur la question. Elle est allée chercher une formation pour gérer la situation et a trouvé des exemples de politiques pour inspirer celle qui sera adoptée par le conseil municipal de Waterloo d’ici les prochains mois. « Notre politique est en train d’être rédigée, souligne le directeur général de la municipalité, Louis Verhoef. On ne peut pas faire n’importe quoi alors c’est pour ça que Mme Deslandes est allée chercher la formation. »

Ce qu’il est possible de savoir, c’est qu’il sera interdit de consommer du cannabis sur les lieux du travail. Quant à ce que les employés font chez eux, la Ville ne peut pas intervenir, mais les employés ne pourront pas travailler s’ils sont sous l’effet du cannabis. Des nuances seront apportées selon les tâches des employés.

Par exemple, les opérateurs de machinerie ont un emploi plus dangereux, et leur attention doit être de tous les instants.

Bedford veut aussi s’assurer que ses employés ne soient pas sous l’effet de la drogue. « On avait déjà une politique [non écrite] relativement sévère quant à la consommation d’alcool sur les lieux de travail. On fait le parallèle pour le cannabis, explique Guy Coulombe, directeur général de Bedford. C’est sûr que, sur les heures de bureau, la consommation est interdite. Et il ne faut pas arriver sur les lieux de travail dans un état où on ne peut pas travailler. On a des opérateurs de machinerie, il est question de leur sécurité et de la sécurité du public. »

Il croit que la politique interne ne fera pas l’objet de protestations. Elle sera soumise dans les prochaines semaines, après consultation auprès du syndicat, au conseil municipal pour son approbation.

Cowansville et Lac-Brome travaillent elles aussi sur une politique interne, mais il n’a pas été possible d’en connaître les orientations pour le moment. La Voix de l’Est n’a pas obtenu de réponse de la part des villes de Sutton, Farnham, Saint-Césaire et Granby, ni de la MRC de Rouville.

Les MRC sont prêtes

Tout comme la MRC de La Haute-Yamaska, la MRC Brome-Missisquoi a modifié son code d’éthique et professionnel. La consommation de drogue n’y est aucunement tolérée, mentionne le directeur général de la MRC, Robert Desmarais. « Tout le personnel est avisé. Ils ne peuvent pas en consommer et ils ne peuvent pas être sous l’effet du cannabis. »

Le code d’éthique a été revu cet été afin d’être prêt pour l’entrée en vigueur de la loi légalisant le cannabis, le 17 octobre.

La MRC de La Haute-Yamaska a également revu son Code d’éthique et de déontologie. La directrice générale adjointe, Judith Desmeules, avait assuré ne pas être inquiète, mais que la prévention était de mise.